Marvel n'est pas le problème : je pense que ce qui tue le cinéma, ce sont les gens qui ne se taisent pas
Marvel n'est pas le problème : je pense que ce qui tue le cinéma, ce sont les gens qui ne se taisent pas
Trop de discussions sur Marvel, les blockbusters, Netflix, les remakes... Non, les amis, non. Le principal cancer qui tue l'expérience cinématographique n'est pas la dernière sortie hollywoodienne ou le manque d'idées, mais les gens qui ne se taisent pas au cinéma.

Un peu de silence

Pour les personnes qui aiment non seulement les films mais aussi pouvoir les voir sur grand écran, cette situation n'est sûrement pas nouvelle pour eux. Ce moment où vous voulez juste profiter du film dans votre siège et que vous vous rapprochez du type costaud typique qui commente le film à haute voix, qui regarde son téléphone portable tout le temps, qui répond aux appels, qui donne un coup de pied dans le siège... et nous pourrions continuer.

En tant que cinéphiles, nous partons du principe que les salles de cinéma ne peuvent pas vivre (malheureusement) uniquement en diffusant des films et que, ce qui nous permet de continuer à aller voir des films sur grand écran, c'est l'ensemble des revenus tirés d'un nombre important de spectateurs qui, en vérité, se soucient plus du pop-corn que le film en lui-même.

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Je défends le cinéma comme une expérience de loisir collectif. Il n'est pas nécessaire de vous donner le qualificatif de "cinéphile" pour profiter d'un après-midi au cinéma avec vos amis et chaque spectateur a le droit de voir ce qu'il veut : aller au cinéma est une expérience de plaisir, pas une compétition pour voir qui est le plus élitiste dans ses choix de films.

Le problème, c'est quand vous oubliez complètement que les gens autour de vous ont le même droit d'apprécier le film que vous et qu'ils n'ont rien à faire de vos commentaires sur le sujet. Pour parler à ses collègues, allez dans un bar ou mettez un film chez vous. Si on se mettait tous à parler fort, la salle de cinéma ressemblerait plus à un poulailler.

Éducation ? Est-ce que ça se mange ?

C'est le moment parfait pour évoquer un cliché et une phrase du genre : "C'est juste les jeunes d'aujourd'hui...". Non. Par expérience, l'impolitesse est quelque chose qui s'étend à tous les âges : des adolescents aux personnes qui ont déjà les cheveux gris (et, honnêtement, je suis plus préoccupé par les adultes qui accompagnent leurs enfants et ne leur disent pas de se taire que les enfants eux-mêmes).

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Bien que les choses semblent avoir empiré depuis la pandémie, c'est un problème que nous traînons depuis longtemps et j'avoue que je ne vois pas du tout la solution. J'aimerais que quelque chose d'aussi simple que de demander aux fauteurs de troubles de se taire suffise, mais la plupart du temps, la seule chose que vous gagnerez, c'est de vous faire insulter.

Je ne suis pas surpris non plus qu'au final, les gens préfèrent rester chez eux avec leurs plateformes type Netflix et leur collection de films. Pour les quelques personnes qui souhaitent continuer à profiter des films sur grand écran, il ne reste pas d'autre choix que d'éviter les week-ends, privilégier les heures très matinales ou les nocturnes pour éviter les clans d'ours des cavernes.

Bien que je ne me fasse pas d'illusions, je me mets parfois à rêver que chacun prenne la décision d'être un peu plus poli et d'apprendre à profiter des choses sans avoir besoin d'en faire profiter celui à côté. Parce qu'avoir de l'empathie, ce n'est pas juste un discours moderne ou quelque chose que nous faisons "par bonté de coeur" : c'est simplement ne pas faire aux autres ce que vous ne voudriez pas qu'ils vous fassent.

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Je ne peux donc qu'espérer que les gens deviennent conscients de leurs propres actions et apprennent à respecter un minimum les règles de base de la coexistence. Soit ça, soit qu'un jour Shoshanna de Inglourious Basterds, Cecil B. Demented ou les insectes de Sans un bruit finissent par entrer dans la salle pour exterminer quiconque ose commenter le film sans murmurer. L'un ou l'autre m'irait bien.

Cet article a été écrit par Carla Monfort chez nos collègues espagnols d'Espinof.