Le réalisateur d'It Follows aux commandes d'un film de dinos produit par J.J. Abrams ? J'étais déjà hypé sur le papier mais après avoir visionné La Fin d'Oak Street en avant-première, je peux vous le certifier : préparez les seaux de popcorn, le divertissement le plus inattendu de l'été débarque ce mercredi 12 août au cinéma.
Tout commence à Oak Street, dans un quartier résidentiel fictif de l'Amérique. La fête entre voisins bat son plein, les barbecues sont de sortie mais le sourire de la famille Platt est quelque peu figé : Denise (Anne Hathaway) et Greg (Ewan McGregor), les parents de Brian (Christian Convery) et Audrey (Maisy Stella), ne cessent de se disputer. L'idée d'un divorce fait son chemin mais devant les enfants, il faut faire bonne figure. Chacun cache ses petits secrets et on sent le point de bascule arriver... jusqu'à ce qu'un événement étrange ne fasse basculer le destin de la famille : le quartier entier est soudainement transporté dans un lieu inconnu, à une autre époque.
Alors que le récit s'inspire en partie de la trilogie Footprints of Thunder de l'écrivain James David Foster, La Fin d'Oak Street a, à l'origine, été pitché comme un nouveau volet de la saga Cloverfield initiée par J. J. Abrams, avant que les droits d'exploitation du projet ne passe sous la houlette de Warner Bros. On y retrouve donc des ingrédients similaires : un peu de science-fiction, des héros ordinaires qui passent en mode survie, un sentiment d'immersion et de menace oppressante et, surtout, des monstres : en l'occurrence, des dinosaures affamés.
Vous auriez tort de voir dans La Fin d'Oak Street une copie de Jurassic Park, même si certains parallèles avec les productions de papa Spielberg sont évidents. Il y a cette nostalgie qui plane dans l'air puisque le film se passe en 1982, cette configuration adultes-enfants (enfin ici, ce sont des ados), ces plans rétro à la demi-bonnette et les dinos bien sûr, mais ça s'arrête là. Croyez-moi sur parole : La Fin d'Oak Street est plus sauvage et graphique que n'importe quelle séquence de Jurassic Park.
Sans rien spoiler, il y a des séquences où je me suis retrouvé en apnée totale comme si j'étais moi-même aux prises avec une créature préhistorique là où d'autres m'ont tout simplement décroché la mâchoire, sous le choc. On n'est pas vraiment dans un film familial, même si ce thème est central.
© Warner
Point qui fera d'ailleurs plaisir aux puristes de la science paléontologique : comme le veut le consensus général actuel, les dinos de La Fin d'Oak Street possèdent des plumes et un comportement similaire aux oiseaux, qui descendent des théropodes. Une vision plus réaliste qui différencie le long-métrage des récents Jurassic World.
En 1h40 chrono, le réalisateur David Robert Mitchell réussit le pari de nous faire frissonner, rire (je veux le même polaroïd accroché à mon mur) et nous émouvoir sans jamais nous ennuyer. Le contexte est vite posé, la machine s'emballe à toute allure (parfois au détriment de la cohérence) mais on s'attache à ces personnages plongés dans la jungle. En mère prête à tout pour sauver ses enfants, Anne Hathaway est comme toujours formidable et j'ai apprécié le lien sous-jacent entre Audrey et une nouvelle voisine prénommée Jeannette - suggéré sans être appuyé.
En résulte un blockbuster bien dosé, qui ne prétendra pas au titre de film de l'année mais assume totalement sa volonté de nous procurer des sensations fortes. Ça fait bien longtemps que je n'avais pas vu un film de dinos au cinéma - à l'exception de la franchise Jurassic ou des Godzilla vs Kong, et j'ai pris un plaisir non feint. Foncez en salles pour vous faire votre propre idée !