Parmi les films les plus cultes du cinéma américain, on entend souvent les films de Kubrick, Spielberg, Bigelow ou encore Nolan être cités. Mais c'est vite oublier qu'Oliver Stone a également produit quelques pépites. Et en 1987, c'est avec Wall Street que le réalisateur avait impressionné le public.
À New York dans les années 1980, Bud Fox, jeune courtier ambitieux, rêve de réussir à Wall Street. Il tombe sous l’influence de Gordon Gekko, financier cynique et charismatique pour qui « la cupidité est une vertu ». En gravissant les échelons grâce à des pratiques douteuses, Bud se retrouve vite pris au piège d’un système où réussite et morale s’opposent.
Pourtant, si le film est aujourd'hui considéré comme un classique, le cinéaste a longtemps cru qu'il ne connaitrait pas un tel destin. En cause ? Il ne croyait pas du tout au potentiel de Michael Douglas, la star principale. Comme l'a confié ce dernier lors d'un festival à New York, son jeu déplaisait fortement à Stone.
On terminait la deuxième semaine de tournage quand on a frappé à ma porte. 'Salut Mike, c’est Oliver. Je peux entrer ?' J’ai dit : ‘Oui, entre.’ Il est entré dans la caravane et s’est assis. Il m’a demandé : ‘Ça va ?’ J’ai répondu : ‘Oui, ça va.’ Il m'a alors demandé : ‘Tu te drogues ?’ J’ai répondu : ‘Non, je ne me drogue pas.’ Et soudain, il a lâché : ‘Parce que tu as l’air de n’avoir jamais joué de ta vie.’
Une confidence qui avait dérouté le comédien, au point de lui faire changer sa routine. Alors même que, depuis le début de sa carrière, Douglas avait toujours refusé de regarder les rushs quotidiens de ses prises, "Je suis l'une de ces personnes qui ne voit que ce qui ne va pas, donc je les évite", il avait cette fois-ci accepté d'y prêter attention pour mieux comprendre la critique et s'améliorer.
Le problème ? "Je les ai regardés très attentivement, d'un œil critique, et ils m'ont paru plutôt bons. Alors je n'arrêtais pas de me dire : 'Je pense que c'est plutôt bon.'" Une situation qui aurait pu mener à un clash entre les deux hommes, mais qui a finalement vu le réalisateur se ranger derrière son comédien.
Et aujourd'hui encore, Michael Douglas reste impressionné par cette critique. Car même si Stone avait finalement tort, il n'avait pas hésité à en parler à son acteur avec l'espoir de lui permettre de passer à un autre niveau.
Il était prêt à ce que je le déteste viscéralement pendant tout le reste du film afin de me donner ce petit coup de pouce supplémentaire. Son palmarès de réussites avec les acteurs est impressionnant. Je suis donc extrêmement reconnaissant qu'il m'ait offert ce rôle et qu'il m'ait poussé à me surpasser.
Preuve que Michael Douglas avait une meilleure vision que son réalisateur ce jour-là, il avait fini par remporter l'Oscar du meilleur acteur en 1988 pour son rôle.
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