Après Mother Mary, Le Diable s'habille en Prada 2, L'Odyssée et La Fin d'Oak Street, Anne Hathaway est à l'affiche d'un cinquième film cette année. Depuis le 30 septembre 2026, la comédienne est au casting de Verity, une adaptation du roman éponyme de Colleen Hoover à qui l'on doit des livres comme Jamais plus, Too late ou Cœur et âme.
Thriller psychologique, l'histoire suit Lowen Ashleigh (Dakota Johnson), une écrivaine en difficulté, qui accepte de devenir la prête-plume de Verity Crawford (Anne Hathaway), une célèbre autrice devenue incapable d'achever sa série après un mystérieux accident. Installée dans la demeure familiale, Lowen découvre un manuscrit contenant des révélations terrifiantes sur Verity et son mari Jeremy (Josh Hartnett), au point de ne plus savoir où s'arrête la fiction et où commence la réalité.
Souvent comparé à La Femme de Ménage, Verity semble bien parti pour connaître également un joli succès en salles avec déjà plus de 62 millions de dollars de recettes récoltés au box-office. Un BO que le film a d'ailleurs dominé lors de son premier week-end aux USA, loin devant le retour de Tom Cruise avec Digger.
Cependant, si ce film fonctionne en salles, il a encore du mal à convaincre tout le monde de ses qualités. Sur Rotten Tomatoes, la presse ne lui attribue qu'une note moyenne de 33%, tandis que les premiers spectateurs font grimper cette note à seulement 70%. On est donc loin du plébiscite du The Housemaid qui avait récolté les notes de 74% (presse) et 92% (public) lors de sa sortie en salles l'an dernier.
Une déception pour le réalisateur Michael Showalter, mais une situation finalement peu surprenante quand on en connait les coulisses. Auprès de Variety, le cinéaste a confessé qu'il avait initialement prévu une fin complètement différente. "On a essayé une centaine de millions de façons différentes de conclure ce film, a-t-il admis. Trouver comment conclure ce film a été le plus gros défi du projet et la dernière chose que l'on a faite".
Dans le film, on apprend que Verity aurait été jalouse de la complicité de Jeremy avec leurs enfants et aurait donc tenté de s'en débarrasser dans le lac en organisant un accident, avant de simuler sa paralysie et son mutisme. C'est en découvrant cela que Jeremy finit par craquer et étrangle Verity, avec la complicité de Lowen, tombée sous son charme.
Finalement, au terme d'un saut dans le temps de six mois, Lowen (enceinte) découvre une lettre qui sous-entend que le manuscrit à l'origine de cette histoire n'aurait été qu'un exercice de style (elle n'aurait donc pas vraiment causé la mort de l'un de ses enfants), mais que Jeremy aurait déjà tenté de la tuer en découvrant ce texte. C'est ce qui expliquerait son mensonge vis-à-vis de son état.
Résultat, Lowen finit dans le flou, incapable de savoir la vérité sur toute cette histoire.
Une fin remplie de twists, mais qui aurait pu être complètement différente. Ou tout du moins, connaître deux autres rebondissements qui auraient tout changé. C'est ce qu'a révélé Michael Showalter en détaillant sa conclusion initiale pour ce thriller.
Il y a deux autres choses très importantes qui avaient été imaginées pour conclure le film. Dans une version, Lowen, lors de la scène de la voiture, dit : "Je ne sais plus qui croire. Une chose est sûre : Verity était une manipulatrice hors pair." Puis elle met des lunettes de soleil, se penche en arrière, prend un air de chat tenant une souris dans sa gueule, passe la main par la fenêtre et, tandis qu'ils s'éloignent sur une musique, elle fait des vagues avec sa main. L'idée est donc de dire que Lowen est la grande méchante. Et puis, on revient à Verity qui coule dans le lac et ouvre les yeux.
Cependant, malgré toutes les réécritures orchestrées pour garder cet état des choses, "Verity toujours en vie et Lowen dépeinte comme le phœnix noir", cette fin n'a finalement pas été gardée. A son grand regret : "On avait ce moment incroyable où l'on se disait, 'Bon sang ! Lowen était le cerveau de l’opération depuis le début ?' C’était la fin qu’on avait toujours imaginée, celle qu’on avait prévue."
La raison d'un tel retournement ? Les avis du public. Comme c'est souvent le cas à Hollywood, les films sont testés auprès d'un petit groupe durant la phase de post-production afin de savoir ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, ce qui doit être changé au montage… Et visiblement, les spectateurs n'auraient pas été convaincus par cette idée narrative.
Souvent, lorsqu'on projette un film devant des groupes et qu'on recueille des avis, les retours sont vagues. C'est du genre : "Je n'ai pas aimé la fin", sans vraiment savoir pourquoi. Or, ici, on a compris ce qui ne plaisait pas : c'est parce qu'ils voulaient que Lowen reste dans l'incertitude à la fin du film. Il nous a fallu beaucoup de temps pour comprendre que le public n’était pas prêt à prendre la décision que Lowen prenait à la fin du film. Lowen avait ce moment où elle mettait ses lunettes de soleil et disait : 'Je m’en fiche', mais le public n’était pas prêt à la suivre. Le public voulait qu’elle se dise : 'Mais qu’est-ce que j’ai fait ?' On a réalisé que le public, c’était Lowen, et qu’il n’était pas prêt à mettre ses lunettes.
Alors, le public avait-il raison de faire changer cette fin ? Au regard du box-office, on est tenté de répondre 'oui'. Mais au regard des notes décevantes ou moyennes, on pencherait plutôt pour 'non'...