16. L.E.S. Girl
La fin de l'album Confessions II ralentit la cadence. Et ce n'est pas vraiment ce qu'on est venu chercher. Aux antipodes de Danceteria, ce titre final produit par Andrew Watt, Stuart Price et Cirkut surprend par ses allures de comptine nostalgique. Portant un regard tendre sur cette fille du Lower East Side avec sa veste en cuir et son rouge à lèvres (et ses rêves plein la tête), Madonna dévoile une facette rare. "Everything fades away" répète-t-elle dans un écho. Touchant (mais un peu chiant).
15. The Test
Madonna n'est pas avare en surprises. C'est ainsi qu'elle collabore pour la toute première fois sur un vrai duo avec sa fille Lourdes, dont le nom d'artiste est Lola Leon : The Test. La fière maman y fait un lien avec Little Star, écrite pour elle en 1998, avant de s'excuser pour le mal causé par sa notoriété. Une chanson presque infantine qui permet aux deux femmes de se parler et d'apaiser leur relation qui n'a pas toujours été évidente. Pas un indispensable pour l'auditeur mais un moment crucial pour Madonna.
14. My Sins Are My Savior
Madonna et Stromae, c'est fait. Et leur duo My Sins Are My Savior est l'une des chansons préférées de la chanteuse. Bémol : on est moins emballé qu'elle. Entre deux mots en français, un passage quasi rappé par l'artiste belge, et une production planante et trip-hop, difficile de se passionner pour ce titre OVNI sur lequel Madonna revient sur les coups durs traversés au fil de sa carrière. "Je n'étais pas perdue, j'étais juste brisée. Ils ont essayé de me faire tomber. Je m'en fous. Mes péchés m'ont sauvée". Ok, on passe à la prochaine.
13. School
Après son impressionnante tournée-bilan, pensée comme un musical sur sa carrière, Madonna a pris un plaisir fou à plonger dans ses archives. Sur Confessions II, elle continue le travail et semble s'amuser à glisser des références à son héritage foisonnant. C'est notamment le cas sur l'hypnotique School, avec ses clins d'oeil à Blonde Ambition, Masterpiece ou I'd Rather Be Your Lover. Au-delà de ça, on n'en garde pas grand-chose.
12. Betrayal
Les fans seront ravis de retrouver Mirwais sur Betrayal. Mais on aurait préféré que leur nouvelle collaboration se fasse sur un titre éclatant. Au final, ce morceau sombre, qui revisite la mélodie de l'illustre Gnossienne No.1 d'Erik Satie, apparait en décalage du reste du projet. Mais les paroles sont passionnantes puisque Madonna y évoque sans fard sa relation tumultueuse avec sa belle-mère Joan Ciccone, décédée en septembre 2024. L'artiste y évoque sa survie, sa résilience et comment elle a appris à lâcher prise avec une honnêteté désarmante. Déstabilisante, on l'apprécie pourtant de plus en plus au fil des écoutes.
10. Everything
Septième piste de l'album, Everything démarre comme une révélation religieuse avec la voix angélique de Madonna sublimée par une armée de cordes. Mais d'un coup la voix se robotise et le beat se radicalise. "It's not okay, I don't fuck with it" lance la chanteuse sur ce titre plus agressif, là encore pensé comme une ode aux clubs, véritables safe places dans ce monde de fou où la solitude et la haine de soi triomphent. "It's my spiritual healing" souligne Madonna dans une effusion de jets électro. Intense. Peut-être un peu trop.
10. One Step Away
Avec ce disque, Madonna part en croisade pour redonner à la musique dance ses lettres de noblesses. C'est vrai qu'à l'ère du streaming et de TikTok, l'art passe souvent au second plan. Moins flamboyant, même si la voix de l'icône y est véritablement mise en valeur, One Step Away renferme pourtant un message puissant : le dancefloor est un espace de liberté, où on peut panser ses traumas, faire partie d'une communauté, se relier à soi-même. Amen !
9. Love Without Words
Pas de confessions sans dancefloor. Sur Love Without Words, Madonna célèbre la puissance des discothèques quitte à se répéter un peu. Elle met en avant la deuxième famille qu'on peut s'y créer, le refuge que cela peut représenter pour des minorités, et la libération par le corps. "C'est un club, c’est un temple de sueur et d'abandon. Où le rythme remplace la raison et le mouvement. Quand on danse, ça nous fait tourner la tête" scande-t-elle, pour ne vanter qu'un sentiment : l'amour.
8. Bring Your Love
On ne s'attendait pas à un duo entre Madonna et Sabrina Carpenter. Mais après tout, pourquoi pas. Girly et radiophonique, Bring Your Love mêle house et pop, sur une interpolation de Good Life d'Inner City (1988). Les deux popstars balaient les critiques d'un revers de la main et dénoncent cette industrie où les chiffres contrôlent tout. Un passage de relais entre deux générations. Et un petit tube sympathique au passage.
7. I Feel So Free
C'est l'intro parfaite pour cet album pensé comme "un voyage sensoriel". Et c'est Madonna en personne qui nous accueille. "Thanks for coming" glisse-t-elle, avant de briser l'armure sur une mélodie deep house, agrémentée d'un sample de French Kiss de Lil Louis & The World (1989). Un titre hybride et libérateur, qui sonne comme une continuité 20 ans après Future Lovers. Et surtout comme une invitation pour la suite : "Come on, meet me on the dancefloor".
6. Love Sensation
Choisi en tant que nouvel extrait de l'album, le tubesque Love Sensation prend la forme d'une déclaration d'amour à la Get Together. Là encore plus apte à baisser les armes, puisque l'album est né dans une période de deuil, Madonna confesse ici son besoin d'être entourée par celui qu'elle aime dans les moments difficiles. Une tête posée sur l'épaule qui n'empêche pas le beat électro de battre fort au rythme de nos pulsations cardiaques. Pour emmener une nouvelle fois l'auditeur sur le parquet.
5. Read My Lips
Madonna a toujours réussi à se réinventer. Read My Lips est sans doute l'un des morceaux les plus intrigants (et intéressants) de Confessions II, même si les critiques semblent le détester. Co-produit par Tainy, et partagé avec l'artiste colombien Feid, ce son permet à la popstar de faire une incursion dans l'univers latino en intégrant des accords de guitare flamenco à sa rythmique électro, sur un titre incisif où elle règle ses comptes. La fusion des genres est impeccable. Banger !
4. Bizarre
Sur Confessions II, Madonna semble vouloir lier le passé et le présent. Sur Bizarre, elle poursuit sa quête en revisitant son histoire personnelle avec Sean Penn, qu'elle avait déjà abordé avec fracas à l'époque. "Love is the strangest thing" admet-elle, en retraçant leur relation avec des clins d'oeil à la fois intimes et teintés de nostalgie. Pour raconter cette époque, la reine de le pop fait appel au petit génie Martin Garrix, donnant lieu à un hymne dansant et planant, doté d'un pont génial mais un peu frustrant car trop court. Vite, un remix !
3. Good for the Soul
Danser, c'est bien. Ressentir et réfléchir à la vie sur le dancefloor, c'est mieux. Sur ce superbe titre alliant couplets parlés et refrain exaltant, sur un beat électro désinhibant, Madonna philosophe ("Everything begins with consciousness", "Time is a river we cannot unwind") entre deux références astrologiques ("Venus in Taurus, the planets aligned"). Un single évident prouvant l'alchimie folle entre Stuart Price et Madonna, même si on attend un remix pour pousser le curseur encore un peu plus loin et tout donner en club.
2. Fragile
Marquée par la mort de son frère Christopher Ciccone, Madonna aborde ici leur lien avec émotion et une vulnérabilité rare. Oubliez la diva, il y a un coeur qui bat sous l'armure. Sur une production garage, qui rappelle Ray of Light, et quelques battements de coeur, la chanteuse s'adresse à son frère disparu avec des mots simples mais puissants : "We shared a name, a home. We shared a fragile bond. Now you're gone". Clairement, l'un des moments forts de cet album, qui devrait mettre les frissons lors de la prochaine tournée.
1. Danceteria
C'est sans doute le titre préféré des fans. Il faut dire que Danceteria vise dans le mille dès les premières secondes, rappelant tout de suite son classique Vogue. Madonna regarde dans le rétro et revisite ses débuts dans cette discothèque new-yorkaise iconique où sa carrière est née, en citant ses rencontres marquantes, du portier à Jean-Michel Basquiat ou Keith Haring. Et même une référence à son tout premier single Everybody. La boucle est bouclée. "Everybody get up and dance" lâche-t-elle sur le refrain. Message reçu 5 sur 5 !
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