Dimanche 16 août, été caniculaire. S'évader à Londres pour fuir les grosses chaleurs qui s'abattent sur la France semble être la meilleure des idées : les températures sont plus douces et surtout, Ariana Grande vient de démarrer une résidence de 10 concerts à l'O2 Arena. La diva pop ayant complètement snobé l'Europe pour son Eternal Sunshine Tour, j'ai ravalé ma frustration et pris un ticket direction la capitale anglaise pour assister à ce qui est l'un des shows les plus attendus de l'année.
En passant les portes de l'impressionnante l'O2 Arena, je m'attends à découvrir un spectacle pop soigné, ponctué de tubes et de whistle notes dont seule Ariana a le secret. La réalité ? J'ai l'impression d'être passé à travers un écran de cinéma. Ariana ne fait pas juste chanter : elle déroule une véritable oeuvre théâtrale avec une maîtrise qui frôle la perfection.
Je l'ai souvent remarqué pendant les concerts et vous aussi sûrement, la mise en scène peut parfois servir à masquer le reste. Mais dès les premières notes, Ariana rappelle immédiatement qui est la boss. Vocalement, c’est stupéfiant : l'interprète de Hate That I Made You Love Me passe son temps à ajouter des petites variations, des harmonies et des notes aigues qui n'existent pas sur les versions studio de ses morceaux, ce qui donne l'impression de redécouvrir certaines pépites - et la sensation très satisfaisante d'assister à quelque chose d'unique.
L'un des moments forts est son interprétation de Dangerous Woman : l'arrangement est volontairement épuré pour laisser sa voix divine prendre l'espace. Toute la salle s'arrête presque de respirer. Ce qui m'a particulièrement frappée, c'est la manière dont Ariana remet la performance vocale au centre d'un dispositif pourtant colossal. Car oui, son spectacle est vivant et on en prend plein les yeux !
J'ai beaucoup apprécié le travail sur les transitions, qui ne servent pas juste à meubler pendant un changement de tenue, mais racontent une véritable histoire. Il y a des références visuelles absolument partout : l’univers d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind aka son film préféré, une séquence très poétique inspirée d’Alice au pays des merveilles où elle semble basculer dans le terrier du lapin, et évidemment l’imagerie du Magicien d'Oz. Le tout s'enchaîne naturellement sans que ça paraisse décousu.
D'ailleurs, les danseurs ne sont pas de simples figurants : sur un titre comme the boy is mine, la chorégraphie fait partie intégrante du numéro. Le visage masqué comme dans son clip, Ariana y est féline, séductrice, ténébreuse... On exulte.
Côté setlist, l'équilibre est parfait. L'alternance entre les morceaux intimistes comme Hampstead et les gros moments pop permet de créer un vrai rythme. Mais le point culminant survient quand elle enchaîne One Last Time, Rain on Me et Break Free. Sur son duo avec Lady Gaga, l’O2 se transforme littéralement en club géant : la réaction du public est survoltée ! Je crois bien que personne n'est resté assis sur sa chaise à ce moment précis du show.
Alors que je scrute la scène à la recherche du moindre indice sur Petal, nouvel album qui vient d'offrir à Ariana Grande le meilleur score de sa carrière en France, le vrai coup de théâtre survient sans prévenir : Cynthia Erivo débarque sur scène sous les hurlements de la foule. Voir Glinda et Elphaba en chair et en os se réunir pour interpréter For Good puis le mash-up Get Happy / Happy Days Are Here Again a fait revivre la magie de Wicked sous mes yeux. Autour de moi, plusieurs spectatrices ont essuyé quelques larmes au coin des yeux... (non non, ce n'était pas moi promis).
Pour clore le show sur une note magistrale, Ariana choisit Supernatural. La star s’élève dans les airs au-dessus du public dans un tableau suspendu qui boucle parfaitement cette parenthèse onirique. On aurait aimé que le moment ne s'arrête jamais - mais même les contes ont une fin.
Quel dommage de ne pas voir cet Eternal Sunshine Tour s'arrêter en France ! On tient là, sans l'ombre d'un doute, le meilleur concert d'Ariana Grande depuis le début de sa carrière.