"La Défense shits on you". Sur la scène de Paris La Défense Arena, Bruce Dickinson est extrêmement remonté. Lundi soir, Iron Maiden se produisait à Paris La Défense Arena dans le cadre de sa tournée mondiale pour célébrer son 50ème anniversaire. Sauf qu'au bout d'une heure, le concert a été interrompu à cause d'une coupure d'électricité.
Les 38 000 fans se sont retrouvés dans une salle sans lumières ni climatisation, alors que la température extérieure frôlait les 40 degrés. De nombreux spectateurs ont même été priés de sortir de la salle, sous une chaleur de plomb, en attendant que le problème soit réglé. Après 55 minutes de pause, le show a pu reprendre mais n'a pas pu aller à son terme à cause du couvre-feu imposé à 23h30. "Ce n'est pas de notre faute, c'est le bâtiment qui dit qu'il y a un couvre-feu. Je ne comprends pas… Je préfère Bercy" a lancé Bruce Dickinson, soutenu par de copieux sifflets, contraint de supprimer trois chansons.
Une soirée qui a donc tourné court d'autant plus que le groupe avait choisi Paris La Défense Arena pour filmer le show en vue d'une sortie prochaine en vidéo. Selon Paris Match, la bande heavy metal britannique pourrait même se lancer "dans un conflit juridique pour évaluer le préjudice" d'un tel incident au vu de l'argent investi pour une telle captation.
Deux jours après l'événement, de nombreux fans n'ont pas digéré la soirée. Déjà parce que dans un premier temps, la salle a évoqué une coupure de courant dans tout le quartier, alors que l'électricité fonctionnait aux alentours de la salle. Mais aussi parce que du côté de la salle, le flou se fait quant à la véritable origine de cette coupure. "Tout le monde se renvoie la balle" indique un interlocuteur de l'affaire au Parisien.
Il aura donc fallu attendre mardi soir, soit 24 heures après le show, pour que Paris La Défense Arena sorte du silence. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, la salle de Nanterre parle d'un "phénomène extérieur à l'enceinte, qui a pu causer une succession de dysfonctionnements techniques" : "Les analyses se poursuivent avec l'ensemble des parties prenantes concernées par l'incident (...) À ce stade, aucune conclusion définitive ne peut encore être tirée sur les causes exactes de l'incident".
Quant au couvre-feu imposé à 23h30, là encore la salle assure que ce n'est pas de son fait. "Les horaires de fin de spectacle sont définis en lien avec les autorités publiques afin de garantir le retour des spectateurs dans les meilleures conditions, en transports en commun (...) Nous adressons nos sincères excuses aux spectateurs présents pour la gêne occasionnée. Nous sommes conscients de la déception suscitée par cette interruption et remercions le public pour sa patience tout au long de la soirée" conclut le message. Les équipes de Nanterre assurent faire tout leur possible pour que le problème ne se reproduise pas lors des prochains événements prévus.
Un communiqué qui ne passe pas pour de nombreux spectateurs. Tout d'abord puisque la salle se dédouane du problème, mais surtout car aucune compensation financière n'est proposée aux fans, dont certains sont venus de très loin pour assister au show. "C'est une honte, organisation catastrophique", "On espère bien évidemment la mise en place d'une politique de remboursement pour votre gestion catastrophique de cette soirée et pour vos mensonges éhontés concernant la cause de la panne", "On se fout vraiment de notre gueule!", "Concert gâché" s'emportent des spectateurs sur Instagram.
Iron Maiden a également publié un communiqué pour revenir sur les détails de l'affaire. Bruce Dickinson remercie tout de même le public pour avoir tenu bon malgré ce couac :
"Nous savons que beaucoup d'entre vous ont parcouru de longues distances, patienté durant l'interruption et attendaient avec impatience le concert complet de Run For Your Lives. Nous partageons votre déception. Personne n'est plus frustré que le groupe et l'équipe technique, qui étaient impatients de vous offrir la performance complète que vous méritiez. Ce dont nous nous souviendrons le plus hier soir, c'est de l'incroyable ambiance qui régnait dans la salle. Votre patience, votre compréhension et votre soutien indéfectible face à cette situation extrêmement difficile nous ont été d'un grand réconfort."
Rod Smallwood, le manager du groupe, complète :
"La température à Paris a atteint 44 dégrés [en ressenti] ce jour-là et la climatisation de la salle s'est arrêtée à cause de l'interruption du concert. Forcément, avec autant de monde, il a vite fait chaud pendant qu'ils attendaient la reprise. Naturellement, lorsque nous avons relancé le spectacle de lumières et de pyrotechnie, la chaleur est devenue insupportable pour les fans et le groupe. Malgré cela, l'énergie de leurs réactions était incroyable !"
Douce ironie quand on sait que la salle va être bientôt renommée Plénitude Arena, du nom d'un fournisseur... d'énergie.
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