Par Clément Arbrun Journaliste société
Journaliste spé Société et Pop Culture, Clément s'intéresse autant aux punchlines de Virginie Despentes qu'à celles de Megan Thee Stallion, aux perruques de Bilal Hassani qu'aux blagues de Panayotis Pascot. Il aiguise principalement sa plume en papotant féminismes, genre et fashion, ce qui lui permet de parler d'Harry Styles, des gens pas toujours fréquentables qui emploient le mot "woke" sur Twitter et des dernières prods Netflix. Malin.
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Et si on arrêtait de sexualiser à outrance le corps des femmes ? Cette proposition qui offusquera les plus machos, c'est celle de la journaliste sportive Virginie Sainsily. La pro s'est attardée avec fracas sur le sexisme dégueu qu'a subie l'une de ses consoeurs...

Les férus du PAF le savent bien : il n'est pas rare que le sexisme s'invite à l'antenne. Et c'est un doux euphémisme. Anne-Claire Coudray peut largement en témoigner d'ailleurs. Celle qui présente le JT du week-end sur TF1 depuis 2015 a subi il y a dix ans ce que vivent bien trop de femmes à l'écran, et même en dehors.

En 2013, la présentatrice a effectivement fait l'objet des pires remarques après avoir animé le journal télévisé... sans soutien-gorge. Oui oui, il a suffi que ses tétons soient discrètement apparents pour réveiller les esprits les plus mal placés. On s'en fiche grave, non ? Eh bien pas tout le monde : certains médias ont remis ces derniers jours sur le devant de la scène les commentaires de la journaliste à propos de ce lointain buzz. Et cela en a fait réagir une autre, de journaliste : Virginie Sainsily.

Celle que les amateurs de L'équipe TV connaissent bien a remis les points sur les "i" en rappelant l'espace d'une publi les bases : si on arrêtait de sexualiser deux secondes le corps des femmes, le monde ne s'en porterait pas plus mal...

"Nous ne devons pas nous excuser !"

C'est sur Twitter que la journaliste sportive a réagi à ce sujet qui, dans la meilleure des timelines possibles, ne devrait même pas en être un. Elle écrit : "Je ne porte jamais de soutien-gorge parce qu'en plus de trouver ça désagréable et oppressant, je n'en vois pas l'utilité. C'est un choix personnel propre à chacune d'entre nous".

"Nous ne devrions aucunement en être gênées. Et certainement pas nous en excuser. Si un téton qui pointe vous dérange, ça en dit beaucoup plus sur vous et votre mentalité. Il est temps d'arrêter de nous sexualiser", balance la personnalité médiatique. Ici, la journaliste dénonce un "appel à la pudeur" pas seulement puritain mais sexiste, et s'inscrit aussi dans un courant bien précis : le "no bra". Le "no bra", associé au tag viral #FreeTheNipple, c'est ce mouvement féministe incitant à se libérer du soutif, pour des raisons personnelles et/ou politiques.

Un courant largement supporté par des stars depuis des années : Cara Delevingne, Miley Cyrus, Gillian Anderson, Julia Fox... Chacune n'hésite pas à dénoncer les réactions engendrées par leur adieu au soutif : pudibonderie, censure (sur les réseaux notamment), misogynie... Tiens d'ailleurs, Miley Cyrus en personne résumait bien la chose : "Quand tu libères tes seins, c'est comme si les gens te jugeaient déjà. Les tétons, c'est ce que vous ne pouvez pas montrer, mais ce que tout le monde a". Une punchline qui dit tout, non ?

En attendant, le tweet de Virginie Sainsily a engendré de très nombreuses réactions. La plupart sont venues appuyer ce coup de gueule en forme de manifeste : "C'est aberrant de devoir se justifier", "C'est une liberté de porter ce que l'on veut !", "De mon point de vue ça s'appelle "la liberté" et tu as raison de la défendre...", "Bien dit Virginie. Incroyable ce genre de polémique", "Chacun fait ce qu'il veut, après tout c'est votre corps !".

Pas mieux.