Kawaii. Un mot qui signifie "adorable" mais est devenu à lui seul une caricature bien trop facile, par leurs européens, de l’imaginaire japonais. Forcément “mignon”, avec ses énormes chats, son rose pétant, sa nourriture “fluffy” à souhait, et toutes ces sortes de choses.
Mais n’est-ce pas hyper réducteur d’envisager ainsi ce qui, plus qu’une trend esthétique, s’apparente à une véritable philosophie de vie ? Voire même un acte politique quand tout dans la société actuelle tend vers le terne, le gris et le morose.
Une expo inédite, à Lens, s’exerce précisément à casser nos clichés et à défendre cette "hot take" : elle s’intitule Trop mignon ! L’art du bonheur. Et attribue au Kawaii une signification hyper actuelle et stimulante.
300 œuvres, des visionnaires japonais au binôme français Pierre & Gilles.
La rétro qui prend place actuellement au Musée du Louvre de Lens s’accorde à déployer mille et une nuances du “kawaii”. Qui sera tour à tour synonyme de kitsch, de mignonnerie, d’art naïf, de couleurs flashy, comme si le “kawaii” désignait beaucoup trop de courants artistiques à la fois. Qu’il pouvait se retrouver dans l’art contemporain de Jeff Koons, adepte du rococo provoc', les œuvres des sculpteurs japonais, le pop art, comme dans les animés qu'on sur streame tous les jours.
Surtout, ce mot qui s’avère protéiforme, adaptable à tous les siècles, est perçu dans ces galeries comme… une forme de résistance. Le kawaii vient s’opposer à la résignation, au refus des couleurs et donc de la joie, de l’exubérance, de la singularité. Quelque part, le kawaii peut tout aussi bien se retrouver dans les tenues de la diva Lady Gaga, qui a toujours puisé dans les créations japonaises tout au long de la carrière, comme celles du grand styliste Noritaka Tatehana.
Le kawaii est donc un motif qui peut prendre mille formes à la fois. Le replacer dans l’histoire de l’art, c’est aussi l’intention de cette expo hexagonale. Qui marque par son éclectisme et sa diversité. Le kawaii pourrait bien devenir votre credo, surtout quand, imposant le rose comme tonalité chromatique majeure, il vient également renverser les stéréotypes de genre. Une révolution très moderne, en un sens.