Succès au box office, flop critique. Scream 7 a chamboulé toutes les attentes. Et ce malgré les controverses : le départ forcé de Melissa Barrera pour “différents politiques”, puis celui, souhaité, de sa consoeur Jenna Ortega, suivis des adieux du metteur en scène Christopher Landon (Happy Birthdead), puis de la réécriture du film dans l’urgence. Mais tout cela, les fans n’en ont cure. Avec 204 millions engendrés au box office dont près de 100 en toute première semaine, Scream 7 est devenu le plus gros succès de la franchise initiée par Wes Craven.
Financièrement parlant bien entendu. Artistiquement, la limonade est plus amère : Scream 7 est clairement le pire volet de toute la saga, entre sa mise en scène aux abonnés absents, sa nostalgie au rabais, son twist fracassé et son manque d’inspiration inouï.
Mais Neve Campbell, qui, dès le sixième opus, ne souhaitait revenir vers Scream qu’à condition d’obtenir un plus solide salaire, l’a très bien compris : l’argent avant tout, la qualité de la chose ensuite. Ce n’est pas un hasard si, grande gagnante du hit que fut la septième itération des tribulations de Ghostface, l’actrice vient de confirmer sa présence dans un huitième volet. Qui pourrait remonter la pente ou sombrer dans la catastrophe artistique ?
Se battre pour l’égalité salariale : un combat assumé par Neve Campbell à Hollywood. Il y a quelques années, la comédienne défendait son droit d’être payée plus que convenablement pour sa participation à une franchise dont elle fut toujours la star. Une lutte féministe qui lui sied bien. Naturellement, quand tout le lore des nouveaux Scream s’est retrouvé littéralement détruit à coups de licenciements et de départs soudains, il a bien fallu que les producteurs acceptent enfin de rémunérer convenablement Neve Campbell.
Heureuse résolution, Neve Campbell est parvenue à empocher un beau chèque de 7 millions de dollars, soit 2 à 3 millions de plus que sur Scream 5. On imagine la somme encore plus rondelette suite au succès de Scream 7. Et pour cause : l’actrice vient de confirmer sa présence dans un futur opus qui pourrait être tout aussi lucratif, s’exprimant ainsi lors d’un event dédié à la série Black Doves : “J’en serai !”. Une déclaration bouleversante qui donne toute la mesure de son enthousiasme. De quoi éventuellement accepter contre cette rétribution un scénario tout aussi sommaire, des enjeux en peau de chagrin et des prises de risque aussi abondantes que des gags réussis dans une comédie de Didier Bourdon.
Cela étant, tout n’est pas désespéré du côté de cette franchise increvable. Kevin Williamson, scénariste historique, a déjà exprimé son souhait de délaisser le poste de metteur en scène, l’un des plus gros points faibles de Scream 7, afin qu’un vrai cinéaste s’occupe du labeur. Une belle démonstration d’humilité.
Du reste, on ne sait pas encore si la franchise, absurdement “rebooté” une deuxième fois, va poursuivre sur sa voie : peur de la nouveauté, clins d’oeil rétro en pagaille jouant sur le fan service, actrices lassées de rendosser le même costume ad vitam aeternam, l’ensemble étant sauvé par l’hypothèse d’une séquence d’ouverture mémorable, le seul moment de bravoure régulier de la saga. Une équation qui paraît suffisante pour Neve Campbell, qui à l’heure du règne des “requels” accepte son destin, résumer son entière carrière au rôle de Sidney Prescott et à ses mésaventures fatiguées. Et tant pis si des Obsession, Backrooms et autres Resident Evil ont démontré que les bons films d’horreur, eux aussi, pouvaient rapporter de l’argent.