Tout le monde ne parle que de ça ! Céline Dion est de retour sur scène après six ans d'absence, à cause de sa maladie rare. Forcément, l'engouement autour de sa résidence à la Plenitude Arena a été énorme et les retombées économiques devraient être sans précédent. Et comme les premiers shows ont affiché complet en un temps record, d'autres dates se sont ajoutées en 2027.
Vous l'aurez compris, c'est sans doute LE concert de l'année à ne pas manquer. Sauf que samedi soir, lors de sa première, la voix de la diva est apparue plus fragile, loin de ses capacités d'antan, autour d'une mise en scène un peu austère. Son retour a-t-il été précipité ?
Sincèrement, c'est ce que je pensais après avoir suivi le concert de samedi soir sur TikTok et vu de nombreuses vidéos sur les réseaux sociaux. J'y allais donc un peu à reculons hier soir pour cette deuxième date à la Plenitude Arena. Mais dès l'entrée sur scène, toutes mes craintes se sont envolées.
A 20h35, l'imposante structure monolithique s'ouvre en deux comme un écrin pour laisser apparaitre Céline Dion dans la lumière. La chanteuse débarque en toute simplicité face à un public heureux et ému de la retrouver. C'est réciproque. Les premières notes de On ne change pas résonnent, tandis que les deux immenses blocs pivotent pour dévoiler les musiciens et les choristes.
"On ne change pas, on met juste les costumes d'autres sur soi". Les paroles prennent un écho particulier à l'occasion de ces retrouvailles. Oui, la mise en scène aurait mérité un peu plus de chaleur, d'autant que Céline Dion est en grande forme ce soir. Tant vocalement que physiquement. Elle sourit, les yeux remplis d'émotions, elle tape dans les mains, offre des vibes dont elle seule à le secret, avec une énergie folle que l'on n'attendait plus. Quelle bonne surprise !
Les tubes s'enchaînent, Céline Dion se donne corps et âme, galvanisée par la clameur des 30.000 fans réunis, qui tapent dans les mains et scandent son nom, si bien que, souvent, elle ne peut pas dérouler ses discours comme espérés. "Vous en savez plus sur moi que moi-même. Mais j'aimerais vous dire une chose en trois mots : Je vais bien" parvient-elle à glisser pour rassurer tout le monde. La star revient de loin et elle le sait.
On ne va pas éluder le sujet qui agite les réseaux sociaux, oui il y a du playback ici et là (notamment sur les titres en anglais), sans doute pour l'aider à ne pas abîmer sa voix après une si longue absence et lui permettre de tenir ses concerts à venir. Et ça se comprend.
Aussi, la setlist n'aurait pas souffert de choix plus fédérateurs à la place des discutables The Chase ou Ne bouge pas. Au sein d'une liste encombrée de titres en anglais et de reprises, on aurait préféré entendre Sous le vent, Prière païenne, Je ne vous oublie pas, Je sais pas ou Regarde-moi. Sans parler du medley disco qui massacre les favoris I'm Alive et That's the Way It Is.
Mais l'aura de Céline Dion, la ferveur du public et son impressionnante liste de classiques prennent le pas sur ces quelques défauts qui ne gâchent en rien la fête. D'autant qu'au milieu de cette setlist, les surprises sont nombreuses, comme J'irai où tu iras partagé avec son choriste dans une alchimie solaire, la présence d'une chorale gospel sur le dernier acte qui fait prendre au show une intensité folle. Et le transforme même parfois en performance contemporaine.
Le plus beau moment du concert ? Étonnamment, Courage. Je n'en attendais pas grand-chose mais l'interprétation sur le fil de Céline Dion sur ces paroles touchantes et vulnérables évoquant les épreuves de la vie m'a saisi. Difficile de ne pas avoir les frissons et les larmes aux yeux face à cette force de la nature dont la résilience impressionne. Elle est là, debout, solide et fragile à la fois, mais toujours avec le sourire aux lèvres.
Et que dire du final sur l'une de ses plus belles chansons signée Jean-Jacques Goldman, S'il suffisait d'aimer, reprise en choeur par la foule. Wow !
Un ultime moment de communion avant que Céline Dion ne s'en aille en toute humilité, comme elle est arrivée. Comme si elle n'était pas l'une des plus grandes. Un dernier coucou avant de s'engouffrer en coulisses, après avoir savouré de longues minutes d'applaudissements, les yeux fermés, la main sur le coeur. Comme si c'était la dernière fois...