Sophie-Tith : J'aime Ca, son deuxième album dans les bacs depuis le 28 avril 2014
Sophie-Tith : J'aime Ca, son deuxième album dans les bacs depuis le 28 avril 2014
C'est la (très) bonne surprise de ce printemps. Après un album de reprises, Sophie-Tith revient avec un deuxième opus plus que convaincant, "J'aime ça". Textes forts, mélodies entêtantes et voix toujours aussi séduisante, la gagnante de Nouvelle Star 2013 impose son style et bluffe par sa maturité. Rencontre avec une chanteuse qui a bel et bien réussi son après télé-crochet.

On se rappelle de sa reprise envoûtante de Kavinsky ou encore de son Allumez le feu tout en subtilité dans la Nouvelle Star 2013. A l'époque, Sophie-Tith n'a que 16 ans et écrase ses concurrents du télé-crochet. Vainqueur (sans surprise) de l'émission, la jeune chanteuse dévoile cette semaine "J'aime ça", son deuxième album. Stop aux reprises, place à un opus brut et séduisant, auquel Mat Bastard de Skip The Use et Adrien Gallo de BB Brunes ont collaboré. Elle se confie sur cet album personnel dans une interview exclusive pour PureBreak.

Purebreak : "J'aime ça" sort un an après ta victoire en finale de Nouvelle Star et "Premières Rencontres". Un album de reprises, c'était le passage obligé ?

Sophie-Tith : Ce n'était pas un passage obligé, mais moi je me sentais obligée de le faire. Je ne connaissais pas du tout le milieu, le travail en studio... J'avais un peu peur de faire n'importe quoi avec un album de compositions directement après Nouvelle Star. J'ai choisi de faire un album de reprises, histoire de me familiariser avec le métier. Ca m'a permis de rencontrer des gens, de bien m'entourer et de me diriger vers là où je voulais aller. Je suis très contente de l'avoir fait.

Pour "J'aime ça", tu t'es effectivement bien entourée. Comment s'est fait la collaboration avec Mat Bastard de Skip The Use, qui a écrit et réalisé 7 titres de l'album ?

C'était assez simple parce que Skip The Use est chez Polydor, comme moi. Ils ont le même directeur artistique de moi donc c'était plutôt simple de les rencontrer. J'ai discuté un peu avec eux et à la base, j'avais proposé à Mat Bastard de réaliser mon premier album. Mais comme c'était un album de reprises, il n'était pas très chaud. Donc au final je lui ai proposé de réaliser le deuxième album, et là il m'a dit 'oui, carrément'. On a commencé à se parler, voir vers où l'on pouvait aller. On s'est mis à travailler chez lui, à Lille, dans son petit studio.

Tu présentes "J'aime ça" comme un album très personnel dans lequel tu te dévoiles. Tu as dû beaucoup te livrer à Mat Bastard pour en arriver à ce résultat ?

Justement, c'est ça qui est marrant, mais... non. On a discuté mais je ne lui ai pas raconté ma vie (Rires). C'est là que je me suis rendue compte que Mat était vraiment la personne avec laquelle je devais travailler. Comme avec Adrien Gallo d'ailleurs. Mat m'a proposé des titres qui collaient parfaitement avec ce que je voulais raconter, alors que je ne lui en avais pas forcément parlé avant. C'est qui fait que l'album a cette couleur : il a écrit pour moi, mais sans me poser des questions trop personnelles.

Et avec Adrien Gallo ?

C'était un peu la même chose, sauf que c'était encore bizarre parce que je ne l'avais pas rencontré avant qu'il m'écrive des chansons. Il m'a écrit des chansons, il me les a envoyées, et ensuite on s'est rencontrés. Il a su vraiment trouver le truc qui me représente bien, sans m'avoir rencontrée, juste en m'ayant vue à la télé, en écoutant un petit peu ma voix.

C'était avant ou après ta reprise de BB Brunes ?

Ca s'est passé après ma reprise de Lalalove You, justement. C'est aussi pour ça qu'on a commencé à travailler ensemble et qu'on a pris contact. Après ma reprise, il m'a envoyé un message pour me dire, 'c'était super, ce serait bien qu'on travaille ensemble'.

"Je ne me voyais pas dans un style très joyeux"

Tu n'as que 17 ans. Ils t'ont donné des conseils pour réussir dans ce métier ?

Avec eux, il y a vraiment eu une relation grand frère/petite soeur. Ils m'ont toujours dit, 'si tu as envie de faire un truc, vas-y. Tu t'en fous de ce que lui ou elle te disent, tu fais ton truc et c'est tout'. Dans ce genre de métier, il faut aussi savoir "tricher". Pour réussir à ouvrir des portes et ensuite les refermer derrière pour emmener le public dans notre univers.

En parlant de conseils, tu donnerais quel conseil à Mathieu, le gagnant de la dernière Nouvelle Star ?

Mathieu, il a tout compris. Il sait exactement ce qu'il doit faire, il sait exactement là où il doit aller. Si j'ai juste un conseil, c'est de rester fidèle à lui-même et de vraiment faire ce dont il a envie. Il a vraiment du talent, il a un univers à lui... Mathieu est arrivé à la Nouvelle Star avec son truc à lui, alors que moi ou d'autres candidats, on avait plus de mal à exprimer notre fameux "truc". Lui, il a tout de suite su comment le faire et il faut juste qu'il continue comme ça.

Le premier single de ton album est Enfant d'ailleurs, une chanson sur la différence. Pourquoi ce titre ?

Pour le single, j'ai hésité entre Jalouse et Enfant d'ailleurs. On a choisi Enfant d'ailleurs parce qu'on avait un peu peur de fermer des portes trop tôt. J'avais vraiment envie de sortir un son qui parle à plein de gens, tout en restant personnel. On n'avait pas envie de sortir un son trop "brutal". Comme j'ai encore le public de la Nouvelle Star qui me suit, j'ai envie de le garder un maximum. C'est grâce à lui que je suis là.

Enfant d'ailleurs, Comme les autres... "J'aime ça" ne manque pas de morceaux forts. Est-ce que Sophie-Tith est une artiste engagée ?

Disons que j'essaie d'aborder des sujets qui parlent à tout le monde. J'ai envie de défendre mes convictions, j'ai envie de défendre certaines choses que je considère justes. Après, je ne dirais pas que je suis "engagée". Je ne fais partie d'aucun mouvement mais c'est juste que j'aime bien parler de choses importantes.

Ton album n'est pas très joyeux, voire même un peu violent. Comment tu l'expliques ?

Cet album est beaucoup plus sombre que n'importe quel registre sur lequel on a pu m'entendre jusqu'à présent. Ca fait aussi partie de ma personnalité et de mon "personnage". J'aime beaucoup les musiques un peu graves, qui sonnent un peu tristes, un peu mélancoliques... Je ne me voyais pas dans un style très joyeux. Même si je suis une personne très énergique, très joyeuse et pas du tout déprimée, j'avais envie d'amener ce style-là, ce côté sombre. A 17 ans, on pense aussi à ces sujets comme ça.

"L'image Nouvelle Star me colle à la peau"

Comme son titre ne l'indique pas, le morceau 'Sauvez-moi' est inspiré par ton expérience dans la Nouvelle Star. C'est un titre fort. Est-ce que tu as vécu l'émission comme une souffrance ?

C'est là que le titre est dur à comprendre. Quand on a élaboré la chanson avec Mat, on a pensé justement que quand les gens allaient l'écouter, ils allaient se dire, 'ah merde, elle a vécu un truc horrible là-bas'. Au final, pas du tout. Sauvez-moi n'est pas du tout sur l'aventure Nouvelle Star, mais plutôt sur l'après Nouvelle Star. C'est l'idée que je sors d'un télé-crochet et les gens n'arrivent pas à me détacher de cette image-là. J'ai adoré mon aventure, j'adore l'équipe Nouvelle Star mais c'est une image qui me colle encore à la peau. Un chanteur, une fois qu'il s'est lancé dans ce qu'il veut faire, même si c'était grâce à une émission, il ne faut plus penser à l'émission mais à l'artiste en lui-même, à ce qu'il va faire maintenant et ce qu'il va faire après.

Ta sortie de la Nouvelle Star a été violente ?

Je ne dirais pas que ça a été violent, mais ça a été un peu mouvementé. Je n'avais pas du tout l'habitude d'être médiatisée et quand je suis sortie de la Nouvelle Star, je me suis rendue compte que les gens me reconnaissaient dans la rue. Les gens me prenaient en photo... Forcément, ça a été un petit peu dur au départ. Mais on est bien protégés pendant l'émission, ils nous apprennent vraiment à rester soi-même, à bien réagir avec les gens et à bien se comporter devant des caméras.

Un autre morceau fort de "J'aime ça", c'est Ces Choses-Là en duo avec Corson. Pourquoi avoir choisi de collaborer avec lui ?

Ces Choses-Là a été écrite par Mat, il y a un bon moment, au moins 10 ans. Il a enregistré cette chanson avec une petite fille qui avait 7/8 ans. Il m'a fait écouter ça et j'ai trouvé ce morceau juste incroyable. J'ai eu envie de reprendre ce titre, pour le continuer. Cette chanson, au premier abord, on se dit qu'elle parle d'un couple qui discute et qui se dit que c'est fini. Mais le morceau, à la base, il a été écrit dans le sens d'un père qui s'adresse à sa fille et inversement. A cause de sa carrière, le père ne s'occupe pas assez de son enfant et son enfant lui explique que ce n'est plus possible.

On a cherché quelqu'un pour chanter avec moi et on a même pensé à Nicola Sirkis d'Indochine qui, malheureusement à cause de sa tournée, n'a pas pu se libérer. Finalement, on a pensé à Corson. C'est un artiste que j'aime beaucoup. J'adore son univers, j'adore sa voix. C'est vraiment un des titres les plus forts de l'album.

"Benjamin Biolay a voulu m'écrire des textes"

Dans un prochain album, avec qui tu rêverais de travailler ?

Je vise un peu à l'international (rires), mais j'aimerais beaucoup travailler avec Imagine Dragons. Je rêve aussi de travailler avec Benjamin Biolay qui a voulu m'écrire quelques textes. Malheureusement, je n'ai pas eu l'occasion d'avoir des nouvelles de ça. Bertand Cantat aussi. Noir Désir, c'est un peu mon enfance.

Il y a deux morceaux en anglais sur l'album. Tu envisages un opus 100% english dans l'avenir ?

Dans quelques années, dans beaucoup d'années, pourquoi pas. J'aime beaucoup chanter en anglais et j'écoute plus d'artistes anglophones que d'artistes français. Mais mon public est d'abord en France, je me dois de chanter en français. Après, si un jour ça marche très bien, pourquoi pas tester à l'international. Qui sait ?

Tu as aussi co-écrit l'un des titres de l'album, J'envie/j'en veux...

J'ai composé la chanson et j'ai co-écrit les paroles. Dans mon prochain album, j'aimerais bien que toutes les chansons soient des compositions. Mais j'ai encore du mal à écrire seule, donc j'aime bien m'entourer d'auteurs, d'artistes qui pourraient m'aider. Après, pour les compositions, c'est plus facile pour moi car je suis d'abord musicienne. Mais c'est vrai que j'avais un peu peur de sortir un album avec au moins 50% de compositions. J'attends un peu.

Nouvel album... et nouveau look. Ce style, c'est en lien avec "J'aime ça" ou juste une envie du moment ?

Sur un coup de tête, je me suis dit, 'allez, on va continuer dans les délires capillaires'. Ca tombait très bien, en fait. J'ai décidé de devenir blonde et c'est un véritable changement pour moi : je n'avais jamais osé une couleur comme ça. Et je me suis dit que ça allait très bien avec l'album. Cet album, c'est pareil, c'est un véritable changement.

L'album est sorti lundi 28 avril. Après des mois à t'être confrontée à du bleu et du rouge, tu es attentive aux critiques des journalistes et des internautes ?

Je fais très attention à ça. J'aime bien être sur les réseaux sociaux et vérifier un peu ce qui se dit (rires). Parfois il y a des choses un peu marrantes. Des choses méchantes aussi. On ne peut pas plaire à tout le monde, c'est sûr. Mais c'est vrai que j'aime bien regarder pour savoir si ça plaît ou pas, vers quoi je peux me diriger... Je prends vraiment en compte les critiques des internautes et des journalistes. L'album est plutôt bien reçu pour le moment, donc je suis confiante !

"J'ai un peu une double vie"

Tu n'as que 17 ans. Est-ce que l'avis de tes proches t'a influencé pendant l'enregistrement de cet album ? Ou il y a une Sophie-Tith artiste et une Sophie-Tith ado ?

J'avoue que j'ai un peu une double vie. Mais je garde quand même ma famille, mes amis. Et leurs avis m'importent énormément. Ce sont eux qui me connaissent le mieux et qui peuvent me dire si quelque chose ne me correspond pas du tout. Ca me permet aussi de faire un peu le tri dans les chansons, de faire le tri dans ma tête. Puis ils me remettent en place quand il faut (rires). J'ai besoin d'eux.

Rester une ado normale quand on est gagnante de Nouvelle Star, c'est possible ?

Pour moi, c'est possible. C'est vrai qu'au départ, quand on sort de l'émission, c'est très difficile. Tout le monde nous reconnaît. Mais avec le temps, les gens savent que ça fait un an qu'on a fini ça, et on n'a plus trop envie de s'exhiber. On a plutôt envie de vivre normalement. Les gens le comprennent très bien, en tout cas chez moi.

Sur Twitter, on remarque que tu suis un peu The Voice. C'est une émission que tu aurais pu faire ?

The Voice reste encore trop différent de ma vision de la musique. J'aime bien cette émission, je la regarde de temps en temps. Il y a de très bons chanteurs et j'aime beaucoup le jury. Mais pour moi, il y a ce côté de... peut-être trop se mettre en valeur. C'est très "gros" comme émission. La Nouvelle Star, c'est un autre style. Comme certains journalistes l'ont dit, c'est l'émission la plus intellectuelle des émissions de musique.

Propos recueillis par Charlotte Vaccaro. Contenu exclusif. Ne pas mentionner sans citer Purebreak.com.

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