Bac 2021 : Claude Obadia, agrégé de philosophie, assure à Michel Blanquer qu'il "faut malheureusement mais impérativement supprimer ces épreuves terminales"
Bac 2021 : Claude Obadia, agrégé de philosophie, assure à Michel Blanquer qu'il "faut malheureusement mais impérativement supprimer ces épreuves terminales"
Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'éducation nationale, a annulé les épreuves de spécialités pour le bac 2021. En revanche, il a maintenu les épreuves de philo et du grand oral pour le baccalauréat. Claude Obedia, professeur agrégé de philosophie, a donc demandé dans une lettre ouverte de supprimer ces épreuves pour les élèves de terminales. A la place, il demande à ce que les lycéens et les lycéennes soient évalué(e)s sur le contrôle continu.

"Supprimer les épreuves terminales" du bac 2021 pour "éviter que les candidats fassent l'objet d'une évaluation injuste"

Les épreuves de philo et du grand oral des terminales, pour le bac 2021, vont-elles être annulées à cause de la pandémie de coronavirus ? C'est ce que demande Claude Obadia, agrégé de philosophie, chargé de cours à l'université Paris-Cergy, professeur à l'ISC Paris et dans le second degré. Dans une tribune publiée dans Le Monde, il s'adresse directement à Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'éducation nationale. Il lui propose de supprimer ces épreuves du baccalauréat et de noter les lycéens et lycéennes sur le contrôle continu.

"Il faut malheureusement mais impérativement supprimer ces épreuves terminales et leur substituer la prise en compte des résultats obtenus tout au long de l'année par les élèves" a ainsi déclaré Claude Obadia, "Tout simplement parce que c'est la seule façon d'éviter que les candidats fassent l'objet d'une évaluation insupportablement injuste".

Pour rappel, le 21 janvier 2021, Jean-Michel Blanquer a annoncé que les épreuves écrites de spécialité étaient annulées pour les élèves dans les classes terminales. A la place de ces épreuves initialement prévues le 15 mars 2021, les lycéens et les lycéennes seront noté(e)s sur le contrôle continu. En revanche, comme l'a souligné Claude Obadia, le ministre a déclaré dans une interview pour Le Monde "que les épreuves terminales de philosophie et du grand oral seront maintenues". "Une décision aussi surprenante que contestable" s'est étonné le professeur.

Depuis novembre 2020, "65 % des lycéens français reçoivent un enseignement partiellement à distance"

Alors que Jean-Michel Blanquer avait confié ne pas vouloir reporter le bac 2021 et ne pas vouloir que le bac 2021 soit à 100% en contrôle continu, Claude Obedia a rappelé dans sa lettre ouverte que "depuis la mi-novembre" 2020, ce qui fait 4 mois maintenant, "65% des lycéens français reçoivent un enseignement partiellement à distance". Car "si certaines équipes pédagogiques ont fait le choix de maintenir l'enseignement présentiel des élèves de terminale, nombre de ces derniers ne suivent que 50% des cours dans l'enceinte de leur lycée".

"Si l'on ajoute à cela que 35% d'entre eux (tous niveaux confondus cette fois) reçoivent, quant à eux, un enseignement présentiel à 100%" a-t-il précisé. A cause de ces différences de cours en présentiel et à distance entre les différents lycées en France, les élèves n'ont donc pas tous pu suivre les mêmes cours de la même façon. Du coup, "force est de reconnaître que nous sommes aujourd'hui dans l'incapacité d'offrir à tous les élèves des lycées les mêmes conditions de scolarisation et de réussite à la session 2021 du baccalauréat".

"Il est rigoureusement inconcevable qu'ils puissent être évalués avec équité"

En effet, "comment, dans ces conditions (...) le ministre de l'éducation peut-il imaginer que les correcteurs des épreuves terminales du baccalauréat pourront évaluer équitablement les candidats" ? Parce qu'en plus, les examinateurs du bac 2021 "ne sauront absolument pas (les copies de philosophie sont anonymées) si ces derniers ont reçu un enseignement entièrement présentiel ou partiellement à distance".

Donc comme l'a affirmé Claude Obedia, "il est rigoureusement inconcevable qu'ils puissent être évalués avec équité dans le cadre des épreuves terminales prévues jusqu'à ce jour par Jean-Michel Blanquer". Selon lui, la seule solution qui serait la plus juste pour tous les élèves, ce serait ainsi la suppression des épreuves de philo et du grand oral des terminales.