Les images ont fait le tour du monde. En marge des manifestations qui se multiplient depuis une dizaine de jours, les images des casseurs pillant les magasins, de la mairie de Limoges incendiée ou de l'office de tourisme lyonnais réduit en cendres ont suscité autant d'émotion que de colère.
Et occasionnent un problème que l'on n’avait pas vu venir : la bonne tenue des tournages de grosses productions hollywoodiennes dans l'Hexagone, et notamment dans le Sud de la France. Après la dernière saison d'Emily in Paris, la France accueille actuellement le tournage du prequel d'Ocean's Eleven avec Bradley Cooper et Margot Robbie à Monaco, de la saison 4 de The White Lotus du côté de Cannes ou encore du film Pumping Black avec Natalie Portman et Jonathan Bailey.
Les manifestations et émeutes vont-elles pousser les tournages à être interrompus et à plier bagage direction les États-Unis ?
Isabelle Desgorges, cadre de Gaumont dont les équipes gèrent la production du préquel Ocean's, explique qu'il y a eu "un petit moment de panique" du côté des équipes américaines au moment des émeutes, comme elle l'explique à Variety :
Les gens se demandaient ce qui se passait. Heureusement, nous ne tournions ni samedi ni dimanche, et notre équipe n'a pas été directement touchée par les violences ; ils les ont vues de loin. Malgré tout, cela crée une atmosphère étrange. Je n'irais pas jusqu'à dire que les Américains ne veulent plus venir en France. Mais inévitablement, cela va créer des tensions pendant quelques semaines. Heureusement que cela n'arrive pas en juillet.
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Raphaël Benoliel, le producteur exécutif français de Pumping Black, révèle que la production n'a pas été impactée par les émeutes, même si les équipes ont eu peur.
Les Américains nous ont demandé : "Pensez-vous que ce soit dangereux ?" Nous leur avons répondu : "De là où nous sommes, nous pensons que tout va bien". Et tout se déroule sans problème. Les services de sécurité des studios ont clairement indiqué : "Soyez prudents. Évitez Paris. Évitez Marseille". Le message a été transmis sans ambiguïté. Si vous vouliez organiser un repérage à Paris aujourd'hui ou demain, il est tout à fait possible qu'un studio vous dise : "Non, reportez. Attendez".
Selon lui, "la France est désormais considérée comme une zone à risque" au même titre que l'Ukraine ou le Moyen-Orient.
Au-delà des tournages, le milieu du cinéma a aussi été perturbé par les couvre-feux, interrompant de nombreuses séances de cinéma. L'UGC Ciné Cité Les Halles, l'un des cinémas les plus fréquentés au monde, a dû s'adapter. Ainsi, leurs dernières séances commencent à 19 heures, pour permettre aux spectateurs de rentrer chez eux avant l'heure du couvre-feu.
Malgré les répercussions des manifestations et émeutes, le public ne déserte pas pour autant les salles. "La semaine se terminant mardi [20 octobre] a enregistré une hausse de 12% par rapport à la même semaine de l'année dernière" note Richard Patry, le président de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF) : "Malgré tout ce qui se passe, malgré l'anxiété que suscite la situation, les gens ont toujours envie d'aller au cinéma. Et ils y vont".