César 2020 : Roman Polanski, pétition pour manque de diversité, démissions, réforme... Retour sur les bad buzz avant la cérémonie
César 2020 : Roman Polanski, pétition pour manque de diversité, démissions, réforme... Retour sur les bad buzz avant la cérémonie
Chaque année, la prestigieuse cérémonie récompensant le cinéma français connaît des polémiques. Mais cette 45ème édition des César, qui se déroule ce vendredi 28 février 2020 à la salle Pleyel à Paris (et qui sera retransmise en direct dès 21h sur Canal+), risque de marquer les esprits. Entre l'affaire Roman Polanski, les deux tribunes de stars du 7ème art qui ont dénoncé plusieurs problèmes de manque de diversité au sein de l'Académie et dans les nominations, une démission collective ou encore un début de réforme, cette soirée va certainement entrer dans les annales.

L'affaire Roman Polanski

Cette année, plusieurs personnes, dont de nombreuses associations féministes comme Osez le féminisme ! veulent boycotter la 45ème édition des César. Celle-ci est prévue ce vendredi 28 février 2020 à la salle Pleyel à Paris, et sera retransmise en direct dès 21h sur Canal+. Mais pourquoi incitent-ils à ne pas regarder les César 2020 ? A cause de Roman Polanski, principalement. Le cinéaste, en plus d'avoir été reconnu coupable par la justice dans le passé d'un viol sur mineure a été accusé de plusieurs autres agressions sexuelles.

Et le truc, c'est que son film J'accuse avec notamment Jean Dujardin et Louis Garrel (sorti en novembre 2019), a été nommé aux César 2020. Pire, c'est l'oeuvre qui a reçu le plus de nominations (12), dont celle dans la catégorie de meilleur réalisateur. L'Académie s'est donc retrouvée face à la question : faut-il juger l'artiste ou l'homme ?

Andréa Bescond, comédienne et réalisatrice de Chatouilles, film autobiographique sur une petite fille abusée sexuellement a choisi son camp. "Douze nominations et douze accusations de viol : Polanski est raccord !" avait lâché au Parisien celle qui a été césarisée l'an passé. Adèle Haenel, qui a récemment accusé le réalisateur Stéphane Ruggia "d'attouchements", avait elle aussi déclaré au New York Times : "Distinguer Polanski, c'est cracher au visage de toutes les victimes". Florence Foresti, maîtresse de cérémonie de la soirée avait de son côté fait un (faux ?) lapsus humoristique le jour de l'annonce des nominations : "Je suis accusé... euh... J'accuse".

Attendu au tournant, Roman Polanski a fini par annuler sa venue. Dans un communiqué de presse relayé par l'AFP, il a expliqué : "Depuis plusieurs jours, on me pose cette question : viendrai-je ou ne viendrai-je pas à la cérémonie des César ? La question que je pose est plutôt la suivante : comment le pourrais-je ?". "Le déroulé de cette soirée, on le connaît à l'avance. Des activistes me menacent déjà d'un lynchage public" s'est-il plaint, "Cela promet de ressembler davantage à un symposium qu'à une fête du cinéma censée récompenser ses plus grands talents".

Malgré sa décision, les militantes féministes seront tout de même mobilisées. Elles se retrouveront ainsi ce soir, place des Ternes, à quelques mètres à peine de la salle Pleyel.

Les deux tribunes dénonçant des dysfonctionnements et un manque de diversité

A cette première grosse polémique qui a bien entaché les César 2020, s'est ajoutée une tribune publiée dans Le Monde. Dans celle-ci, plus de 200 personnalités du 7ème art, dont Omar Sy et Leïla Bekhti, dénonçaient un système "élitiste et fermé" en évoquant l'Académie des Arts et Techniques du Cinéma (qui vote pour les César). Elle était alors présidée par Alain Terzianet depuis 2003.

Les artistes y évoquent des soucis de parité, une opacité des comptes et de nombreux "dysfonctionnements". Ils ont confié tous payer "une cotisation annuelle" et pouvoir "voter pour élire les nommés puis les lauréats de chaque catégorie". Mais "nous n'avons aucune voix au chapitre ni dans les fonctionnements de l'académie et de l'association, ni dans le déroulé de la cérémonie" avaient-ils déploré.

S'en est suivie une autre tribune, postée cette-fois dans Le Parisien. Plusieurs célébrités telles qu'Olivier Assayas, Mathieu Kassovitz, Stomy Bugsy, Olivier Marchal, Aïssa Maïga et Sonia Rolland ont ainsi également dénoncé un grand manque de diversité dans le cinéma français. Ils trouvent que les productions françaises placent bien trop souvent "les acteurs de couleur dans des rôles insignifiants qui ne justifieront jamais une quelconque nomination aux César". Leur souhait ? Voir davantage d'artistes issus des Outre-mer et de l'immigration africaine et asiatique à l'écran.

Une démission collective et une présidente par interim

Suite à la première tribune, le conseil d'administration de l'Académie a annoncé une démission collective mi-février 2020. Ce mercredi 26 février 2020, c'est la productrice Margaret Menegoz qui a été nommée présidente "par interim" dans l'attente d'une assemblée générale extraordinaire.

Le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée) a précisé que "les membres de l'association seront réunis en assemblée générale extraordinaire le 20 avril 2020, au CNC, afin d'adopter de nouveaux statuts et remplacer provisoirement les membres démissionnaires du conseil d'administration, dans l'attente de la mise en place d'une gouvernance définitive".

La réforme tant attendue par de nombreux comédiens, réalisateurs et autres personnes du 7ème art est donc (espérons le) en marche.

Et comme si tous ces bad buzz ne suffisaient pas, pour la toute première fois depuis la création de la cérémonie (en 1976), il n'y aura pas de César d'honneur. Nope. Nada. Brad Pitt avait été envisagé mais il s'est rétracté comme l'a indiqué Le Parisien (à cause des polémiques ?). Et alors que l'Académie aurait essayé de convaincre d'autres stars américaines, celles qui ont été contactées auraient toutes également refusées. Ça promet une soirée avec une belle ambiance...

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