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YouTube trop copié sur la télévision ? Le Joueur du Grenier livre un constat pessimiste
Les belles heures de YouTube sont-elles déjà derrière la plateforme ? C'est ce que semble penser Frédéric Molas aka Le Joueur du Grenier. Dans une nouvelle vidéo postée sur sa chaîne, le vidéaste dévoile son pessimisme et ses regrets vis-à-vis de l'évolution du contenu de certains de ses collègues.

Le succès des collaborations sur YouTube

Régulièrement, de nouvelles tendances apparaissent sur YouTube. On a d'abord eu le droit aux podcasts, puis aux vidéos dégustations ou encore celles des unboxing. Aujourd'hui, c'est un nouveau format qui fait le bonheur des millions de viewers chaque jour, celui des collaborations.

Ces dernières années, on a ainsi eu le droit à l'émergence de certains vidéastes et à la montée en puissance d'autres, que ce soit avec les membres de la Red Box (Amixem, Joyca, VodK, Mastu, Neoxi), la petite équipe de Pierre Croce composée de Benjamin Verrecchia et Swann Périssé, ou encore l'incontournable duo McFly & Carlito.

Un succès qui n'a rien d'étonnant tant ce format permet à ces créateurs de donner vie à des concepts tous plus fous et ambitieux les uns que les autres. Récemment, Amixem a réalisé une version live de Fortnite, McFly & Carlito ont privatisé le Parc Astérix et Benjamin Verrecchia n'a pas hésité à envoyer Pierre Croce en voyage au Royaume-Uni. Et plus que la simple idée et la bonne ambiance qui se dégage de ces vidéos, ce sont surtout les moyens humains (décors, réalisation, costumes...) qui impressionnent et apportent un véritable sentiment de professionnalisme.

Un concept mis à mal par Frédéric Molas

Pourtant, si ce genre de vidéos aide aujourd'hui à mettre fin au cliché du YouTubeur dans sa chambre et montre au grand public que YouTube est vrai métier, c'est également quelque chose qui embête Frédéric Molas de la chaîne Le Joueur du Grenier. Dans une vidéo sobrement intitulée "YouTube m'ennuie", le compère de Sébastien Rassiat avoue se sentir en total décalage avec ce format.

"J'ai du mal à comprendre ce qui marche, pourquoi ça marche. (...) On est passé sur un YouTube où tout le monde fait tout, et c'est ce que je reproche. Tout est devenu fade, il n'y a plus d'identité. YouTube est devenu cynique et les YouTubeurs ont ajouté une touche de 'lol' par-dessus pour vous faire avaler ça."

Une critique injustifiée ? Pas tant que ça. Il le rappelle, l'émergence de ce nouveau format a mis en place la recette du double F ("Du feat et du fun") avec ses codes impersonnels repris à outrance comme les montages inutilement sur-dynamiques (zoom, cuts, effets clichés...) et cette bonne humeur sur-jouée. Et à travers cette tendance à surfer sur la tendance, Frédéric Molas regrette que les YouTubeurs perdent peu à peu le principe même de la plateforme : partager sa passion.

Des YouTubeurs moins sincères avec le public ?

Selon le vidéaste, les passions de ses collègues sont progressivement oubliées, la faute à l'obsession unique de faire ce qui fonctionne avec des vidéos calculées pour faire des vues. Un mode de pensée qu'il peut justifier (il faut bien gagner de l'argent pour vivre), mais ne comprend pas : "C'est un manque de respect pour la personne qui regarde et qui n'est considérée que comme un chiffre, comme une vue à ajouter. Plutôt que d'offrir quelque chose et se dire 'je vais offrir ça et j'espère que ça va plaire aux gens', c'est plutôt 'je vais offrir exactement ce que les gens veulent pour les faire venir'".

Une incompréhension qu'il explique notamment par le fait que ce contenu, bien que sympathique et divertissant, n'offre absolument pas ce que le public s'imagine trouver. S'il comprend les envies des spectateurs "On est dans une phase de YouTube où les gens recherchent du réel. C'est pour ça que les formats délires entre amis ça marche, parce que les gens veulent voir du réel, veulent voir du vrai spontané. Ils ne veulent pas voir du préparé, de l'écrit", il ne peut s'empêcher de pointer du doigt la triste ironie qui se cache derrière : "Les gens veulent voir du réel ou du moins l'illusion du réel. Parce que un truc qui est sur-monté, sur-cuté toutes les secondes pour ne laisser que des moments où les gens rigolent et sont par terre de rire, c'est évidemment absolument faux, c'est le montage qui vous fait croire que c'est la meilleure aprèm de leur vie."

YouTube = la télévision ?

Résultat, face à un YouTube où tout est désormais "trop parfait, trop pensé, trop réfléchi, trop calculé, pour attirer les gens et faire des vues", le JDG ne peut que se montrer déçu par la direction prise par la plateforme qui devient progressivement... son ancien ennemi. Malgré son admiration pour ces teams, leurs équipes de production et leur travail qui le font rêver, il ne peut s'enlever de la tête que chacun avance désormais... à reculons : "Les émissions sur YouTube pour les très grosses chaînes sont produites exactement de la même manière qu'à la télé. Le format ressemble à une émission télé. Pour moi, il n'y a plus aucune différence entre YouTube et la télévision".

Un constat dur ? Pessimiste ? Oui, mais visiblement nécessaire. En plus des commentaires sous sa vidéo qui abondent dans son sens, de nombreux vidéastes n'ont pas hésité à approuver ses propos, que ce soit Le Roi des Rats qui confesse tristement "Clairement je partage ton avis, je regarde plus du tout de vidéo", Terracid qui s'avoue soulagé d'avoir une communauté fidèle l'empêchant de "trouver/pomper un concept en espérant que ça fonctionne, voir cartonne" ou encore Jiraya qui a profité d'un live pour critiquer ces contenus aseptisés.

De quoi lancer une petite révolution... ou une nouvelle tendance ? Rendez-vous sur YouTube pour le savoir.

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