Alan Grant n'est plus. Sam Neill est mort ce lundi en Australie à l'âge de 78 ans. Selon un communiqué partagé par sa famille, le décès de l'acteur néo-zélandais serait "soudain et inattendu" : "Sam était entouré de ses proches et s'est éteint avec la dignité qui a caractérisé toute sa vie. (…) [Son décès] a été adouci par le fait que Sam était resté en rémission". En avril dernier, le comédien avait annoncé être en rémission d'un cancer du sang.
D'origine néo-zélandaise mais né en Irlande du Nord en 1947, Sam Neill a vu sa carrière exploser en 1979 avec Ma brillante carrière puis deux ans plus tard dans le film d'horreur Possession d'd'Andrzej Żuławski où il tient le premier rôle aux côtés d'Isabelle Adjani.
Pressenti pour jouer James Bond à la fin des années 80, avant de voir Timothy Dalton obtenir le rôle, Sam Neill accède à la gloire absolue en 1993 grâce à deux énormes succès : la Palme d'or La leçon de piano de Jane Campion et surtout Jurassic Park.
En incarnant le paléontologue Alan Grant dans le film de Steven Spielberg, l'acteur trouve là son rôle signature, qu'il reprendra en 2001 dans un troisième volet oubliable puis en 2022 dans Jurassic World : Le Monde d'après. Malgré une soixantaine de rôles au cinéma et à la télé, dont Peaky Blinders, Sam Neill restera à jamais indissociable de son personnage dans la franchise jurassique de Spielberg, qui a révolutionné le milieu des effets spéciaux.
C'est pourtant oublier que le comédien néo-zélandais a marqué les cinéphiles avertis, notamment avec ce petit film devenu culte : L'antre de la folie.
Réalisé par le génial John Carpenter (Halloween, Fog, New York 1997) en 1994, le film raconte l'histoire de John Trent (Sam Neill), un enquêteur d'assurance qui part sur les traces de Sutton Crane, un auteur de best-sellers d'épouvante, qui a mystérieusement disparu et dont les romans semblent avoir un pouvoir de fascination extrême sur les lecteurs. Mais très vite, Trent va se retrouver embarqué en plein cauchemar, entre réalité et fiction, rêve et cauchemar, paradis et enfer. L'antre de la folie en somme.
Vous avez frissonné ces dernières semaines au cinéma devant Obsession, Backrooms ou Evil Dead : Burn ? Ce n'est rien à côté de L'antre de la folie qui distille une angoisse purement carpentierienne, entre ambiance pesante, figures monstrueuses traumatisantes et thématique nihiliste. Le tout jusqu'à un final littéralement apocalyptique, en forme de mise en abyme, devenu culte.
Comme d'habitude avec John Carpenter, le film a été un véritable échec commercial à sa sortie. Mais il a ses défenseurs : les très respectables Cahiers du cinéma l'ont classé 10ème meilleur film de 1995 aux côtés des derniers Chabrol, Eastwood ou Almodovar. Au fil des années, L'antre de la folie a été réhabilité par le public et s'affirme aujourd'hui comme un des classiques méconnus mais indispensables de John Carpenter, alias le "maître de l'horreur".
En 2015, Sam Neill se confiait sur son lien avec John Carpenter, avec qui il a tourné également Les aventures de l'homme invisible (1992) : "On s'est très bien entendus. Il y a quelque chose de particulier chez les personnes qui font des films d'horreur et des films plutôt violent. Ce sont toujours les gens les plus gentils, les plus réservés que vous pouvez rencontrer. John est un peu comme ça. C'est la dernière personne à laquelle vous pouvez vous attendre quand on vous parle du maître de l'horreur".
L'occasion parfaite de le revoir dans une partition inquiétante, à mille lieux du paléontologue bougon de Jurassic Park. Pour ceux qui ont envie de revoir un des films méconnus mais essentiels de la carrière du comédien, il est disponible en streaming sur Apple TV ou à l'achat en DVD et Blu-Ray.
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