Qui a dit que le punk était mort ? Si vous avez déjà jeté un œil aux divers t-shirts arborés dans les fosses de concerts rock, un nom ne vous a pas échappé : Turnstile. Synonymes de furie cathartique pour bien des aficionados de "musiques extrêmes", les nouveaux prodiges du punk hardcore proposent des expériences live sidérantes où les sonorités rock mélodiques et brutales rythment d'intenses pogos du public.
Cela fait cinq ans que les natifs de Baltimore n'en finissent pas d'être acclamés à travers leurs albums Glow On et Never Enough. Et ils peuvent même se permettre, après des concerts mémorables (de Rock en Seine à un concert gratuit et caritatif devant 60 000 personnes à Washington), de snober les plus grands. Comme Metallica.
La sentence gentiment provoc' a fait couler de l'encre du côté de la presse, et des fans. Doublement récompensé aux dernier Grammy Awards, Turnstile a effectivement refusé d'assurer la première partie de la tournée mondiale de Metallica. C'est James Hetfield, chanteur et cofondateur du groupe légendaire de la scène métal, qui a révélé l'information dans l'émission de radio Riff Life.
On les a vus en concert, on voulait les prendre avec nous en tournée, mais ils ont dit non. Ils s’en sortent déjà très bien tout seuls. Mais franchement, ils dégagent une énergie incroyable. Ils sont vraiment géniaux. Si vous avez l’occasion de les voir en live, foncez. Comme beaucoup d’autres groupes, ils sonnent très bien sur leurs albums, mais quand vous les voyez sur scène, vous comprenez vraiment ce qui fait leur force.
© Olivier Hoffschir
On décèle là une certaine nonchalance de la part de ces magiciens capables de transformer des métalleux statiques en possédés aux mouvements frénétiques. Mais ce serait partir vite en besogne.
Alors qu'une bataille d'Hernani déchire la presse rock, entre défenseurs des anciens et admirateurs des rookies, d'aucuns voyant là "une opportunité manquée" pour Turnstile - c'est le cas des journalistes de NME - James Hetfield a affirmé à l'antenne que "Turnstile s'en sort[ait] déjà très bien par ses propres moyens", et que ses musiciens étaient "hyper sympas, géniaux, avec en plus une fille dans le groupe, ce qui est vraiment cool".
Sans la moindre rancune, l'interprète de Nothing Else Matters a invité ses fans à découvrir la musique de ces jeunes capables de leur chiper leur couronne. La "fille" évoquée par Hetfield se nomme Meg Mills, elle est guitariste et n'a que 28 ans. La relève du son qui savate est assurée.