Après plus d'une décennie à enchaîner les blockbusters sans prise de risques pour se mettre dans la peau du héros badass et enchaîner les cascades spectaculaires (les sagas Mission Impossible et Jack Reacher, Edge of Tomorrow...), Tom Cruise a décidé de revenir à son premier amour : le jeu.
Ce mercredi 30 septembre 2026, l'acteur est de retour au cinéma avec Digger, un film d'Alejandro G. Iñárritu qui lui permet de nous rappeler qu'il n'est pas uniquement doué pour courir ou sauter de toit en toit. Comme il le faisait déjà si bien dans Eyes Wide Shut, Des hommes d'honneur ou encore Magnolia, il est également capable de nous captiver avec son talent.
L'histoire suit Digger Rockwell (Tom Cruise), l’un des hommes les plus puissants de la planète, qui se lance dans une course effrénée pour se présenter comme le sauveur de l’humanité après avoir provoqué une catastrophe environnementale. Alors que le désastre menace de tout engloutir, il tente de reprendre le contrôle d’une situation qui lui échappe totalement. Satire du pouvoir, de la richesse et de la responsabilité, le film mêle humour absurde et dimension apocalyptique. Le casting réunit notamment Riz Ahmed, Sandra Hüller, John Goodman, Jesse Plemons, Michael Stuhlbarg, Sophie Wilde et Emma D’Arcy.
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Avec Willem Dafoe, Ralph Fiennes, Johnny Depp ou encore Edward Norton et Harrison Ford, Tom Cruise fait partie des rares grands acteurs Hollywoodiens à ne toujours pas avoir de statuette récompensant l'un de ses rôles. Et quand on découvre Digger, il est difficile de ne pas penser que l'acteur a justement choisi ce film avec l'espoir de vaincre (enfin) cette malédiction. D'autant plus qu'Iñárritu a déjà permis à Leonardo DiCaprio de repartir avec son unique Oscar avec The Revenant après des années d'échec.
Pour autant, même si cette démarche apparait intéressée, cela n'empêche pas Tom Cruise d'être bluffant à l'écran. Et sincère. Une fois que l'on s'habitue à ce maquillage (ce qui va assez vite), on entre pleinement dans la proposition artistique qu'il nous offre. Une proposition qui le met ironiquement à nu malgré cette métamorphose physique, tant l'acteur donne tout, sans aucune retenue, frôlant parfois l'excès, mais toujours à propos.
Il est magnétique, fou, détonnant, en roue libre... mais juste et d'une intensité rare. Ce monologue qu'il lâche à mi-film, qui comprend probablement plus de texte que l'intégralité de ses répliques dans la franchise Mission Impossible, nous tient en haleine sans jamais nous lâcher. Absolument jouissive à suivre, alors même que son propos vient titiller notre propre hypocrisie, on sent que Cruise a pris un plaisir jubilatoire à la tourner. Le genre de séquence qui reste dans les mémoires et qui marque une carrière.
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S'il est conseillé d'aller voir ce film sans ne rien savoir, c'est parce que Digger est la définition même du concept de "l'expérience cinématographique". En ce sens, là où certains y verront un chef-d'œuvre, d'autres resteront indifférents au résultat à l'écran. À la rédac, on a adoré.
Quand bien même il ne s'agit pas d'une comédie musicale, rumeur tenace récemment débunkée, Digger est porté par une idée forte qui est là pour nous bousculer. Et si son message n'est pas le plus agréable (ni le plus rassurant), il est si bien mis en scène qu'on se laisse emporter par ce chaos. Certes, c'est parfois bavard, un poil redondant et le film n'est finalement pas si novateur tant il emprunte à beaucoup d'autres choses... Mais l'enrobage autour est d'une telle virtuosité que le moindre de ses défauts est balayé par le plaisir de la découverte.
À l'instar de la performance de Cruise, la réalisation est grandement maitrisée et d'une (grossière) subtilité satisfaisante. On est bousculé, mais toujours surpris. Même quand on comprend où le film veut en venir, le soin du détail accordé aux sublimes décors ou à l'impressionnante photographie glaciale et glaçante nous fait vibrer. Tout n'est pas parfait (un rythme bancal, une histoire parfois déséquilibrée...) mais les prises de risques compensent la frustration ponctuelle. C'est ça que doit être le cinéma. Et c'est pour ça que, même après la séance, on y repense encore. Digger fait plus que creuser en nous, il vient remuer nos sentiments sur ce monde et nos angoisses.
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Cette satire n'est pas si drôle tant elle déballe une réalité que l'on préfère ignorer. Mais elle nous réveille. Et c'est notamment dû aux autres acteurs au casting, dont deux en particulier : Riz Ahmed et John Goodman. Comme Tom Cruise, les deux comédiens nous livrent des prestations phénoménales, capables parfois de voler la vedette à la star principale. Et c'est parce qu'ils jouent si bien ce qu'ils ont à jouer que l'on ressort de la salle le cœur serré.
Digger est une véritable expérience. Avec ses qualités et ses défauts. Mais une promesse : personne n'en ressort indemne. Et si ce n'est pas maintenant, ça viendra avec le temps.