Depuis la sortie de Spider-Man: New Generation en 2018, l'animation mondiale a changé de visage. Avec ce film, Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman ont imposé une esthétique radicalement nouvelle, directement inspirée des bandes dessinées. Un style hybride mêlant CGI, traits dessinés, trames, couleurs éclatées et bulles de dialogue, donnant l'impression de voir une planche de comics prendre vie à l'écran.
Les créateurs ont notamment privilégié un flou graphique de mouvement, plutôt que le flou de mouvement classique, tout en alternant une cadence à 24 images par seconde (animation "en une") et 12 images par seconde (animation "en deux"). Le résultat est spectaculaire : un mouvement plus fluide, volontairement imparfait, presque organique. Couleurs désalignées, mots incrustés à l'image, onomatopées… chaque plan devient une proposition visuelle à part entière.
Ce travail colossal, qui avait mobilisé jusqu'à 177 animateurs sur Spider-Man, a profondément influencé le secteur. Des films comme Les Mitchell contre les machines, Le Chat Potté 2 : la dernière quête, Ninja Turtles: Teenage Years ou plus récemment KPop Demon Hunters en sont les héritiers directs.
Goat – Rêver plus haut s'inscrit pleinement dans cette continuité, ce qui n'a rien de surprenant puisqu'il est produit par Sony Pictures Animation. Visuellement, le film n'essaie pas de réinventer la formule, mais pousse plus loin les codes de l'animation contemporaine. Le résultat fonctionne parfaitement comme un film familial, avec plusieurs niveaux de lecture et des clins d'œil destinés aux adultes. Sa sortie en salles est prévue le 13 février.
Sous le slogan "On n’est jamais trop petit pour rêver grand", Goat – Rêver plus haut raconte l'histoire de Will Harris, une petite chèvre qui rêve de devenir une star mondiale du "roarball". Alors qu'il est au bord de la ruine, une vidéo de lui jouant au roarball devient virale. Il décroche alors un contrat avec les Skewers, l'équipe des Super Bowls, aux côtés du légendaire Jett. D'abord cantonné au banc, Will n'a pourtant pas l'intention de renoncer.
Réalisé par Tyree Dillihay, connu pour son travail sur Bob's Burgers, le film est coréalisé par Adam Rosette et écrit par Fairfax. Une équipe rompue à l'humour adulte, parfois grinçant, qui parvient ici à l'adapter intelligemment à un public familial.
Mais Goat est avant tout une déclaration d'amour au basket. La présence de Stephen Curry à la production se ressent dans le soin apporté aux détails. Derrière le "roarball", les références à la NBA sont omniprésentes : le célèbre "night night" de Curry, la couronne de LeBron James, ou encore des anecdotes rappelant Michael Jordan. Un véritable terrain de jeu pour les fans.
Côté doublage, le film s'offre un casting solide : Caleb McLaughlin, Gabrielle Union, Nick Kroll, Nicola Coughlan, David Harbour, Jennifer Lewis ou encore Patton Oswalt.
Sans chercher à révolutionner l'animation une seconde fois, Goat – Rêver plus haut applique une formule éprouvée à une histoire pleine de cœur. Un film divertissant pour les enfants, mais aussi une œuvre maligne et référencée qui parle aux adultes. Une preuve supplémentaire que l'animation peut être audacieuse, moderne et porteuse de messages forts, loin des récits trop sages ou formatés.
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