La SNCF est accusée de discrimination sur son personnel
La SNCF est accusée de discrimination sur son personnel
La SNCF a-t-elle opéré une sélection discriminatoire de ses employés lors de l'arrivée du Président israélien Shimon Peres ? C'est en tout cas ce qu'affirme le syndicat SUD-Rail, expliquant que ce jour-là les "Noirs et Arabes" ont été priés de rester chez eux. La SNCF dément ces accusations. Une enquête a donc été ouverte pour faire la lumière sur cette histoire.

La SNCF est au coeur d'une polémique très embarrassante en ce début de semaine. Le Syndicat Sud-Rail affirme qu'Itiremia, une filiale du groupe, a procédé à un tri de ses employés pour l'arrivée du Président israélien Shimon Peres le 8 avril en Gare du Nord. Les musulmans, "Noirs et Arabes" sans distinction, auraient été écartés des quais ce jour-là.

Discrimination à la SNCF ?

Les employés d'Itiremia, une filiale de la SNCF, ont-ils fait l'objet d'un tri en fonction de leur couleur de peau et de leurs (supposées) croyances pour l'arrivée en gare du Nord du Président israélien Shimon Peres lundi 8 avril ? Pour le syndicat Sud-Rail ça ne fait pas de doutes. Dans un communiqué, le syndicat dénonce une discrimination. "Pour son arrivée en gare du Nord, la SNCF a commandé trois porteurs à sa filiale Itiremia afin de s'occuper des bagages de la délégation israélienne" explique-t-il avant de préciser : "La veille, le responsable de site s'était lancé dans un étrange marché au sein du personnel, excluant les Noirs et [les] Arabes, car il ne fallait pas de salariés musulmans pour accueillir le chef d'État israélien". Selon Le Point, "un changement de planning", excluant tous les "salariés musulmans", a bien eu lieu ce jour-là. Cependant, difficile de savoir qui a pris une telle décision.

Déclarations contradictoires

Ces déclarations sont gênantes pour la SNCF qui affirme "n'avoir reçu aucune demande des services du président israélien, M. Shimon Peres, ni du ministère français des Affaires étrangères". De leur côté, Sud-Rail et Zachée Lapée, représentant du personnel au conseil d'administration d'Itiremia, affirment le contraire. Ce dernier, interrogé par Le Point, confirme : "Les consignes ont été très claires : il ne fallait ni Noirs ni Arabes ".

Excès de zèle ?

La situation est très embarrassante pour la SNCF. D'autant plus que le ministère de l'Intérieur israélien affirme n'avoir donné aucune indication à la société française. Il fait d'ailleurs remarquer que "Shimon Peres est venu à Paris aussi pour dialoguer avec des musulmans. Il a d'ailleurs rencontré des imams à cette occasion, le 10 mars". La polémique a même traversé la Manche, puisque le Daily Mail a eu vent de l'histoire. Le quotidien souligne une situation "particulièrement gênante pour la SNCF, vu qu'elle a joué un rôle dans l'extermination des Juifs et d'autres minorités pendant la Seconde Guerre mondiale". Une enquête interne est en cours.

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