Depuis ce mercredi 13 juillet 2022, les fans de Marvel peuvent découvrir Thor : Love and Thunder, 4ème volet solo dédié au super-héros joué par Chris Hemsworth. Un film réalisé par Taika Waititi (déjà metteur en scène sur Thor : Ragnarok), un artiste dont les talents pour la comédie n'est plus à prouver. Mais ce dernier peine à insuffler un nouveau souffle dans un MCU formaté.

Il est important de commencer cette brève réflexion par un avertissement qui ne surprendra personne ayant vu un nombre de films Marvel : il est très compliqué de parler de "paternité" dans les films de n'importe quelle franchise actuelle. Bien qu'il existe évidemment des créateurs avec une empreinte reconnaissable plus évidente que d'autres, ou simplement plus superficiels ou avec des caractéristiques plus définies, l'industrie dévore souvent le talent individuel pour le mettre à son service.

De nombreuses caractéristiques du cinéma de franchise soulignent ce fait. Il y a eu des réalisateurs qui ont abandonné leur blockbuster parce qu'ils n'avaient pas assez de liberté créative (Edgar Wright pour Ant-Man, Patty Jenkins pour Thor 2). Et il y a eu des auteurs avec une empreinte personnelle qui ont été dévorés par cette grosse machine, comme Anna Boden et Ryan Fleck avec Captain Marvel, Cate Shortland avec Black Widow ou Chloé Zhao pour Les Éternels.

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Et puis, bien sûr, il y a les réalisateurs dont le travail est plus perçu comme un exercice de bonne volonté qu'autre chose, mais dont les contributions à la franchise sont inférieures (ou incomparablement pires, selon vos goûts) au reste de leur filmographie. La liste est interminable : Sam Raimi, James Gunn, Scott Derrickson, Shane Black et bien d'autres. Parmi eux se trouve Taika Waititi, un réalisateur avec une marque personnelle et un style de comédie très unique qui, bien sûr, a réussi à injecter certaines des caractéristiques de son cinéma irrévérencieux dans les franchises Disney.

Taika Waitit est le réalisateur de Thor : Love and Thunder
Taika Waitit est le réalisateur de Thor : Love and Thunder

Par exemple, son épisode pour The Mandalorian contient des dialogues hilarants et Thor : Ragnarok est ouvertement une comédie. Thor : Love and Thunder est absolument cohérent avec le ton et le style de Thor : Ragnarok... mais ça ne marche pas. Il semble répétitif, avec un ton cloné sur son prédécesseur et manque d'étincelles. Le ton irrévérencieux a déjà été complètement absorbé par Marvel (qui l'a intégré dans pratiquement tous ses films avec des personnages comme Doctor Strange ou dans ses séries), qui a donc neutralisé le côté corrosif attendu.

Le pouvoir de l'humour

Thor : Love and Thunder poursuit directement ce qui a été vu dans Ragnarok, avec un Dieu du tonnerre (toujours joué par Chris Hemsworth) se lançant dans une aventure avec les Gardiens de la Galaxie, mais qui retrouve sa bien-aimée Jane Foster (Natalie Portman), porteuse actuelle de Mjölnir (le fameux marteau). Ensemble, ils affronteront Gorr (Christian Bale), une créature extraterrestre déterminée à détruire tous les dieux de la galaxie après que sa fille a été tuée par une divinité.

Près de six ans se sont écoulés depuis la sortie de Thor : Ragnarok, et bien qu'à cette époque Disney se lançait déjà dans l'objectif de trois films par an, comme actuellement, elle ne s'était pas encore lancée dans la tâche phénoménale de créer cinq séries pour Disney+ par an, comme ça a été le cas jusqu'à présent en 2021 et se répétera en 2022. Une sorte d'usure peut être perçue dans la manière de produire de Disney où, pour maximiser les ressources, il est obligatoire de faire plus scripts suivant un modèle précis, réduisant les ressources pour les effets spéciaux et affinant généralement la créativité pour donner la priorité aux performances.

Cela, par la force des choses, doit toucher les créateurs les plus libres, qui sont contraints de travailler pour une "machine" beaucoup plus exigeante. Dans Thor : Love and Thunder, on peut s'en rendre compte que ce soit au niveau du scénario (à l'humour fonctionnel mais absolument recyclé de Ragnarok) ou des visuels (des costumes, des personnages et des décors, décidément inférieurs à l'éclat de couleur et à l'originalité que le précédent film de Thor montrait).

Chris Hemswort dans Thor : Love and Thunder
Chris Hemswort dans Thor : Love and Thunder

Même les effets numériques semblent avoir été réalisés à la va-vite : son utilisation est bien loin des résultats fantastiques vus dans The Mandalorian ou The Batman et suscite déjà les critiques des fans. Bien sûr, ce n'est pas un problème de mauvais techniciens en effets spéciaux, puisque Marvel peut se targuer d'avoir les meilleurs à son service, mais c'est que l'entreprise est un mastodonte de blockbusters qui ne laisse pas assez de temps pour peaufiner les détails.

Bien sûr, Thor : Love and Thunder n'est pas une catastrophe (honnêtement, aucun film du MCU ne l'est) : Taika Waititi a un vrai talent pour la comédie, et même soumis aux myriades de restrictions de Disney, ici il brille dans des moments comme dans la relation avec les Gardiens de la Galaxie. Malheureusement, ces moments sont aussi ponctuels qu'insuffisants : Marvel a besoin soit de plus d'auteurs à la personnalité absolument de fer, comme Sam Raimi, soit de repenser sa façon de fonctionner si elle veut se limiter à être une usine de brillants "produits" en série.

Cet article a été écrit en collaboration avec nos collègues de Xataka.

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