La pierre philosophale.
Cette invention scientifique qui ferait éclore de l’or en grande quantité, mais garantirait également l’immortalité (rien que ça !), a toujours fasciné l’humanité. Et le plus grand best seller de la littérature jeunesse l’a carrément intégré au titre de son premier opus littéraire. Car Harry Potter à l’école des sorciers, sorti il y a quasi 30 ans déjà, est bel et bien sous-titré "and the philosopher's stone" dans la langue de Shakespeare.
C’est ce talisman synonyme de richesse abondante produite “comme par magie” à partir de n’importe quel métal, inventée par l’alchimiste Nicolas Flamel et son épouse Pernelle au Moyen Age, qui obnubile les jeunes héros imaginés par J.K. Rowling, au gré des couloirs de Poudlard. Sauf que voilà, la romancière britannique a implanté dans la tête de millions de lecteurs… Des croyances complètement erronées et farfelues. Car si Flamel a bel et bien existé, son lien avec la pierre philosophale est beaucoup moins évident, voir purement fictif.
Et s’il était grand temps de débunker ce mythe ?
Nicolas Flamel. On n'a jamais oublié ce nom énigmatique, au cœur du premier opus de l’apprenti sorcier, bien avant que l’étudiant ne pénètre dans la chambre des secrets. Flamel est censé être un alchimiste médiéval qui aurait découvert la recette de l’or à volonté.
Seulement voilà, ce que raconte J.K. Rowling est faux. L’imaginaire sur lequel brode l’autrice est aussi réel que les trolls, celui dont on ne doit pas prononcer le nom, Mimi Geignarde et le capital sympathie de Severus Rogue.
De plus en plus de voix s’élèvent d’ailleurs ces dernières années pour briser ce qui ressemble à une énorme mystification collective. Un gros fantasme que débunk Slate. Oui, Flamel a existé, les historiens ne le nieront jamais. Mais son récit est bien moins fantasmagorique qu'on ne pourrait le croire. A l’origine de ces révélations, la découverte du testament de Flamel himself…
Un document qu’on peut consulter à Paris, puisqu’il est exposé au musée Cluny, dans le 5ème arrondissement ! Et on y apprend que Nicolas Flamel n'était pas du tout alchimiste.
"Flamel a réellement existé, il est né dans les années 1330 et est mort en 1418, comme en témoigne sa pierre tombale, mais il n'a aucun lien avec la pratique de l'alchimie, une tradition mystique ancestrale. Flamel était en vérité un riche propriétaire immobilier, un créancier tout puissant, qui donnait beaucoup à l'église et aux oeuvres caritatives. Il possédait un énorme empire immobilier, d'où sa grosse influence et surtout, les fantasmes autour de sa richesse considérable", lit-on dans les nouvelles enquêtes relayées par la BBC.
“Il y a bien un livre de pratiques alchimistes, baptisé Le Livre Flamel, qui eut un immense succès et fut abondamment recopié dès le quinzième siècle, et dans lequel on retrouve le mythe de la pierre philosophale… mais il n’est même pas signé de Nicolas Flamel. Quant à la première mention de la pierre philosophale, elle nous renvoie à un texte byzantin du septième siècle”, étaye encore le journal britannique.
Voilà, c’est l’amalgame entre le titre de ce grimoire, qui aurait engendré les plus énormes fantasmes, et la personnalité du vrai Flamel, qui est à l’origine de cette légende, mais aussi la réputation du rentier, aux biens si considérables, que beaucoup se seraient mis à théoriser sur leurs origines, quitte à convoquer le surnaturel.
J.K. Rowling, qui dès la fin des années 90 a puisé absolument partout pour imaginer l’univers de ses romans (mythes arthuriens, classiques de la littérature britannique, dieux antiques, religions diverses), ne pouvait pas passer à côté d’un matériau aussi fascinant.