Daniel Radcliffe est de retour au cinéma. L'acteur britannique, connu dans le monde entier pour son rôle d'Harry Potter, revient sur grand-écran avec Horns, réalisé par le français Alexandre Aja. Un long-métrage qui mêle fantastique et personnages torturés. De passage à Paris, l'acteur s'est confié sur ce nouveau film, sur Harry Potter, ses fans et les critiques.

"Je voulais tellement le rôle de Ig que j'en étais désespéré"

Après Kill your Darling et What if, êtes-vous heureux de revenir vers un univers plus fantastique ?
Daniel Radcliffe : Oui. Mais vous savez, ce n'est pas ce à quoi je pense forcément quand je fais un film. Le genre de film en soi peut me plaire, mais c'est ce que je regarde en second. J'essaye d'abord de voir si le long métrage peut être bon ou mauvais au moment où je lis le script. J'étais très excité à l'idée de faire Horns parce que j'ai eu le script entre les mains un long moment et je voulais tellement le rôle de Ig que j'en étais désespéré. J'avais peur que ça n'arrive jamais. Donc quand j'ai appris que j'allais faire ce film, j'étais vraiment heureux parce des scénarios, j'en reçois beaucoup, j'en lis beaucoup. Mais celui de Horns, c'est celui qui m'a fait le plus réagir émotionnellement parlant. C'était tellement original, inattendu, intelligent, drôle que j'ai tout de suite su que je voulais faire ce film.

Comment s'est passée votre rencontre avec le réalisateur Alexandra Aja ?
Il m'a envoyé le script et je voulais absolument le rôle. Je connaissais un peu le cinéma d'Alexandre Aja puisque j'avais vu Piranha 3D et que j'étais un grand fan du film. C'est tout ce que je connaissais de lui donc, comme la plupart des personnes normales, au moment de le rencontrer, je pensais me retrouver face à un p*tain de psychopathe. Et puis, on s'est retrouvé face à face et je lui ai dit : "Oh mais en fait tu es le mec le plus sympa du monde !". Les gens s'attendent à ce qu'il soit un peu comme ses films alors que pas du tout. Horns a été une chance pour lui comme pour moi de montrer des choses qui n'ont jamais été montré avant. Que ce soit au niveau des personnages très noirs, mais aussi de la romance. Ce film est une histoire d'amour tragique, magnifique et le film n'aurait pas fonctionné si l'histoire d'amour n'avait pas été bien retranscrite

Refaire un blockbuster ? "Oui si je peux aussi faire des films indé"

Harry Potter parle aux serpents et Ig les manipule. Vous n'en avez pas marre de ces bestioles ?
Honnêtement, non ça va. Déjà pour Harry Potter, le seul vrai serpent était dans le premier et le second film, après c'était seulement des effets spéciaux. Par contre dans Horns, tous les serpents sont des vrais, il y en avait des centaines. En fait, pour la petite anecdote, il y avait un serpent qui était un faux. On a été obligé d'en remplacer un par des effets spéciaux parce qu'il avait l'air complètement fake ! Vous savez, les serpents peuvent réguler leur températures de corps, comme celui-ci était un serpent tropical, il avait trop froid sur les plateaux. Donc il est devenu complètement rigide alors que je le portais au tour du cou. Du coup quand les gens ont vu les premiers extraits, ils étaient là "Hey les gars, on a grillé le faux serpent !" alors qu'il était bien réel. Du coup, on l'a remplacé. J'aime bien les serpents, ils sont vraiment froids alors que nos corps sont chauds donc ils adorent être proches de nous. J'allais dire : "Ils aiment bien nous faire des câlins" mais bon, je ne veux pas avoir l'air trop bizarre.

On vous retrouve de plus en plus dans des films indépendants, les préférez-vous finalement aux blockbusters ?
En fait, je crois que les films indépendants ont des scénarios plus intéressants parce que les décisions de studios se font en petit comité. On peut donc mieux développer nos idées. Après, je ne peux pas cracher dans la soupe, j'ai grandi dans des grands studios de cinéma et je les aime. On s'y amuse beaucoup, on peut faire des choses ridicules qu'on ne fera jamais ailleurs. Pour moi, le mieux c'est de mixer les deux, je veux refaire des gros blockbusters à la condition que je puisse aussi faire des films indé à côté.

Les critiques ? "Je n'avais pas vraiment mérité des propos aussi terribles à mon sujet"

Vous vous êtes récemment confié sur votre peur de l'échec, est-ce que ça vous hante toujours ?
Je ne peux pas me plaindre, ma vie est super, je m'amuse beaucoup. Mais en même temps, ce n'est pas une façon normale de vivre. Ces parties-là justement, quand on rencontre la presse, c'est important mais c'est une manière vraiment peu naturelle de parler de soi-même. Il y a tellement d'opinion autour de nous que ce n'est pas facile. J'essaye de ne pas trop en dévoiler parce que j'ai lu des choses complètement dingues à mon sujet. C'est tellement stupide et en même temps on ne peut pas s'en empêcher. Je me permets de vous mettre dans la confidence car je sais qu'aucun journaliste anglais ne viendra traduire votre article mais... ils sont vraiment durs. Vers mes 18 ans j'ai eu l'impression que certains d'entre eux voulaient me voir échouer, je n'avais pas vraiment mérité des propos aussi terribles à mon sujet. En grandissant, j'ai appris à vivre les choses différemment et à prendre du recul. Les magazines qui me décrivaient comme un alcoolique alors que je n'avais jamais abordé ce sujet sont finalement juste stupides. Je ne regrette pas ce que j'ai fait plus jeune, mais on m'a collé une étiquette pendant trois ans. Comme beaucoup de jeunes personnes, j'ai appris en faisant des erreurs, c'est aussi ça, grandir.

Vous préférez donc vous concentrer sur vos fans dont vous êtes très proches plutôt que la presse...
Oui, c'est probablement la partie la plus cool de la célébrité. A l'avant-première de Horns à Paris, beaucoup de fans sont venus me dire deux choses : à quel point ils aiment Harry Potter et à quel point ils sont excités de venir voir le film. Ils sont vraiment tous adorables et même si aujourd'hui encore on me parle toujours d'Harry Potter, je ne peux pas le stopper. Harry est ma vie, il a été ma vie pendant dix ans et je sais que j'en parlerai jusqu'à la fin de ma vie. Une rencontre avec les fans, c'est toujours intense et vraiment sincère.

"Je ne veux pas qu'on me mette sur un piédestal"

Justement, vous êtes une sorte de héros pour toute une génération qui a grandi avec vous et Harry Potter, est-ce un poids difficile à porter ?
Je crois que j'essaye de ne pas trop y penser. J'espère que si je continue à faire ce que je fais, à produire du travail intéressant ça serait suffisant pour les fans. Ceux qui ont adoré Harry Potter vont peut-être me suivre dans ces aventures et j'en suis très heureux. Je ne veux pas qu'on me mette sur un piédestal, surtout au niveau moral, parce que je ne suis vraiment pas un exemple à suivre. La plupart des stars pensent qu'être proche des fans c'est seulement être sur Twitter et les retweetter de temps en temps. Moi, je vois ça comme de l'empathie. La seule vraie façon de remercier les fans, en dehors des rencontres, c'est de faire du bon boulot, d'avoir un bon instinct. Voilà pourquoi par exemple je ne suis pas sur Twitter.

Propos recueillis par Aurélia Baranes.

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