Il est loin le temps où Taika Waititi semblait intouchable à Hollywood. Après avoir revigoré la franchise Thor en s'inspirant des Gardiens de la Galaxie pour l'épisode Ragnarök, le réalisateur nous offrait une jolie claque avec Jojo Rabbit, une comédie dramatique récompensée de l'Oscar du meilleur scénario adapté.
Mais aujourd'hui, rien ne va plus. Plus du tout. Le 21 octobre 2026, Taika Waititi revenait au cinéma avec un film de science-fiction ambitieux à la Black Mirror (mais porté par une touche de mignonnitude) : Klara et le Soleil. Un projet porté par un gros casting composé de Jenna Ortega, Amy Adams ou encore Steve Buscemi et Natasha Lyonne, qui… a totalement bidé. Et pas qu'un peu.
Doté d'une note moyenne de 26% attribuée par la critique sur Rotten Tomatoes, le film n'a même pas pu compter sur le soutien du public pour se refaire une santé. Résultat au box-office ? 1,7 million de dollars récoltés dans le monde (pour un budget de 44 millions de dollars). En France, pour sa première semaine d'exploitation, le film n'a attiré que 2 986 curieux. Conséquence ? Les USA et la France ont drastiquement réduit le nombre de salles qui diffusent le film, tandis que l'Espagne a carrément annulé sa sortie afin de "minimiser les pertes".
Une situation inédite dans la carrière du cinéaste, qu'il ne vit pas très bien. Sur ses réseaux sociaux, Taika Waititi n'a pu s'empêcher de réagir à ce bide historique. Or, plutôt que d'admettre ses possibles erreurs ou de rire de ce triste résultat, l'artiste s'est braqué avant de s'en prendre directement aux journalistes, responsables, selon lui, de cet échec.
Je n'ai lu aucune critique liée à mon travail ou celui de mes paris depuis plus de 15 ans. Mais j'écoute les gens. Donc pour cet Halloween, ayons une pensée pour ces âmes perdues qui n'ont pas pu réaliser leur rêve de devenir artistes et qui à la place sont devenues critiques. Les mêmes qui ont détesté Jojo Rabbit. Dépassées. Complètement à côté de la plaque. Obsolètes. À la poubelle.
Une réaction un poil ridicule et enfantine, qui ne devrait pas pousser les salles de cinéma à redonner une chance au film. Peut-être que Klara and the Sun trouvera une seconde vie en streaming, comme c'est parfois le cas, mais en attendant, c'est bien un sentiment d'échec qui entoure ce projet.
Pour rappel, The Independant avait déploré dans sa critique la "sacrée régression" de cette histoire, "Le livre traitait de ce que nous sommes fondamentalement, aujourd'hui et demain. Le film, lui, parle du pouvoir de l'amour et de l'amitié". Ce qui résonnait également dans les reproches du Daily Telegraph : "Les réflexions d'Ishiguro sur la relation en constante évolution entre la technologie et l'humanité sont balayées d'un revers de main, comme de simples confettis thématiques."
De son côté, le Times s'attaquait frontalement à l'inintérêt de ce film qui n'innoverait rien, tout en se parant d'un emballage cliché : "C'est un film désespérant, fourbe et mensonger, plein de mièvrerie digne d'une carte Hallmark, et qui a été surpassé par une myriade de films précédents mettant en scène des robots compagnons."
Dans un futur dystopique, Klara (Jenna Ortega) est une "Amie artificielle", un androïde conçu pour tenir compagnie aux humains et combattre leur solitude. Lorsqu’elle est choisie par Josie (Mia Tharia), une adolescente fragile, elle découvre les complexités des émotions humaines et s’attache profondément à sa nouvelle famille, notamment à la mère de Josie, Chrissie (Amy Adams). Convaincue que le soleil possède un pouvoir réparateur, Klara met toute sa loyauté et son espoir au service de la jeune fille, dans un récit de science-fiction sensible sur l’amour, le sacrifice et les limites de l’intelligence artificielle.