Alors que L'Homme qui rit est actuellement au cinéma, les deux jeunes acteurs Christa Théret et Marc-André Grondin, qui incarnent respectivement Déa et Gwynplaine ont accepté de nous rencontrer pour une interview inoubliable. Entre petites blagues, chamailleries et autres plaisanteries, les deux stars du film se révèle

Alors que L'Homme qui rit est actuellement au cinéma, les deux jeunes acteurs Christa Théret et Marc-André Grondin, qui incarnent respectivement Déa et Gwynplaine, ont accepté de nous rencontrer pour une interview pleine de bonne humeur. Entre petites blagues, chamailleries et autres plaisanteries, les deux stars du film se révèlent très attachantes et surtout très sympathiques. Christa et Marc-André se livrent ainsi sur le film, leurs rôles et leur partenaire Gérard Depardieu.

Petit jeu avant de commencer : Si vous ne pouviez utiliser que 5 mots pour décrire vos personnages, quels seraient-ils ?
Christa Théret : Je dirais : Opportuniste, sexy, avare...
Marc-André : Quoi ?
C.T : Non je rigole (rire)
M-A : Ça c'est "Renoir" (rire) (NDLR : Prochain film de Christa)
C.T : Pureté, cessité, amour, beauté mais dans le sens où elle voit la beauté, Gwynplaine.
M-A : Naïveté, indigné, cessité... oui je reprends les mêmes mots en fait (rire), douleur...
C.T : Impuissance...
M-A : Reconnaissance.

Qu'est-ce qui vous a poussé à faire ce film ? Le scénario, le réalisateur, l'histoire d'amour ?
C.T : Moi c'est au niveau de l'argent !
M-A : Haa, j'allais faire la blague mais je me suis retenu, je me suis dit que c'était trop facile.
C.T : Ce qui m'a poussé à faire ce film c'est le scénario. Le fait que ce soit adapté d'un roman de Victor Hugo alors qu'avant j'ai plus joué dans des films d'aujourd'hui. Donc ça me faisait plaisir, notamment quand on dit des phrases comme : "Mais qu'est-ce que ça veut dire être laid ? C'est faire le mal. Toi tu me fais du bien" on prend du plaisir à dire ça. Il y a aussi ce que le film/livre dénonçait, qui est finalement très moderne et où je me reconnaissais totalement. Et puis le fait que Déa soit aveugle, c'était un challenge. J'avais vu "Les Lumières de la ville" de Chaplin, que j'ai revu pour le film, et j'ai toujours trouvé que les rôles d'aveugles avaient un côté très touchants et ce n'était pas forcément très facile à faire. Tout ça a participé au fait que je sois particulièrement émue par le scénario.
M-A : C'est juste très difficile de refuser une offre comme ça. On t'offre la possibilité de jouer Gwynplaine dans L'Homme qui rit avec le casting qu'il y a... c'est un gros projet intéressant qui arrive rarement. En lisant le scénario, l'histoire d'amour m'a évidemment aussi touché, on aime toujours les histoires d'amour tragiques. Puis le personnage est très intéressant avec cette sorte de dualité en lui, ce côté indigné mais en même temps cette quête, ce besoin de reconnaissance. Enfin, toute la trame politique y est très intéressante et c'est surtout surprenant de voir à quel point un truc écrit au 19ème a autant d'échos aujourd'hui. T'as l'impression que ça aurait pu être écrit ou dit la semaine dernière à Madrid.

C'est d'ailleurs le point fort du film, puisque ce n'est ni un film d'époque ni un film fantastique malgré ses petites touches. Par conséquent, comme le décririez-vous ?
Christa et Marc-André : C'est un conte.
C.T : Un conte politique et romantique.
M-A : C'est un conte de Jean-Pierre Améris (NDLR : le réalisateur du film) avec sa façon dont il a vu l'histoire quand il avait 15-16 ans. On parle quand même d'un livre de plus de 750 pages, hyper lourd, hyper noir, hyper déprimant. Lui a toujours voulu voir cette histoire de façon beaucoup plus légère. C'est d'ailleurs ce qui fait qu'au final les jeunes aiment bien le film, puisqu'ils ne se tapent pas un Victor Hugo trop lourd. Et y a tout de même les points importants qui sont là, au niveau politique, romantique et social, mais dans un format qui est très accessible. D'après les avant-premières en Province, cela donne aux jeunes envie de lire le livre. Ça tombe bien, parce que je crois qu'en plus ils sont obligés de le lire à l'école (rire).

Et justement, vous avez lu le livre pour préparer vos personnages ?
C.T : Jean-Pierre m'a passé une version plus simplifiée, qui doit faire 200 pages avec vraiment les principales péripéties. J'avais acheté le livre et il y a beaucoup de digressions politiques, historiques.... Jean-Pierre me disait que c'était l'un des premiers écrivains, si ce n'est le premier chez les français, à mettre en scène la beauté chez les monstres et chez les pauvres et c'est très fort.
M-A : Non je n'ai pas lu le livre même si je le connaissais de nom, je sais que le Joker de Batman a été inspiré de ça. J'ai juste voulu me concentrer sur la vision de Jean-Pierre, c'était son adaptation. Ça m'est déjà arrivé dans le passé de lire un scénario et de lire le livre par la suite, pour au final me dire "J'aurais pas fait ça comme ça, j'aurais peut-être gardé tel truc..." Et là sachant que c'était sa vision des choses, je ne voulais pas lire le livre et bousiller un peu ce que lui essayait de faire.

Vous nous parliez d'une histoire d'amour, avec la conclusion que l'on connaît, et forcément on ne peut s'empêcher de faire un rapprochement avec celle de Roméo et Juliette. Cette comparaison inévitable n'était pas trop difficile à mettre de côté ?
C.T : Avec qui ?
M-A : Jamais entendu parler. Non mais oui, même-moi en lisant le scénario j'y ai un peu pensé, même si c'est vrai que Roméo et Juliette c'est un peu plus frustrant comme fin puisque c'est basée sur un malentendu (rire).

(Attention spoiler sur le film)

C.T : Ah mais L'Homme qui rit aussi c'est basé sur un malentendu. Déa pense que Gwynplaine est mort, du coup elle a pris de l'arsenic.
M-A : Elle pense pas qu'il est mort, elle l'a vu b*iser.
C.T : Ah oui... Mais c'est un malentendu...
M-A : Enfin elle l'a pas vu, mais elle l'a entendu... Et puis c'est pas un malentendu puisqu'il est réellement en train de se taper la Duchesse et lui dire 'Je t'aime'.
C.T : Oui mais au final c'est un malentendu parce que lui revient après pour l'aimer.
M-A : Oui mais il est trop tard, il l'a trompé genre à maintes reprises.
C.T : Oui mais si elle n'avait pas pris l'arsenic...
M-A : Ah ba oui mais elle est un peu mélo Déa. Excuse-moi, mais bon si tu vois ton mec te tromper et que le premier truc que tu fais c'est prendre de l'arsenic et *clac*... C'est un peu intense...
C.T : C'est plus compliqué que ça.
M-A : Mais après heureusement qu'il y a ça, car ça rend le truc plus tragique.
C.T : Oui on n'est pas souvent d'accord vous voyez.
M-A : Mais c'est une comparaison très normale, je crois même que Victor Hugo était un grand fan de Shakespeare... (Il s'arrête et se moque de la respiration de Christa) Tu respires comme un poussin ! Un petit chaton (rire)
C.T : ça m'arrive souvent (rire)

Adapter une oeuvre de Victor Hugo nous promet de magnifiques répliques. Quelles sont vos préférées dans ce film ?
C.T : J'aime beaucoup cette réplique où Gwynplaine dit à Déa : "Mais tu ne m'aimerais pas si tu voyais à quel point je suis laid." et elle lui répond : "Mais qu'est-ce que ça veut dire être laid. C'est faire le mal. Toi tu me fais du bien."
M-A : Ah je savais pas que c'était celle-là.
C.T : Tu pensais que c'était laquelle ? "Vivre sans Gwynplaine c'est comme être enterrée vivante" ? Tut tut tut.
M-A : Moi y en a une que j'aime bien c'est : "L'enfer des pauvres est fait du paradis des riches." Je trouve ça très bien dit et très fort.

Et alors que l'on parle beaucoup de Gérard Depardieu pour sa vie personnelle, on va cette fois-ci s'intéresser à son côté acteur. Qu'est-ce que ça fait de jouer avec un monstre du cinéma comme lui ?
C.T : Forcément j'appréhendais beaucoup le moment où j'allais le rencontrer, j'étais très impressionnée. Mais c'est quelqu'un de tellement à part. Je dis souvent que c'est quelqu'un de simple, de généreux, de très humain... mais ce n'est même pas ça, il est au-delà. C'est quelqu'un qui peut être très grossier, très provocateur mais qui en même temps est dans une espèce de grâce. Et concernant cette affaire, même si je n'ai rien à penser et même à dire, pour moi en fait je ne trouve pas de cohérence avec l'homme que j'ai vu sur le plateau. Il va manger à la cantine, il va voir les techniciens, il fait des blagues de cul... Quand je lui parlais de "Buffet froid" de Blier (NDLR film de 1979) il se mettait à me réciter l'une des scènes complètement par coeur, ce qui est juste énorme. Et puis ensuite il va se mettre à dire du Corneille, puis après une femme va passer et il va faire Pouet Pouet en lui pinçant les seins... Donc je sais pas. Il flotte, il n'est pas sur terre. C'est difficile de le décrire. Il y a quelque chose qui l'emporte. Mais en tout cas, jouer avec lui c'est énorme. Je sais qu'il me faisait rire jusqu'à "Action" et après il a ce truc, cette telle énergie, cette aura... C'est comme un ouragan, il vous prend avec lui dans le sens où on ne joue pas avec lui, on l'écoute et on lui répond. Je me laissais prendre par ce qu'il disait sans visualiser le texte.
M-A : Je ne sais pas, elle est parti sur un truc je sais pas quoi rajouter (rire). Moi je le connaissais déjà, j'avais travaillé avec lui il y a 3-4 ans.
C.T : Pourquoi tu mens ? Tu dis tout le temps ça, c'est pas vrai (rire).
M-A : "Il est où ce film ? Il est où ce film ?"
C.T : Tu pourrais vraiment dire ça, personne n'irait vérifier.
M-A : C'est vrai en plus ! Je devrais faire ça... "J'ai fait ce film avec Jack Nicholson. Une petite co-production Française/Burkino Faso" Non en vrai j'ai bossé avec lui il y a 3-4 ans, sur un film qui existe, qui n'a pas très bien marché mais qui existe, donc je le connaissais. Je savais déjà comment il était et à quoi m'attendre. Il prend beaucoup de place. Je le décris comme un gamin de 12 ans hyperactif. il faut toujours qu'il soit occupé par quelque chose sinon il s'emmerde. Il se plaint tout le temps et c'est ça qui est drôle. Je crois que même si tout se passait exactement comme il le voudrait, il se plaindrait quand même, parce que ça fait partie du jeu, il fait rire tout le monde en se plaignant et ça le fait rire. Il est toujours là à faire "Oooooh c'est looong. Hoooooo."
C.T : Ouè il fait tout le temps ça "Ohlala..."
M-A : Si tu peux te concentrer y a pas de problèmes, si t'as des difficultés...
C.T : C'est mort ! Soit on prend le pli soit... Mais moi qui suit angoissée avant les prises puisque je fais ça depuis moins longtemps que Marc-André, j'ai moins d'expérience et peut-être que je serais toujours angoissée, je sais que le tournage de L'Homme qui rit a été le tournage le plus serein que j'ai fait. Comme il est là, il dédramatise, il fait tomber l'enjeu. Avec lui on sent l'absurdité des choses. Y a un poids qui tombe et du coup on prend du plaisir.
M-A : Moi juste en terminant...
C.T : Non c'est moi qui aimerait terminer l'interview, excuse-moi, j'aime bien finir sur la dernière phrase (rire).
M-A : Je veux juste dire que son discours à Christa est beau, mais en fait, toute cette sécurité, ce confort, cette sérénité, ce calme sur le plateau... c'est juste parce qu'elle me retrouvait tous les soirs finalement (rire).

Merci encore une fois à Christa et Marc-André pour leurs gentillesses et cet agréable moment. Et si vous n'avez pas encore été voir L'Homme qui rit au cinéma, n'hésitez plus et laissez-vous succomber par le charme de ce magnifique conte !

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