Jay-Z au Super Bowl.
A l'instar de sa précieuse moitié Beyoncé, le mogul du rap game va assurer la mythique mi temps du Super Bowl en 2027, promettant ainsi flow légendaire et séquences spectaculaires. Les nostalgiques du gangsta rap sont déjà en pamoison avant cette performance live qui, telle celle d'Eminem en 2024, promet de battre des records d'audience.
Mais tout n'est pas si facile dans l'industrie musicale. Car ce choix, souhaité par la NFL, la National League of Football, laquelle régit cette immense opération commerciale qu'est le Super Bowl, fait déjà beaucoup grincer des dents. Alors même que Jay-Z n'a pas encore donné ce concert, prévu pour le 14 février prochain, la presse anglophone fustige déjà cette participation, et surtout cette décision de la Ligue, pas simplement pécuniaire mais... Politique.
On vous raconte tout en détails.
C'est cette tribune du Guardian qui a rhabillé tout le monde pour l'hiver.
Et ce alors même que le producteur américain tout puissant, aux lyrics ciselées et à la garde-robe méticuleuse, n'a guère besoin d'outfits supplémentaires. Si la presse britannique étrille l'artiste, bien avant son ascension sur la scène de cette mi-temps, c'est parce que sa présence est considérée comme... hypocrite, opportuniste, calculée.
Jay-Z a longtemps entretenu une réputation "d'outlaw" : un artiste marginal, issu de la rue, qui s'est battu des années durant pour survivre et pour créer, afin de fonder sa propre boîte de production, son propre empire, artistique et commercial, afin de garantir son indépendance.
Sauf que voilà, ironise le journal UK, il semble bien loin ce libre arbitre, face à une montagne comme la NFL et le Super Bowl. Et si la NFL avait souhaité s'approprier une figure de contestation, qui a notamment milité contre les violences faites aux Afroaméricains, le racisme systémique, l'oppression sociale subie par la classe prolétaire... Tout en s'assurant que ledit artiste, en bon homme d'affaires, ne diffuse pas de message subversif ?
C'est là la théorie du Guardian, qui ne ménage pas ses saillies critiques : "La NFL s'offre ainsi une certaine légitimité auprès d'une certaine partie du public, en optant pour un "rebelle" qui s'engagerait pour la justice sociale... et de l'autre côté, il est improbable que Jay-Z une fois sur scène conteste un système tenu par des milliardaires comme lui. Jay-Z est devenu un oligarque comme un autre, totalement détaché de la réalité du pays".
A l'origine de cet accord entre Jay-Z et la ligue sportive, un contrat à trente millions de dollars - cinq millions de dollars par an étalés sur une collaboration de six ans. Forcément, cela calme un brin l'hypothèse d'un manifeste contestataire...