Avant de devenir l'infatigable héros de la saga Taken, Liam Neeson s'était déjà imposé comme l'un des acteurs les plus respectés d'Hollywood. Révélé au grand public grâce à La Liste de Schindler, il a ensuite enchaîné les rôles marquants dans Rob Roy, Gangs of New York, Kingdom of Heaven ou encore Star Wars : Épisode I - La Menace fantôme, où il incarnait le maître Jedi Qui-Gon Jinn.
Sa carrière impressionnante lui a permis de travailler avec les plus grands réalisateurs. Parmi eux, Steven Spielberg, qui souhaitait retrouver l'acteur irlandais pour un projet particulièrement ambitieux : Lincoln, consacré au 16e président des États-Unis.
À première vue, tout semblait réuni pour donner naissance à un nouveau chef-d'œuvre. Pourtant, Liam Neeson a fini par prendre une décision surprenante.
Lorsque Spielberg lui propose le rôle, Liam Neeson accepte d'abord de se documenter sur Abraham Lincoln. L'acteur se plonge dans des biographies et commence à préparer son interprétation. À l'époque, il imagine participer à un biopic classique retraçant l'ensemble de la vie du président américain.
Mais au fil du développement du projet, le film évolue. Le scénario se concentre finalement sur les derniers mois de la présidence de Lincoln et sur l'adoption du 13e amendement de la Constitution américaine, qui met fin à l'esclavage.
C'est à ce moment-là que Neeson comprend qu'il ne se sent plus capable d'incarner le personnage tel qu'il est désormais écrit. Dans un entretien accordé à GQ en 2014, il expliquait :
"Je n'en fais plus partie. C'est du passé. Mon temps est révolu. Je ne veux pas jouer ce rôle de Lincoln. Je ne peux pas être lui."
Selon plusieurs témoignages rapportés au fil des années, l'acteur aurait notamment eu le sentiment d'être devenu trop âgé pour interpréter cette version du président américain. Une prise de conscience rare à Hollywood, où les stars s'accrochent souvent aux grands rôles.
Le retrait de Liam Neeson a finalement offert une opportunité en or à Daniel Day-Lewis. Connu pour son perfectionnisme extrême et sa méthode de travail légendaire, l'acteur britannique s'est totalement immergé dans le personnage d'Abraham Lincoln.
Pendant la préparation du tournage, il adopte la voix, les habitudes et même certaines manières du président américain. Le résultat impressionne immédiatement la critique.
À sa sortie en 2012, Lincoln devient l'un des événements cinématographiques de l'année. Le film récolte douze nominations aux Oscars et Daniel Day-Lewis décroche la statuette du meilleur acteur.
Ce troisième Oscar dans la catégorie principale constitue un exploit inédit. À ce jour, aucun autre acteur n'a remporté autant de fois l'Oscar du meilleur acteur dans un premier rôle. Une performance qui a contribué à asseoir sa réputation de géant du cinéma et qui explique pourquoi beaucoup le considèrent encore comme l'un des plus grands comédiens de tous les temps.
Avec le recul, difficile de savoir ce qu'aurait donné la version portée par Liam Neeson. Mais une chose est certaine : son refus a profondément changé l'histoire du film de Steven Spielberg. Et il a permis à Daniel Day-Lewis de signer une interprétation entrée dans la légende, souvent citée parmi les meilleures performances jamais vues sur grand écran.
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