Et le fail de l'année est attribué à... la France. Il y a quelques jours, afin de nous faire oublier le manque d'anticipation dans les infrastructures face au dérèglement climatique, l'inflation toujours plus oppressante ou encore la hausse inquiétante du chômage, Emmanuel Macron a tenté un coup de poker.
Sur ses réseaux sociaux, le président a annoncé que l'Arabie saoudite était sur le point d'investir près de 6 milliards d'euros dans la création de trois parcs d'attractions à thème du côté de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise). Et même si Macron n'avait cité aucune licence, ses proches et Valérie Pécresse (présidente de la région Ile-de-France) avaient vite sous-entendu que l'un de ces parcs serait dédié à Dragon Ball.
Le problème ? Ces belles paroles pourraient rester en l'air très longtemps. Premièrement, Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien, à l'origine de ce supposé investissement, n'aurait pas apprécié la communication de la France sur ce projet.
A priori, les Saoudiens n'auraient pas l'intention de tout payer de leur poche. Certes, ils seraient prêts à investir dans un tel divertissement, mais ils compteraient sur le gouvernement Macron pour sortir également son chéquier. Autant dire que les relations entre les deux parties sont plus tendues que jamais aujourd'hui.
Deuxièmement ? Les ayants droit associés à la licence Dragon Ball assurent à leur tour qu'ils ne sont pas au courant d'un tel projet. Et donc, qu'ils n'ont donné aucun accord pour ce parc. C'est ce que la Toei Animation vient d'annoncer dans un communiqué cinglant.
"Récemment, certains médias ont rapporté qu'un parc d'attractions Dragon Ball serait en projet en France. Cependant, Toei Animation Co., Ltd. (siège social : Nakano-ku, Tokyo ; président-directeur général : Katsuhiro Takagi) et les détenteurs des droits n'ont accordé aucune autorisation à ce sujet, et nous n'avons connaissance d'aucun fait de ce type."
La Toei n'est pas contre l'idée et est même déjà associée à Qiddiya Investment Company, mais l'entreprise assure que le seul projet de parc Dragon Ball prévu à ce jour est celui annoncé en Arabie Saoudite.
"Par ailleurs, toutes les images et vidéos conceptuelles du parc à thème utilisées dans ces rapports proviennent d'une annonce conjointe de Qiddiya Investment Company (Arabie saoudite) et de notre société, datée du 22 mars 2024. Elles concernent le parc à thème dont la construction est prévue à Qiddiya City, en Arabie saoudite. Ces images et vidéos n'ont aucun lien avec les rapports en question."
Vous l'aurez compris, la possibilité de faire des montagnes russes dans des wagons en forme de Kinto-un ou d'assister à des combats de Sayans en VR/4DX façon Futuroscope vient de grandement s'éloigner. Une clim gigantesque appréciable en cette période de canicule, mais qui a de quoi embarrasser grandement le gouvernement.
Précisons tout de même que cette histoire ne signifie pas qu'un parc d'attractions n'ouvrira jamais ses portes du côté de Cergy-Pontoise. Simplement, les licences pourraient être bien différentes de celles imaginées. En attendant, si vous souhaitez vous amuser avec les mangas, rendez-vous chez Spirou avec son land consacré à Naruto.