Thomas Ngijol en interview pour la promo de Fastlife
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C'est ce mercredi 16 juillet que Thomas Ngijol débarquera au cinéma avec son film Fastlife. L'occasion pour Purebreak d'aller à son rencontre pour une interview exclusive et de parler de succès, rap décalé, scènes ridicules et youtubeur.

"Il y a des symboles de vide. Des gens qui sont connus juste parce qu'ils sont connus"

Question qui tue pour commencer : C'est quoi la Fastlife ?

Ohlala ! C'est un terme un peu abstrait. C'est un peu le côté où l'on veut briller à tout prix. On veut en être. On veut être cool. C'est assez bien symbolisé quelque part à travers les réseaux sociaux qui est la dernière étape de la Fastlife, où les gens aiment toujours se mettre à leur avantage, dans certains lieux, avec certaines personnes, dans telle posture... C'est un truc un peu futile, qui n'est pas négatif, mais si ton seul but dans la vie est de performer là-dedans, c'est qu'il y a un problème. Et c'est le problème du film. Notre personnage se complaît dans tout ce qui est vide pour ne pas devenir un homme.

Et quoi de mieux que le slogan du film : "En toute humilité, je suis né pour briller" pour représenter la Fastlife ? Justement, "briller", c'est ce qui t'a donné envie de faire ce métier ?

Non... C'est des questions plus existentielles aujourd'hui, pour les jeunes qui commencent à embrasser ces carrières de saltimbanques, de comédiens ou autres, parce que malheureusement, il y a des symboles de vide. Des gens qui sont connus juste parce qu'ils sont connus et qui n'ont pas vraiment de profession. Mais non, à l'époque, quand j'ai commencé toutes ces choses, l'important était d'être un bon performeur dans ce que tu faisais, donc moi c'était le one-man show. Il fallait essayer d'avoir un spectacle, quelque chose de concret pour pouvoir avancer. Après, "briller" c'était ce qu'il y avait à l'intérieur, mais on s'en fout de briller. Tu brilles de ton talent, de ton aura artistique.

"Ce côté un peu futile, un peu bling-bling (...) C'est tout ce qui me fait gerber"

Et en parlant de "personnes vides", tu t'es inspiré de certaines personnalités pour créer Franklin ?

Ba je suis parti de moi (rires). Pas pour citer quelqu'un de vide, mais on parle mieux de ce qu'on est. Alors c'est pas du tout auto-biographique, mais je parle de quelques sentiments ou comportements que je pouvais avoir des fois, de gens que je voyais de près ou de loin, mais surtout, d'un état d'esprit générationnel. Ce côté un peu futile, un peu bling-bling, quand t'es à la bonne soirée, que tu fais le bon mimique... C'est tout ce qui me fait gerber. Mais en même temps il faut faire attention, car on n'est jamais très loin de ça. Avec Franklin j'ai créé un épouvantail. J'ai pas envie de lui ressembler, mais en même temps je ne suis jamais très loin de ça, on ne sait jamais.

Du coup, ça ne te fait pas peur de vivre un jour un passage à vide comme ton personnage ? C'est quelque chose pour laquelle tu te prépares ou tu ne préfères pas y penser ?

(rires) T'es terrible, comment peux-tu poser des questions pareil ? Je suis déjà passé par des passages à vide et j'en aurais encore, mais l'important c'est ce que je me suis construit en tant qu'homme maintenant. Donc j'appréhenderais, j'espère, de façon moins dramatique ce passage à vide. L'essentiel n'est pas dans ce métier malgré tout. Même si c'est mon gagne pain et que je me complais à évoluer là-dedans, en tant qu'homme je pense avoir un peu évolué et j'essaie d'être une bonne personne, d'être un bon papa, un bon mari. Ça, tant que j'arrive à bien le tenir, même si demain je me casse la gueule avec ce film, avec un spectacle... j'aurais toujours des choses très fortes qui me tiennent dans la vie. Maintenant, le jour où je suis une merde dans la vie et qu'en plus mon film ou mon spectacle ne marche pas, tu me trouveras sur les champs, bourré, en train de faire une parodie de Stromae sur 'Formidable'. (rires)

"Je n'ai pas peur du ridicule, j'y vais à fond. On est là pour se divertir, se faire plaisir"

Il parait que tu as peur des volatiles ? Qu'est-ce qui t'as pris alors de tourner une scène entouré de poulets ?

Je suis un acteur qui prend des risques, qui va au bout des choses (rires). Heureusement, j'ai été aidé par un ex-poulet (Olivier Marshall, ndlr) qui n'a pas eu peur de se frotter à ses ex-confrères. C'est lui qui m'a mis en confiance avec ces petites poules, que j'aime tant pourtant quand je vais au Mcdo m'acheter des Nuggets... Mais là, ça ne passait pas du tout, même si j'ai vaincu cette petite peur passagère.

Et c'est cette "prise de risques" qui t'a motivé à enfiler une combinaison ultra moulante pour tes scènes de course ? Ca fait quoi d'être à l'intérieur ?

Ah ba écoute, c'est la tenue de tous les athlètes. Le seul souci c'est que j'ai un physique particulier... Mais voilà, ça fait parti de la prise de risque. Quand on fait un film comme ça, qui est quand même une comédie, on n'a pas peur de la prise de risque. Il ne faut pas se regarder, parce que si tu te regardes, tu vas te mettre à ton avantage et tu ne seras plus drôle. Je n'ai pas peur du ridicule, j'y vais à fond. On est là pour se divertir, se faire plaisir, on n'est pas là pour être filmé à gauche parce qu'on a un bon profil... On est là pour se lâcher.

"Des projets sur Youtube ? Si y a un truc qui me vient naturellement, je ne me poserais pas la question"

Tu t'es d'ailleurs tellement lâché que tu en es ressorti avec un morceau de rap mémorable...

Ce morceau de rap, c'est pas un morceau que je peux écouter à tue-tête. C'était limite plus angoissant qu'autre chose. Mais c'est ce que je recherchais en le faisant, car c'est ce qui se passe vraiment dans la salle quand les gens se disent 'hein ?! Mais qu'est-ce qu'il fait là ? Non mais j'ai honte, j'ai pas envie de regarder ça', jusqu'à ce qu'ils comprennent le gimmick comique. Mais ouè je me suis lâché. J'aime tellement le rap et c'était tellement marrant d'en faire un 1er degré que j'en suis fier de ce morceau.

Ce morceau nous fait d'ailleurs un peu penser à toutes ces parodies, tous ces sketchs que l'on peut actuellement retrouver sur le net. C'est quelque chose qui t'intéresse ? Y a des chances que l'on te retrouve sur Youtube sur de tels projets ?

Non, c'est la nouvelle génération qui fait ça. Je ne m'interdis rien du tout, j'ai fait tellement de choses et on reste tout de même des grands enfants, mais non, je n'ai pas spécialement envie de faire de la parodie. Mais j'aime bien la spontanéité, donc si y a un truc qui me vient un peu naturellement, je ne me poserais pas la question. C'est comme quand tu fais du cinéma, de la scène... maintenant c'est l'outil Internet. Mais je n'ai pas l'envie d'exister sur Internet. Y a des mecs qui le font sereinement. Je sais pas quels âges ils ont ces mecs comme Mister V...

Entre 21 et 27 ans...

Ouais tu vois, y a quand même une frontière entre eux et moi, y a quand même 10 ans d'écart quasiment. Eux, ils le font bien en plus. J'aime bien et je respecte la démarche. Mais un jour, peut-être qu'on fera des choses ensemble avec un de ces mecs sur le net. J'aime bien Mister V, il est con, il est marrant. Je ne le connais pas personnellement, mais j'ai appris qu'il était camerounais. Tu te rends compte quand même ? le Cameroun, quel vivier...

Retrouvez la première partie de notre Interview : "Neymar manque de c*uilles"

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