Et si c'était vraiment elle, la grande gagnante de la Coupe du Monde ? Car Madonna a bel et bien marqué les esprits lors du show de la mi-temps. Accompagnée de Ronaldo et Ronaldinho, la Reine de la pop a revisité son tube Music en version disco, dans une ambiance festive.
Si certains ont encore fait preuve d'âgisme à son égard, la chanteuse a réussi son pari en continuant de défendre magnifiquement son dernier album Confessions II, numéro un dans le monde entier.
Madonna a d'ailleurs profité de cette immense exposition médiatique (plus d'un milliard de téléspectateurs) pour mettre en vente, sur son site officiel, un maillot de foot très spécial. D'un rose pétant, on peut y lire "Madonna", "Confessions on a Dancefloor Part II", le chiffre "02" ainsi qu'une image en surimpression d'une des pochettes de l'album. Valeur du maillot ? 71,95 euros.
L'interprète de Vogue est la nouvelle star à suivre cette tendance : de plus en plus d'artistes et de groupes se mettent ainsi à vendre des maillots de foot, ou "jersey" en anglais, à leur effigie sur leur site officiel ou à leurs concerts.
Même les membres de BTS sont apparus avec des maillots personnalisés pour ce show de la mi-temps.
Mais pourquoi un tel engouement des artistes, et donc du public, pour ces "jerseys" ?
L'origine de cette hype vient de plusieurs camps. Tout d'abord dans le milieu de l'électro, avec ses DJs montant sur scène avec des maillots d'équipes locales. À Naples, la productrice belge Charlotte de Witte est apparue avec un maillot à l'effigie du SSC Napoli, tout en croquant dans une part de pizza. La vidéo de ce moment a cartonné sur les réseaux sociaux et a même été repartagée par le club en question.
Un "énorme outil marketing" selon Martin Munier, cofondateur du club parisien Sacré. Dans les colonnes de L'Équipe, il explique que les DJs qui s'y produisent se voient remettre un maillot à l'effigie du temple de la nuit :
“Ces maillots véhiculent notre image d’une façon qu’on trouve cool. On les fait floquer, on se renseigne sur les numéros préférés des uns et des autres. À l’arrivée, l’idée, c’est aussi qu’ils puissent vivre dans tous les festivals de la planète, qu’on retrouve un petit peu de nous partout.”
Oasis y est aussi pour quelque chose. Immenses fans de foot et de Manchester City, les frères Gallagher ont mis en vente des "jerseys" Oasis, en collaboration avec Adidas, lors des concerts de leur tournée de reformation en 2025. Des pièces en édition limitées qui se sont arrachées et qui se revendent aujourd'hui à prix d'or.
© DR / Adidas
Depuis, tout le monde s'y met, et principalement dans le milieu du rock : AC/DC, Green Day, Deftones, Motorhead, Vampire Weekend, Idles, Geese... Le groupe irlandais Fontaines D.C. est un des exemples les plus probants, puisque son guitariste Carlos O'Connell a dessiné le maillot du Bohemian FC, club de Dublin.
Du côté des popstars, Lady Gaga, Beyoncé ou Dua Lipa ont déjà franchi le pas tandis qu'en France, les rappeurs Damso et Jul en vendent durant leurs derniers concerts.
© Zuma Press / Bestimage
Une façon de se démarquer du t-shirt classique de groupe, que l'on retrouve maintenant vendu dans les grandes enseignes comme H&M, Primark ou Pull & Bear pour les Nirvana, Red Hot Chili Peppers et autres Pink Floyd. Une nouvelle étape est donc franchie avec ces maillots, souvent vendus plus chers qu'un vêtement classique dans les stands de merchandising (environ 80 euros contre 50).
La collaboration marche aussi dans l'autre sens : Rosalía ou les Rolling Stones ont vu leur nom apparaître sur des maillots du FC Barcelone portés par les joueurs. Le groupe de rock The Libertines a aussi apposé son nom sur celui du Margate FC. Ce qui aurait largement boosté les ventes de produits dérivés du petit club anglais situé dans le Kent.
© FC Barcelone
Les relations entre football et musique ont toujours existé, mais ces pièces vestimentaires ont largement contribué à leur rapprochement ces dernières années.
Tout en changeant l'image d'un vêtement autrefois considéré comme "ringard".
"Avant, quelqu'un qui en portait un en ville était perçu comme un plouc, un voyou. C'est sûr que ça a complètement changé : on n'est plus forcément sur un article de sport mais un vêtement de mode. Au point de voir des artistes émergents en mettre, alors qu'ils n'ont pas forcément de lien avec cet univers". (Hippolyte Genaud, le co-fondateur du magasin LineUp).
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