Projet dernière chance. Le nom du dernier blockbuster avec Ryan Gosling pourrait également correspondre à ce nouveau Star Wars. Car depuis son rachat par Disney en 2012, la mythique franchise a multiplié les projets pour le meilleur (parfois) et pour le pire (surtout). En 10 ans, cinq films et sept séries ont vu le jour, sans compter les innombrables dessins animés. Ou comment faire d'une saga légendaire un désormais non-événement. Alors que le lore commence à lasser et que les projets s'annulent à tour de bras, Disney a donc misé sur sa valeur sûre post-rachat pour redorer son blason : le Mandalorien.
Après trois saisons saluées par les fans, les aventures du chasseur de primes continuent sur grand écran. Avec un défi à relever : premier film à sortir au cinéma depuis le catastrophique L'Ascension de Skywalker en 2019, The Mandalorian and Grogu vise à réconcilier les millions d'adorateurs de Star Wars. Pari réussi ? À moitié. Il faut dire que le film réalisé par Jon Favreau (Iron Man), showrunner de la série, est exactement ce qu'on attendait de lui : un épisode XXL de The Mandalorian transposé sur grand écran. Soit des scènes spectaculaires, un rythme effréné et des rebondissements constants pour ne jamais laisser le spectateur sortir son téléphone. On a même un fondu au noir en milieu de film, comme pour signifier le passage d'un épisode à un autre.
Sans surprise, mais un divertissement efficace qui fait son effet. En tous cas pendant une première heure ultra calibrée. S'ouvrant sur la meilleure séquence du film, un gigantesque affrontement autour de trois AT-AT comme dans L'Empire contre-attaque, The Mandalorian and Grogu enchaîne rapidement les péripéties et les scènes d'action dans un univers plutôt sage, tel un épisode de série. Et qu'importe si le bestiaire est lissé ou que les planètes n'ont plus la saveur d'évasion d'antan (on visite, comme d'habitude, une forêt, une plage, une métropole aux allures new-yorkaise ou une montagne), les gunfights et poursuites sont assez robustes et rythmés pour nous tenir en haleine. On s'en pincerait presque : le grand Star Wars est-il enfin de retour pour la première fois depuis au moins Rogue One ? On a parlé trop vite.
Après tout, le film ne s'appelle-t-il pas The Mandalorian and Grogu ? Après avoir raconté les péripéties du chasseur de primes, la seconde moitié du film se concentre davantage sur celui qu'on a appelé, à tort, bébé Yoda. Durant les 2h13 de métrage, Grogu est montré ad nauseum, à raison d'un plan toutes les 20 secondes sur ses réactions, histoire de provoquer des "oooooh" attendrissants dans les salles et s'assurer des ventes record de peluches à la sortie. Ceux qui ont vu dans ce personnage une simple raison d'écouler des millions de jouets vont certainement s'agripper très fort à leur accoudoir. Surtout lors de certaines séquences rappelant les heures sombres des Ewoks ou des Porgs. Des passages prouvant à quel point The Mandalorian and Grogu a été conçu avant tout pour les enfants.
Il y a des choses plus étonnantes au programme : la BO signée Ludwig Göransson abandonne l'orchestral épique à la John Williams pour des sonorités plus synthétiques voire urbaines, la présence à l'écran de Sigourney Weaver, qui peut se targuer de jouer désormais dans les trois plus grosses franchises SF de l'histoire avec Avatar et Alien, ou le surprenant caméo de Martin Scorsese (oui oui !), histoire de s'assurer une nouvelle crédibilité cinématographique. Jeremy Allen White double quant à lui le personnage central du fils de Jabba le Hutt (oui oui, bis), histoire de prendre à revers son image de sex-symbol.
Faisant des clins d'œil aux anciens épisodes, et pas les plus fameux (L'attaque des clones, Le retour du Jedi), le film est donc constamment dans un entre-deux : capable du meilleur comme du pire, The Mandalorian and Grogu multiplie les bonnes idées et les ratés, les surprises et les retournements prévisibles, quelques bonnes idées visuelles comme certains effets ratés, des scènes marquantes comme de trop longues pauses, et se contente de suivre un scénario finalement assez mince.
En réalité, il n'y a pas vraiment grand chose à redire : bien qu'inégal, The Mandalorian and Grogu remplit efficacement son cahier des charges, propose des scènes d’action réussies, une histoire qui séduira les Grogu lovers, et rappelle à certains moments l’âge d’or d’une franchise beaucoup trop exploitée ces derniers temps, tout en s'assurant d'amasser des millions de dollars de recettes. Disney peut être soulagé : l'empire Star Wars continuera à régner longtemps sur la galaxie Hollywood.
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