C'est un film qui, à l'image de son réalisateur, ne laisse personne indifférent. Après huit ans d'absence, David Robert Mitchell signe son grand retour au cinéma par la case blockbuster. Après trois pépites indés, le cinéaste joue la carte du gros budget avec La fin d'Oak Street, film d'aventures et et de science-fiction dans la lignée de Jurassic Park où un quartier résidentiel américain se retrouve propulsé à l'ère du jurassique.
Porté par Ewan McGregor et Anne Hathaway, le film divise grandement la presse et fait les frais d'une promo quasi inexistante. On comprend que les critiques n'aient pas su sur quel pied danser au vu d'une œuvre qui navigue entre les genres et les tons. Mais là où certains prédisaient un échec au box-office, La fin d'Oak Street signe un démarrage plutôt correct avec 321 000 entrées en France en première semaine.
La sortie de La fin d'Oak Street permet de se replonger dans la courte filmographie de son auteur (seulement 4 films en 16 ans). Et avant de devenir la nouvelle coqueluche du cinéma indé avec It Follows puis Under the Silver Lake, David Robert Mitchell a débuté brillamment sa carrière en 2010 avec The Myth of the American Sleepover, inédit en France.
C'est le dernier jour de l'été. Dans une petite ville américaine typique, les jeunes vivent leur dernière nuit estivale avant la rentrée scolaire. Pour marquer le coup, ils organisent une fête : les filles optent pour la sage solution d'une pyjama party (sleepover en VO) tandis que les garçons se lancent dans une soirée plus alcoolisée. D'un matin à l'autre, on suit le destin croisé de plusieurs adolescents, en quête d'amour et de sens.
Véritable teen movie en même temps que film indé typique, The Myth of the American Sleepover est un véritable bijou qui s'affirme, sans conteste, comme la plus grande réussite de David Robert Mitchell. A la fois drôle, doux-amer mais toujours juste, il filme avec subtilité et tendresse cette bande d'ados qui profite d'un dernier moment d'innocence et de liberté - les parents ne sont d'ailleurs jamais à l'écran, souvent absents ou en déplacement.
Inspiré autant par les films de John Hughes que Stand By Me et même le Halloween de John Carpenter (pour ses pavillons américains filmés de nuit), David Robert Mitchell livre une oeuvre poétique, comme un moment suspendu dans le temps, chronique d'une adolescence parfois vraie parfois fantasmée. Non-dits, rêves tués dans l'œuf, amourettes, légendes urbaines... Tout les éléments de ces coming of age movies sont au programme et Mitchell leur donne un ton unique.
Il est d'ailleurs intéressant de noter que La fin d'Oak Street dialogue beaucoup avec ce premier long, que ce soit sur le côté banlieusard et bien évidemment ses ados à la recherche d'un but.
Laissez-vous enivrer par ce premier coup de maître, uniquement disponible en VOD ou à l'achat en DVD. À noter que quelques séances sont programmées à Paris, au cinéma Le Grand Action. Une belle occasion de découvrir le film sur grand écran, au format 35mm.