It's a Sin : pourquoi la série percutante sur le sida dans les années 80 est à voir absolument
It's a Sin : pourquoi la série percutante sur le sida dans les années 80 est à voir absolument
Si vous ne regardez qu'une série aujourd'hui, ça doit être celle-ci : ce lundi 22 mars, Canal+ lance les premiers épisodes de It's a Sin. Créée et écrite par Russell T Davies, elle nous plonge dans le Londres des années 80 et suit, sur 10 ans, un groupe d'amis homosexuels alors que le virus du Sida se répand peu à peu. Une série poignante, percutante et essentielle.

Russell T Davies est de retour et il frappe encore très fort. En 2019, le scénariste et producteur révélait sa vision sombre et flippante du futur dans Years and Years, excellente série dramatique qui nous avait scotché. Après s'être intéressé à l'avenir, le Britannique fait un bond de 40 ans en arrière avec It's a Sin, tout aussi impactante et nécessaire.

It's a Sin, ça raconte quoi ?

En septembre 1981, les chemins de cinq personnages vont se croiser à Londres. Ritchie, Roscoe, Colin, Ash et leur amie Jill goûtent enfin à la liberté totale loin de leurs familles. Mais ils sont loin de s'imaginer que leurs vies vont être bouleversées par l'arrivée d'un virus mortel et inconnu : le Sida.

La bande-annonce de It's a Sin, à voir sur Canal+

Un projet de longue haleine pour Russell T Davies

L'action de It's a Sin débute en 1981 et se termine en 1991 soit il y a 30 ans. Pour Russell T Davies, qui a créé la série et écrit les épisodes, le projet autour du show est presque aussi ancien. En 1999, le Britannique a écrit la série Queer as Folk qui, bien qu'elle traite de la vie de trois homosexuels à Manchester, n'évoque jamais ouvertement le Sida. Une décision logique pour l'époque, a expliqué le créateur, soulignant que la série fait de nombreuses références cachées à la maladie à travers ses deux saisons. A l'époque, les premiers traitements médicaux contre la maladie étaient expérimentés. "On a l'impression que tout était parfait après 1996 mais ça ne l'était pas du tout. Nous n'avions aucune idée. C'était comme une expérience. Tout ça nous semblait toujours mortel" a-t-il confié à The Hollywood Reporter.

Bien que l'idée d'écrire une série sur le sida lui trottait dans la tête à l'époque, Russel T Davies confie qu'il a préféré attendre pour avoir plus de recul. Des années plus tard, en 2015, il crée la série Cucumber qu'il a pensée comme une "suite spirituelle" à Queer as Folk. A la fin de cette production, il a le déclic : "Quand j'ai envoyé le dernier épisode, je me suis dit : 'Maintenant je dois écrire sur le sida'" confie-t-il.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là : le projet peine à convaincre les chaînes outre-Manche. Russell T Davies précise que la chaîne Channel 4, qui a finalement diffusé la série au début de l'année, avait à l'origine rejeté le projet en 2016. C'est suite à un changement à la tête de la direction de la chaîne que la série a été commandée, 4 ans plus tard.

Des personnages inspirés de proches du créateur

Pour écrire It's a Sin, Russell T Davies s'est inspiré de ses proches. Le créateur, ouvertement gay, confie que Ritchie, Colin, Roscoe et les autres ont été influencés par des gens qu'il a connus, bien que les personnages ne reflètent pas forcément chacun une expérience vécue par une personne en particulier. "C'était principalement une façon de se souvenir. Parce que j'étais là à cette époque, j'ai vu ces gens, j'ai connu ces gens, j'ai aimé ces gens" a-t-il expliqué.

Le personnage de Jill Baxter, elle, est basée sur une des amies de Russell T Davies, Jill Nalder, qui fait d'ailleurs une apparition dans It's a Sin dans le rôle de la mère de Jill. Ils se connaissent depuis leurs 14 ans et Jill Nalder, comme la Jill de la série, a été impliquée dans la crise du Sida. Elle a participé à des levées de fonds pour la recherche et la reconnaissance de cette maladie et a soutenu des hommes malades en leur rendant visite à l'hôpital.

It's a Sin : Lydia West (Jill Baxter) et la "vraie" Jill, Jill Nalder
It's a Sin : Lydia West (Jill Baxter) et la "vraie" Jill, Jill Nalder

Une série percutante portée par des acteurs de talents

A travers ses 5 épisodes (diffusés ce lundi 22 mars et lundi prochain sur Canal+), It's a Sin trace le portrait de la communauté gay de Londres des années 80, l'incroyable joie de vivre et le besoin de liberté de ses personnages mais aussi l'homophobie ambiante de leurs proches ou de la société. Mais la série permet aussi (pour ceux qui ne l'ont pas vécue) de découvrir comment l'arrivée du Sida a été vécue avec notamment les théories du complot, la désinformation puis les actions pour faire reconnaître cette maladie et lutter contre les préjugés.

Bien que la tragédie et le drame soient présents, It's a Sin ne mise pas seulement sur les larmes : elle ne manque pas de moments joyeux et vibrants où chacun des comédiens peut révéler son talent. Olly Alexander, Omari Douglas, Callum Scott Howell et Nathaniel Curtis ont chacun l'occasion de briller mais c'est sûrement Lydia West (vue également dans Years and Years) qui offre la prestation la plus bouleversante de la série. It's a Sin est essentielle pour ne pas oublier une époque tragique et une génération durement touchée.