Cameron Winter. Il n’a que 24 ans, date avec Olivia Rodrigo, est le leader du groupe de rock Geese, et pour une grande partie de la presse rock (Rolling Stone, Les Inrocks, Pitchfork), serait le digne héritier de Frank Zappa, Bob Dylan, Nick Cave, Julian Casablancas…
Winter ce sont des excès, une bête de scène, une voix nasillarde, une grandiloquence vocale certaine, mais aussi un rock abrasif, pétaradant, empruntant à toutes les décennies du rock, avec une grosse influence seventies tout de même. Tout un monde en vérité.
Et cet univers protéiforme fascine… Paul Thomas Anderson. Le cinéaste derrière Magnolia, Boogie Nights, Phantom Thread et There will be blood, a signé le meilleur film de l’an dernier - l’Oscarisé Une bataille après l’autre - et sa nouvelle œuvre est entièrement consacrée… Eh bien, à Cameron Winter. Qui devient donc le héros de son cinéma.
Oui oui, l’un des plus grands metteurs en scène américains a décidé de suivre Cameron Winter sur la conception d’un album live entier. Ce qui donne lieu à l’un des documentaires de l’année, forcément. Un événement qui vient de débouler cette semaine sur les écrans géants du New York Film Festival.
En tout cas, c’est avec un enthousiasme collectif que la presse spécialisée encense ce film dédié au leader de Geese, Cameron Winter : at Carnegie Hall, captation comme écrit plus haut d’un concert du chanteur au sein de la plus prestigieuse salle qui soit.
Winter apparaît cette fois-ci en solo, une partie de sa carrière étant complètement indépendante de son groupe, nous offrant le portrait d’un artiste inclassable. Qui par son exubérance suscite l’incompréhension de certains, la passion disproportionnée d’autres.
Et c’est un hit. Au-delà de ses notes globales impressionnantes sur les plateformes les plus trend (quatre sur cinq du côté de Letterboxd, ce qui en dit long sur la hype de la chose), Rolling Stone salue un documentaire “historique” qui se hisse “parmi les plus grands films musicaux”. Une expérience ciné et sonore qui “rend euphorique et nous met les larmes”. Rien que ça.
"La rockstar se retrouve filmée en majesté par PTA, en 35mm, et brille de mille feux au gré des séquences", défendent encore Les Inrocks, à l'unisson des louanges du Guardian qui ne voit dans cette captation rien d'autre "qu'un classique instantané". Même FADER, certainement l'une des rares revues actuelles à conserver une grande influence sur le monde de la culture, se réjouit de la sortie de ce documentaire.
Si seuls les plus chanceux festivaliers outre atlantique ont eu la chance de le voir en exclusivité, on s'impatiente désormais de pouvoir également y assister dans l'hexagone. Il y a fort à parier que des sites exigeants comme MUBI sauront récupérer l'œuvre en question.