La politique de modération de Facebook est incompréhensible. Alors que le réseau social n'est en général pas avare sur la censure, notamment en matière de nudité, il a dans un premier temps refusé de supprimer une vidéo particulièrement violente de décapitation attribuée à l'organisation criminelle Los Zetas. Sous la pression, elle a finalement été retirée.

Des photos de seins nus, non. Mais des vidéos de décapitation, oui. Facebook affiche une politique de modération pour le moins incohérente. Le réseau social supprime les photos de nu artistique postées par le musée du Jeu de Paume, mais ne censure pas les vidéos de passage à tabac, ni les photomontages obscènes de vos profs. Pire, il s'est même justifié du non-retrait d'une vidéo de décapitation.

La vidéo de la discorde

Une vidéo a fait le tour de Facebook pendant plusieurs jours, avant que le réseau social au milliard d'abonnés ne choisisse finalement de la retirer. Sur cette scène qui se serait déroulée au Mexique, une femme est agenouillée, mains ligotées dans le dos. Un homme encagoulé (décrit par beaucoup comme appartenant à l'organisation criminelle Los Zetas) arrive derrière elle et lui tranche la gorge, avant de fièrement exhiber sa tête comme un trophée de chasse. Quelques secondes d'une violence inouïe. Insoutenable. Plusieurs utilisateurs signalent alors la vidéo. Mais Facebook, pourtant peu avare en matière de censure, refuse de la retirer.

"Décrire le monde tel qu'il est" ?

Le réseau social se justifie même du non-retrait de ces images, comme le révèle l'édition suisse de 20 minutes. "Notre décision de ne pas supprimer ce contenu est basée sur le fait que les gens ont le droit de décrire le monde dans lequel nous vivons, de présenter et de commenter les actions" s'explique-t-il via son agence de relations publiques allemande. Interrogé par le site The Examiner, le porte-parole de Facebook, Fred Wolens, en rajoute une couche : "Les utilisateurs partagent cette vidéo pour la condamner. Comme les journaux TV montrent souvent des atrocités bouleversantes, les abonnés peuvent partager ces mêmes contenus pour sensibiliser à ces actions ou ces causes".

Pourtant les conditions d'utilisation de Facebook sont claires : "Vous ne publierez pas de contenus incitant à la haine ou à la violence, menaçants, à caractère pornographique ou contenant de la nudité ou de la violence gratuite".

Une diffusion condamnable

Or la vidéo ne fait mention d'aucun lieu, d'aucune date. Elle n'est accompagnée d'aucun commentaire. Comme l'explique au micro d'Europe 1, Guy Birenbaum, spécialiste des réseaux sociaux : "Des images sans contexte, sans légende, ne disent rien". Sous la pression, Facebook a finalement décidé de retirer la vidéo et tout ce genre de contenus. Mais en attendant, ces images de décapitation ont fait le tour du réseau et recueilli plus de 4 000 likes.

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