HPI : "L'histoire en elle-même n'est pas crédible", un vrai HPI critique la série de TF1
HPI : "L'histoire en elle-même n'est pas crédible", un vrai HPI critique la série de TF1
En un seul épisode, la nouvelle série de TF1, HPI, avec Audrey Fleurot, a rassemblé 9,8 millions de téléspectateurs, ce qui est un véritable record pour la chaîne ! Le seul petit problème est qu'elle n'a pas vraiment convaincu Hugo Martinez, un vrai "Haut Potentiel Intellectuel". L'étudiant et Président de l'association HUGO explique pourquoi il critique le show français !

"Je n'ai jamais eu autant envie qu'une série fonctionne", confiait Audrey Fleurot à Télé 7 Jours. Eh bien, son souhait a été exaucé juste avec la soirée de lancement de HPI sur TF1 : près de 10 millions de téléspectateurs étaient au rendez-vous ! Pour la petite info, ce record n'était pas arrivé depuis 2006 avec RIS : Police Scientifique. Audrey Fleurot, qui a failli refuser le rôle de Morgane Alvaro, a convaincu un grand nombre d'internautes, tandis que l'aspect comédie a été fortement apprécié.

HPI pas assez crédible ? Un vrai HPI témoigne

En bref, la série HPI est validée, même si elle n'a pas vraiment convaincu Hugo Martinez, un vrai "Haut Potentiel Intellectuel". Dans un long texte écrit sur le blog du HuffingtonPost, l'étudiant et Président de l'association HUGO ! critique le manque de crédibilité de HPI par-rapport à la réalité : "Dès le début, cette série s'inscrit dans les clichés et stéréotypes qui sont attribués aux zèbres, ceux communément appelés Hauts Potentiels Intellectuels, dont je fais partie (...) Chaque HPI est unique. Et ce n'est pas en additionnant les différentes spécificités, particularités d'un Haut Potentiel qu'on pourra espérer s'approcher de la réalité."

Hugo Martinez, qui a aussi témoigné sur le plateau de TPMP, reconnaît quand même que "l'intention est bonne derrière ce projet" : "Traiter sous un angle positif et humoristique un sujet qui, pour ceux qui le vivent, ne l'est pas forcément (...) Mais le sujet et le message doivent rester crédibles."

"Je ne me reconnais pas dans cette série"

Il explique ensuite : "Être dans la douance, ce n'est pas synonyme d'être un enfant attardé jusqu'à 30, 40, 50 ans. C'est bien plus complexe que cela. Et simplifier à l'extrême ce phénomène, c'est ridiculiser, dévaloriser ceux qui supportent cela chaque jour. J'en fais partie. Et je vous assure que je ne me reconnais pas dans cette série. L'histoire en elle-même n'est pas crédible. Il y a d'ailleurs une impertinence par exemple dans la série sur sa capacité à exprimer un raisonnement : un zèbre n'est pas en mesure de verbaliser son cheminement intellectuel."

"Or dans la série, Morgane Alvaro n'est pas capable d'exprimer comment les 'chiffres rouges' arrivent devant ses yeux. Mais elle est en mesure de détailler toute sa réflexion d'analyse des indices de l'enquête de l'épisode 1 et ainsi de suite. En réalité, il aurait peut-être été pertinent d'associer de véritables 'zèbres' à ce projet, dès l'écriture jusqu'au tournage, pour l'ancrer dans une certaine réalité. Il ne faut pas sombrer, bien évidemment, dans le pathos. Mais juste dans un équilibre de réalité et d'impact. En dehors de ces éléments, la réalisation et l'interprétation restent de qualité. Mais ce côté 'ado perpétuel' ne l'est pas du tout.", précise Hugo Martinez.

"Il y a là une vraie prise de risque"

L'étudiant, victime de harcèlement scolaire par le passé, trouve quand même des qualités à la série HPI : "Hormis cet avis mitigé, il faut aussi remarquer que c'est audacieux de la part de TF1 et des producteurs de ce lancer dans un tel projet pour une telle diffusion. A ma connaissance, c'est le seul support audiovisuel de fiction en France qui ose traiter ce sujet à titre principal. Il y a là une vraie prise de risque, tout comme pour Audrey Fleurot et Vincent Jamain. Mais ce risque est peut-être la justification de ce choix d'une réalité volontairement édulcorée : un prisme exagéré du sujet pour sensibiliser un maximum de Français sur la première chaine de France."