Sa dernière apparition sera le 16 décembre sur grand écran. Patrick Stewart est mort ce jeudi 29 octobre à l'âge de 86 ans. L'acteur britannique était atteint de la maladie d'Alzheimer et de la maladie à corps de Lewy. D'Ian McKellen à Hugh Jackman en passant par le réalisateur James Mangold, tous ceux qui ont partagé l'affiche avec lui sont aujourd'hui en deuil.
"Nous avons perdu l'un des grands de la scène et de l'écran. Et, à mes yeux, un ami et un homme formidable. J'ai tant appris de lui" écrit avec émotion l'interprète de Wolverine.
Car s'il a commencé sa carrière au théâtre et brillé comme acteur shakespearien durant des décennies, c'est plutôt pour des grandes franchises que Patrick Stewart a accédé à la notoriété. En interprétant tout d'abord le capitaine Jean-Luc Picard dans l'univers Star Trek, pendant 36 ans à travers deux séries, quatre films et dix jeux vidéos.
Mais surtout, il restera pour le public le professeur Charles Xavier des X-Men dans sept films entre 2000 et 2022. Un rôle qu'il venait de reprendre pour Avengers : Doomsday, qui sortira le 16 décembre au cinéma. Marvel a publié un communiqué pour réagir à son départ : "Il était un talent unique, un collaborateur généreux et un véritable gentleman".
Mais ce serait trop simple de résumer Patrick Stewart à ces deux films : tout au cours de ses 60 ans de carrière, le comédien a brillé dans les films d'aventure Excalibur et Dune (première version réalisé par David Lynch) et a prêté sa voix à plusieurs œuvres animées comme Le Prince d'Egypte, L'Âge de Glace 4 ou encore Jimmy Neutron, un garçon génial.
Il y a pourtant un rôle, totalement barré, que tout le monde a oublié : celui de Darcy dans Green Room. Ça ne vous dit rien ? Pourtant, ce film d'horreur sorti en 2016 et réalisé par le frenchy Jeremy Saulnier avait secoué les spectateurs et a même été sélectionné pour la prestigieuse "Quinzaine des réalisateurs" du Festival de Cannes.
L'histoire de Green Room ? Celle d'un groupe de punk qui, lors d'un concert au fin fond de l'Oregon, se retrouve menacé par des skinheads après avoir découvert un cadavre dans les coulisses. Menés par Pat (Anton Yelchin) et Amber (Imogen Poots), les musiciens doivent alors lutter pour leur survie. Cruel mais un vrai ride de cinéma horrifique.
Le personnage de Patrick Stewart dans ce film ? Darcy Banker, le propriétaire du bar où se déroule le concert et, accessoirement, le chef des skinheads suprémacistes blancs. Un rôle totalement à contre emploi pour le comédien !
Ce n’est pas la première fois que j’incarne un "méchant", mais la tonalité particulière de Darcy Banker m’a tout de suite attiré. Il se dégageait de lui quelque chose de pragmatique, de concret, de logique et de rationnel. Une forme de calme extraordinaire — compte tenu de la situation critique dans laquelle se trouvait son entreprise — que j’ai trouvée très séduisante et intéressante (Vice)
Patrick Stewart révélait d'ailleurs qu'à la lecture du scénario, il était tellement effrayé qu'il a vérifié si l'alarme de sa maison était bel et bien en route !
C’est très bon signe. J’ai terminé la lecture du scénario — en appréciant tout particulièrement le verre de whisky que je tenais à la main — alors que, au fil du récit, le malaise se transformait en peur, et la peur en terreur, puis en horreur. J’étais totalement captivé. Je me suis dit que si, dans de telles conditions, je pouvais être à ce point ému et impliqué par des mots couchés sur le papier, alors le film qui en résulterait pourrait bien être quelque chose d’exceptionnel — ce qui, à mon avis, s’est avéré être le cas. (Vice)
Preuve que l'idée a fonctionné sur lui... comme elle devrait fonctionner sur tous les spectateurs qui devraient frissonner ce petit bijou trop méconnu du cinéma d'horreur. Pour les plus curieux, sachez que Green Room est disponible en streaming sur Amazon Prime Video et Apple TV+.