14. Jealous Lover
Troisième piste et première pause de l'album. Mick Jagger utilise son falsetto et ça ne passe pas vraiment... La chanson installe une ambiance soul que l'on croirait tout droit sortie de leurs albums de la fin des années 70, mais ne décolle jamais. Pire, elle ne fait que 3 minutes 49 mais semble durer le double.
13. Side Effects
Les effets secondaires en question, ce sont ceux des substances illicites dont les pierres qui roulent n'ont que trop souvent abusé. "Il y a prix un payer pour tout ce que tu t'es mis dans les veines" y lance un Jagger moralisateur. Ouverte par un riff très mauvais, la chanson tourne rapidement en rond. "Too many side effects", too many répétitions surtout !
12. Divine Intervention
"Walking in the streets of New York city"... On a connu début plus inspiré. C'est normalement proscrit. Comme de commencer un roman en décrivant le temps qu'il fait. Et ça ne va pas en s'améliorant. La prod d'Andrew Watt est trop lisse et fait ressembler le tout à un fond de tiroir de U2. Dommage, c'est sur cette chanson que résonne la guitare de Robert Smith (The Cure), l'un des invités prestigieux de l'album relégué au simple rôle de musicien de studio. Une hérésie !
11. Covered in You
Après la traditionnelle ballade Keithienne, on a du mal à reconnaître la voix de Mick sur les premiers accords de ce titre encore une fois trop classique pour marquer les esprits. Paul McCartney y est crédité pour son jeu de basse. Mais celui-ci est tellement noyé dans le mix qu'il faut tendre l'oreille pour espérer l'entendre...
10. Back in Your Life
Chanson la plus longue de l'album avec six minutes au compteur, Back in Your Life est une power ballad. Ni plus ni moins. Pas mauvaise, pas grandiose non plus. Dans le ventre mou de cet album résolument assez oubliable. On retiendra le solo final de Ronnie Wood, appuyé par quelques cuivres.
9. Mr. Charm
Le Mister Charm du titre ? On pourrait répondre bien évidemment Mick. Mais c'est un leurre puisqu'il s'agit d'une charge contre "le magnat fou Mister Musk". Une charge politique assez rare chez la bande sur ses derniers disques. Musicalement ? Jagger roule des mécaniques et joue avec sa voix sur ce morceau moyennement emballant. Si le refrain est ultra énergique grâce à l'ajout d'une choriste, les couplets sont plus compliqués. Un charme qui n'opère que peu.
8. Some of Us
C'est la chanson interprétée par Keith Richards. Un passage obligé depuis 1969. De sa voix de vieux baroudeur usé par les excès, il chante les émotions amoureuses sur une ballade country-folk émouvante mais musicalement sans surprise. Elle pourra servir à certains de pause bière lors des prochains concerts.
7. Ringing Hollow
C'est LA ballade country de l'album. Avec tous ses apparats : guitare slide, orgue Hammond de Steve Winwood, ambiance désertique et paroles attendues : "Je conduis dans le désert avec de la poussière plein mon visage". Un titre plus intéressant à sa lecture, puisqu'il y est question d'une Amérique à la grandeur révolue sous l'ère Trump. "Lady Liberty n'a pas fière allure quand sa robe est déchirée" y entend-t-on, entre deux allusions à la cocaïne et au fentanyl, cet opioïde qui ravage les Etats-Unis depuis des années.
6. Never Wanna Lose You
On se réveille après quelques titres oubliables. Basse mise en avant, énergie contagieuse, refrain discoïde beta mais qui entre en tête... Que demande le peuple ? Robert Smith est crédité là aussi aux synthés. Mais on se demande s'ils n'ont pas été enlevés au mix final... Autre star présente ? Bruno Mars (oui !) qui joue de la cowbell (oui oui !). On se demande s'il ne s'agit pas d'une hallucination auditive puisqu'on peine à la distinguer. Impossible n'est décidément pas Stonien.
5. In the Stars
C'est le single pop-rock classique des Stones. Ultra attendu, ultra radiophonique mais qui fonctionne du feu de dieu. Parfois, il ne faut pas grand-chose : un riff simple mais accrocheur de Keith, la voix énergique de Mick Jagger et un refrain entêtant pour nous séduire. Simple, basique. On passera plus rapidement sur le clip, où les membres retrouvent leur jeunesse d'antan grâce à une technologie de deepfake. Soi-disant révolutionnaire mais discutable.
4. Beautiful Delilah
Ultime piste et deuxième reprise de Foreign Tongues. Avec Beautiful Delilah, les Rolling Stones rendent un hommage appuyé à leur maître à penser, Chuck Berry. Et bouclent la boucle : en 1963, c'est une reprise du Come On du même Chuck Berry qui leur servait de tout premier 45-tours. Depuis, les musiciens ont connu le succès, peu de défaites, ont laissé quelques membres sur le chemin mais n'ont pas l'intention de raccrocher le micro. Sur cette reprise rugueuse, qui convie l'esprit du Sud des Etats-Unis et Chad Smith des Red Hot Chili Peppers à la discrète batterie, le duo Jagger - Richards fait encore des merveilles. C'est là qu'ils sont les meilleurs.
3. You Know I'm No Good
Sur le papier, c'était l'erreur de casting. Quel intérêt de placer la reprise de cet énorme tube au milieu du disque ? Mais il ne faut pas toujours juger le disque à sa pochette - aussi hideuse soit-elle. La bande transforme le hit d'Amy Winehouse en mid-tempo Stonien qui rappelle parfois Miss You, garni de quelques envolées de cuivres et d'un solo d'harmonica bien senti. Certes, il est difficile de rivaliser avec la puissance vocale d'Amy, mais Jagger en propose une relecture finalement très réussie.
2. Rough and Twisted
Premier single dévoilé via une stratégie marketing bien huilée (un vinyle vendu à quelques exemplaires sous un faux nom), Rough and Twisted ouvre Foreign Tongues sur un hommage des Stones au blues qui les a tant influencés à leurs débuts. Porté par l'association riff bluesy et harmonica, le duo Jagger - Richards fait toujours autant fureur. Certes, c'est plutôt classique, mais sortir un titre aussi brut de décoffrage à 80 ans passés, et après 60 ans de carrière, ce n'est pas donné à tout le monde.
1. Hit Me in the Head
Surprise, un titre punk ! Quatre décennies après Some Girls, les Rolling Stones s'y replongent le temps d'un titre court mais électrisant. Entre une référence à Elvis Presley, un clin d'oeil au riff culte de Can't You Hear Me Knocking et la présence à titre posthume de Charlie Watts, le groupe livre une proposition ultra nerveuse et fougueuse. Ça fait longtemps qu'on n'avait pas entendu les Stones aussi énergiques et ça fait un bien fou !
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