Les anti-mariage pour tous ont (encore) battu le pavé ce dimanche 24 mars pour protester contre le projet de loi déjà voté à l'Assemblée nationale. La plupart s'était déplacée en famille pour assister à la manif dominicale. L'utilisation de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre crée la polémique depuis hier.

Sans surprise, préfecture de police et organisateurs de la "Manif pour tous" n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur le nombre de personnes venues battre le pavé ce dimanche 24 mars. La première a comptabilisé 300 000 manifestants, les seconds "au moins 1,4 millions".

Mais la vraie polémique tient à l'utilisation, par les forces de l'ordre, de gaz lacrymogènes sur les manifestants bien décidés à braver l'interdiction d'accéder aux Champs-Elysées. "Gazée", Christine Boutin, fer de lance des anti, demande la démission du ministre de l'Intérieur Manuel Valls. Le gouvernement accuse les organisateurs, "dépassés par les événements" quand l'opposition dénonce un usage disproportionné de la force.

Christine Boutin "gazée"

Après avoir accroché des banderoles aux slogans chocs et bloqué les Champs-Elysées en février dernier, les anti se sont une nouvelle fois déchainés. Ils ont (encore) protesté hier contre le projet de loi sur le mariage pour tous, déja voté par l'Assemblée nationale, et "bouclé pour l'été"selon Christiane Taubira. La manif a connu quelques débordements : les manifestants, venus pour la plupart en famille, ont franchi la limite pourtant imposée par la préfecture de police, à savoir les Champs-Elysées.

Les policiers ont alors lâché des gaz lacrymogènes pour tenter d'empêcher les "anti" de franchir la barrière. Résultat : les organisateurs et l'opposition crient au scandale. "Gazée" et "victime d'un malaise", Christine Boutin, présidente du parti démocrate-chrétien et "anti" convaincue, dénonce sur Twitter (@christineboutin) "l'usage des gaz lacrymogènes sur des familles, des enfants (Lancelot 14 ans) d'élus et de moi-même" et demande "les obligatoires démissions du préfet de police et de Manuel Valls". A l'UMP, NKM et François Copé jugent ces débordements "inacceptables".

La faute à Frigide Barjot ?

Alors que les organisateurs de la Manif pour tous, visiblement satisfaits, dénoncent sur Twitter (@LaManifPourTous ) "le silence du Président", Manuel Valls évoque une mauvaise gestion de l'événement par ceux-mêmes qui l'ont organisé, débordés par "des groupes d'extrême droite". Il rappelle sur RTL : "il n'y a pas eu tirs de grenade sur les manifestants, seulement l'utilisation d'aérosol un moment pour dégager un certain nombre de groupes". Le ministre de l'Intérieur n'a nullement l'intention de s'excuser : "Pourquoi présenter des excuses alors qu'encore une fois le comportement des forces de l'ordre a été particulièrement maîtrisé et professionnel ?". La police évoque quant à elle le "comportement agressif de certains".

Six personnes en garde-à-vue

Résultat de la manif : 98 personnes ont été interpellées et six personnes ont été placées en garde-à-vue pour violences sur des agents des forces de l'ordre. Les débordements n'ont en tout cas pas découragé les "anti", qui se sont déjà fixés un nouveau rendez-vous au 4 avril prochain. Ce jour-là, le projet de loi sera entre les mains du Sénat.
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