"Le journalisme est-il mort ?". Tel est le billet d'humeur de Constance Villanova ce lundi matin sur Franceinfo pour réagir à l'une des informations polémiques de ces derniers jours : M6 a confirmé la présence de Michou dans son dispositif pour la Coupe du Monde de football 2026.
Du 11 juin au 19 juillet, l'influenceur suivra donc les matchs des Bleus, mais aussi des autres équipes, au Mexique, aux Etats-Unis et au Canada. Le tout avec "la meilleure place" et un appartement à New York prêté pour l'occasion. "Je suis derrière les buts pour avant tout profiter des matchs. (...) L'idée, ça va être d'être au bord du terrain, de voir et d'entendre tout ce qui se passe, et d'essayer de retranscrire ça aux gens" s'impatiente-t-il.
Mais cette décision ne passe pas. Pour beaucoup, la star des réseaux sociaux et participant de "DALS" saison 11 prend la place de journalistes sportifs, plus qualifiés et spécialistes du sujet, dont le rêve était probablement de suivre cette Coupe du Monde. Le choix de M6, sûrement opéré pour attirer un public plus jeune, a été au coeur des débats de l'émission "Puremédias, l'hebdo" diffusée ce dimanche sur T19.
Si Laurent Luyat estime que "c’est une mode qui ne va pas durer", Cécile Grès s'est emportée : "Pour moi, derrière les buts, il prend la place d’un journaliste". Et même s'il ne sera pas à l'antenne, la présence de Michou dans le dispositif de la sixième chaîne ne fait pas l'unanimité. "Il y a des gens qui font des écoles, qui font ce métier avec beaucoup de passion, et j’ai peur que ça finisse par décourager les jeunes étudiants de voir qu’on met à leur place d’autres profils" a poursuivi la journaliste sportive de France Télévisions, spécialisée dans le rugby.
Sur X, le joueur d'échecs français Fabien Libiszewski déplore lui aussi "la suite logique de l'époque" : "L'ère de la compétence est révolue. (...) Aujourd’hui, on ne récompense plus l’expertise technique, mais la capacité à divertir la masse avec du vide. On préfère la "proximité" d'un influenceur à la légitimité d'un expert. C’est le triomphe du vide sur le fond".
Comme lui, beaucoup annoncent qu'ils regarderont plutôt BeIn Sports, qui diffusera également les matchs mais sans la présence de l'influenceur au micro. D'ailleurs, le directeur des antennes du réseau de chaînes sportives, Florent Houzot, a mis les choses au clair en conférence de presse : "On ne mélange pas les choses. Nos abonnés attendent des commentaires professionnels". À bon entendeur.
Face aux critiques du public, Michou se défend dans les colonnes de Ouest-France : "Il y a des gens qui sont un peu indignés de voir que c’est moi qui suis invité plutôt que quelqu’un d’autre, peut-être plus branché foot que moi. Sachez que je ne prends la place de personne. Des reporters foot, il y en a plein de prévus. Moi, je viens juste en plus pour vous partager un peu ce qu’il se passe et les backstages de mon point de vue".
Coïncidence, cette polémique arrive au moment où nos confrères du Monde publient un article sur les influenceurs cinéma devenus les "nouvelles stars des tapis rouges", en vue de l'ouverture du Festival de Cannes ce mardi. Ces dernières années, l'exercice s'est généralisé et de nombreux influenceurs ont été choisis pour couvrir des événements d'envergure : on a pu voir Paola Locatelli aux NRJ Music Awards ou Léna Situations sur le tapis rouge des César et Oscars. Des choix qui, là aussi, ont divisé l'opinion.
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