Dans un paysage saturé par des jeux guerriers et testostéronés, Child of Child - disponible depuis le 30 avril sur Xbox One, PS4 et PC - apporte une touche de poésie dans ce monde de brutes. Quel genre d'aventure propose cette oeuvre féerique développée par les créateurs d'Assassin's Creed et Far Cry ? Réponse avec son directeur créatif Patrick Plourde qui nous a éclairés de ses lumières.

Au début, l'envie de développer un RPG dans un style graphique proche des travaux de Yoshitaka Amano a notamment permis au projet Child of Light d'exister. C'est en effet en découvrant une séries d'illustrations du créateur des artworks de Final Fantasy dédiées aux contes de fées (Fairies) que les premières idées du titre ont germé dans l'esprit de Patrick Plourde, son directeur créatif. "J'ai réalisé qu'il y avait une opportunité pour la narration, un parallèle à faire entre le jeu de rôle, dans lequel on commence faible pour devenir fort, et le conte de fées qui représente le passage de l'enfance à l'âge adulte (...) Et après avoir travaillé sur plusieurs blockbusters, ça m'intéressait de briser la mode des jeux badass", explique-t-il.

Child of Light
Child of Light

Aurora, protectrice de Lumeria

Child of Light nous narre les aventures d'Aurora, une jeune princesse transportée malgré elle à Lemuria, un monde féerique envahi par des monstres démoniaques. Et c'est à cette âme innocente aux cheveux rouges qu'incombe la responsabilité de sauver ce royaume plongé dans l'obscurité par la Reine Noire, et ce avec l'aide d'une petite luciole. "Les contes sont devenus populaires à l'époque où la Grande Bretagne, en pleine colonisation, voulait encourager les garçons à partir à l'aventure pour qu'en grandissant, ils aillent dans les colonies. On a voulu adopter une moral plus moderne où c'est Aurora qui prend l'épée et qui doit faire face a l'adversité, une aventure durant laquelle les joueurs vont la voir grandir."

La petite équipe du studio Ubisoft Montreal nous propose une expérience de jeu rafraichissante qui éveillent constamment l'imaginaire. Cela passe notamment par une patte graphique léchée tout en aquarelle - portée par l'UbiArt (le moteur des derniers Rayman) - qui, durant les phases d'exploration, donne vie aux environnements rappelant les illustrations "d'Arthur Rackham John Bauer ou Hayao Miyazaki". Child of Light se distingue aussi par sa narration audacieuse, écrite en vers. "Je trouve que ça donne une touche unique", raconte Patrick Plourde, avouant néanmoins avoir fait face à des difficultés d'écriture. "En patinage artistique, on parlerait d'un triple axel suivi d'un double piqué (rires)."

Child of Light
Child of Light

Un conte accessible mais exigeant

Bien que Child of Light offre des mécaniques RPG accessibles, Patrick Plourde confie ne pas avoir nécessairement cherché "à toucher un plus large public." Effectivement, le challenge reste au rendez-vous, à travers par exemple la gestion de l'Igniculus. En plus de pouvoir débloquer des mécanismes ou révéler des indices lors de notre traversée épique de Lumeria, cette petite luciole - "critique dans le choix stratégique" explique-t-il - est capable de ralentir les ennemis à l'aide de sa lumière durant les affrontements au tour par tour. Le temps est d'ailleurs une notion que le joueur doit assimiler pour remporter la victoire.

Cette gestion du timing prend en effet la forme d'une barre sur laquelle est affiché approximativement le moment où l'adversaire va attaquer. Le but est de pouvoir préparer son offensive selon la situation dans laquelle se trouve l'ennemi, qu'il soit sans défense ou au contraire s'apprête à interrompre votre sort. Parlons-en d'ailleurs des attaques, chacune attachée à une durée d'exécution (courte, longue, très longue) et à choisir donc minutieusement pour éviter d'être coupé dans son élan.

A cela s'ajoute un arbre de compétences clair et facile à prendre en main, ainsi que le système sommaire d'Oculi, des pierres magiques à équiper pour bénéficier de bonus divers (santé, défense...) et surtout de coups élémentaires plus ou moins efficaces selon l'affinité des montres (feu, eau, lumière...). Oui, tout comme les matérias de Final Fantasy 7.

Child of Light
Child of Light

Une histoire de pirates

Pour la bande originale, Patrick Plourde a également trouvé la perle rare : la chanteuse Coeur de Pirate. "J'avais préparé un CD avec des musiques d'Amélie Poulin, du Labyrinthe de Pan, de Final Fantasy que j'ai donné à Simon Landry, la personne qui s'occupe de la musique à Ubisoft Montréal. En retour, il m'avait donné un album de cette chanteuse que je ne connaissais que de nom. J'ai été surpris de découvrir que son piano sonnait comme le personnage que j'imaginais : jeune, féminin et romantique.", se rappelle-t-il.

Un choix judicieux puisque la musicienne québécoise est effectivement parvenue à capturer l'essence et la pureté d'Aurora. Ses mélodies douces et généreuses, appuyées par une orchestration maitrisée, envoutent du début jusqu'à la fin. L'artiste canadienne affiche tout de monde quelques petites faiblesses dans le thème des boss que l'on aurait aimé plus électriques. Même si dans l'ensemble, ses notes de clavier réussiront certainement à toucher les joueurs les plus sensibles.

Soyons brefs, Child of Light est une petite pépite videoludique, aussi rafraichissante que poétique, dont l'univers féerique et surtout le petit prix (20€) en font un incontournable. Quant à Patrick Plourde, il souhaite désormais recharger ses batteries créatives. Pour mieux préparer une suite ? Si Ubisoft lui en donne l'opportunité. "Pourquoi pas retrouver Aurora plus âgée qui tomberait amoureuse !"

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