Jour de gloire pour la pop music ! Après sept ans d'absence, Madonna signe un retour triomphant avec Confessions II, la suite de Confessions on a Dancefloor, son album culte de 2005. Un projet dense et dance confectionné à quatre mains avec le producteur Stuart Price.
"Après le Celebration Tour, on a véritablement ressenti le pouvoir de la musique et comment les gens se connectent à elle à travers les chansons. On ne voulait pas s'arrêter, on voulait continuer !" atteste le hitmaker britannique, venu à la rencontre de la presse lors d'une masterclass secrète à Paris à laquelle la rédaction de Volum a assisté.
Dès le départ, Madonna a été claire dans ses ambitions : "Je veux faire un album dance". Même si Stuart Price ignorait qu'il s'agissait de la suite de Confessions : il l'a appris comme tout le monde, par un post Instagram de la superstar !
"Elle a pensé cet album un flow ininterrompu de musique, pour s'immerger dans un voyage sensoriel. Sa vision va au delà de la musique : elle a mis la performance au centre de cette ère".
Le projet est né dans le studio d'enregistrement du producteur à Londres "sur une durée d'un an et demi". "Avec Madonna, nous avons une alchimie indescriptible. Nous n'avons pas besoin d'entamer une conversation, nous créons naturellement la musique" atteste celui qui est aussi reconnu pour son travail avec les Pet Shop Boys et Kylie Minogue.
Selon Stuart Prince, Madonna a "toujours été comme un miroir de la société" :
"Elle utilise le moment pour exprimer ses idées, ses peines, ses traumatismes. La dance est un genre musical intéressant car il permet d'aller gratter au delà de la surface. Derrière la dance et cet esprit de fête, la vraie force de l'album est la vulnérabilité que Madonna y a mise. Parce que c'est une figure tellement forte et puissante, il fallait aller dans l'émotion".
Pendant la création de Confessions II, Madonna a été endeuillée par la perte de sa belle-mère et de son frère. Des expériences de vie qui font "conjuguer la joie et la tristesse dans cet album", qui prend sur sa dernière moitié une approche beaucoup plus intime.
Pour Stuart Price, la Reine de la pop est "une brillante documentariste de sa vie et de sa musique". Et possède une clairvoyance totale sur sa carrière.
"Il y a ce malentendu autour de Madonna qui dit qu'elle aime la controverse. Pour elle, c'est la plus grosse erreur qu'on puisse faire sur son compte. Bien sûr, elle a toujours eu ce goût de la provocation mais elle n'a jamais parlé de sujets controversés de manière gratuite. Elle aime dire : 'J'utilise la controverse pour dire des choses dont personne ne parle'."
Et le torrent de haine et de critiques qu'elle a essuyé durant toute sa carrière lui a inspiré une chanson : My Sins Are My Savior.
Sur une mélodie vaporeuse et presque trip-hop, Madonna y déclare en français :
"Je n'étais pas perdue
J'étais juste cassée
Ils ont essayé de me faire tomber
Je m'en fous
Mes péchés sont mon sauveur."
Avant d'être rejointe par... Stromae ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, le chanteur belge est l'un des invités surprises de Confessions II, qui réunit un casting composé de Sabrina Carpenter, Feid ou Lola Leon - aka Lourdes, la propre fille de la star.
"On ne voulait pas répéter la formule comme on l'avait fait sur Hung Up. On s'est donc intéressé à des auteurs et compositeurs contemporains, comme Martin Garrix" explique Stuart Price.
Madonna admire le travail de Stromae depuis longtemps. "J'adore Stromae et j'aimerais beaucoup travailler avec lui. (...) Je ne suis pas sûre qu'on arrivera à faire un duo ensemble mais je serai en France cet été, alors on verra !" assurait-elle en 2015 sur Europe 1.
"Madonna n'a émis qu'une règle : 'Nous devons être ensemble physiquement dans la même pièce'. Il fallait que les gens soient avec nous en studio." (Stuart Price)
Stuart Price possède un lien privilégié avec la France. Né à Paris mais ayant grandi en Angleterre, il s'est toujours intéressé de près à la french touch (ses premiers alias se nomment Jacques Lu Cont et Les Rythmes Digitales) et raconte avoir affiné son oreille en écumant des discothèques comme le Rex Club. À l'époque, il se faisait même passer pour un Français auprès des journalistes britanniques en utilisant une traductrice !
Lorsqu'ils ont commencé à travailler sur ce morceau avec Madonna, il s'est donc mis naturellement à fredonner quelques mots en français. L'idée a plu à Madonna et il a été décidé de contacter Stromae pour matérialiser cette soudaine pulsion française.
Depuis leur première rencontre il y a 13 ans, en pleine effervescence autour de Racine carrée, la diva et l'artiste belge ont donc mis 13 ans à concrétiser ce rapprochement. Et encore, il a d'abord fallu convaincre Stromae de faire le déplacement dans la capitale anglaise !
"Il est ce qu'on pourrait appeler un génie reclus. Il hésitait à quitter sa Belgique pour ne pas s'éloigner de sa femme et son fils. Il a finalement accepté de venir jusqu'à nous à Londres. Il a retravaillé le morceau, l'a embelli. C'est un artiste incroyable".
Dans My Sins Are My Savior, Madonna et Stromae se répondent en dialogue, le chanteur adoptant le point de vue d'un observateur qui contemple les luttes menées par la star.
"Tu as libéré des âmes
Les fissures laissent passer la lumière
La lumière est la plus bellе des armes
L'amour est la plus fortе des armures
Tu as toujours été son soldat."
Une chanson très Bedtime Stories dans l'âme qui est l'une des préférées de Madonna dans cet album. "Il a une voix si magnifique" confesse-t-elle à Interview Magazine, enchantée d'avoir enfin pu conjuguer son talent avec celui de Stromae. C'est le public qui les remercie.
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