Un pari. Voilà comment voir Digger, le nouveau véhicule promo à la gloire de Tom Cruise. Après avoir tiré un trait (définitif ?) sur l'aventure Mission Impossible, la dernière des stars hollywoodiennes se réinvente totalement dans cette comédie satirique où, méconnaissable, il incarne l'homme le plus puissant du monde, devant sauver le monde d'une catastrophe qu'il a lui-même provoquée.
Cette fois-ci, pas de course poursuite ni de cascades spectaculaires mais un film grinçant, politique et qui, forcément, divise. Sur Rotten Tomatoes, le film ne récolte que 52% d'avis positifs, ainsi qu'une moyenne presse de 3,2/5 sur Allociné... "D'une modernité folle" pour les uns, "grotesque" pour les autres, Digger ne laisse personne indifférent.
Et le public n'est pas plus au rendez-vous.
Malgré de bons atouts (son réalisateur Alejandro González Iñárritu a signé deux des films les plus acclamés des années 2010 : Birdman et The Revenant) et la présence de Tom Cruise au casting, Digger a du mal à convaincre. Selon Variety, il devrait signer un démarrage autour des 12 à 15 millions de dollars sur le sol américain. Ce alors que les dernières prédictions projetaient un lancement un peu plus élevé, entre 18 et 20 millions.
Idem en France où Tom Cruise ne rassemble que 27 551 spectateurs pour sa première journée d'exploitation, éclipsé par le film français Notre salut avec Swann Arlaud et le thriller Verity, qui enregistrent respectivement 62 377 et 42 402 entrées. La semaine dernière, le blockbuster Heart of the Beast avec Brad Pitt avait signé un très beau démarrage avec 75 000 entrées (avant premières comprises).
Une chose est sûre, ce score prouve que Digger est bien parti pour être l'un des plus gros échecs commerciaux de l'année.
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Avec un budget de départ de 125 millions de dollars, mais qui aurait finalement grimpé jusqu'à 180 millions, le long-métrage d'Iñárritu aurait besoin d'un premier week-end autour des 40 millions de dollars pour espérer être rentable. Et les avis très divisés ne jouent pas en sa faveur.
En rajoutant 100 millions supplémentaires pour sa promo, Digger nécessiterait un retour commercial de 300 à 350 millions de dollars de recettes pour permettre à Warner Bros. de rentrer dans ses frais.
Digger est donc une nouvelle déconvenue pour Warner, qui connaît une année noire avec les échecs successifs de The Bride, Supergirl et La fin d'Oak Street. Surtout après une année 2025 triomphale (Sinners, Evanouis, Minecraft). D'autant plus que le studio, qui a livré les sagas Harry Potter et Matrix, la plupart des chefs d'œuvre de Stanley Kubrick ou L'Exorciste, est sur le point d'être racheté par Paramount. Mais la Warner pourra se refaire en fin d'année avec le succès assuré de Dune, troisième partie.
Comme le rappelle Variety, Digger est le premier film "original" (comprenez, non tiré d'une franchise) de Tom Cruise depuis Barry Seal: American Traffic en 2017. Qui avait connu un petit succès avec 134 millions de recettes pour 50 millions de budget.
Si Tom Cruise semble s'être lancé dans la course aux Oscars pour ce nouveau rôle, son statut de favori s'est largement effondré depuis la parution des premières critiques.
"Soyons honnête quant à la situation actuelle de Tom Cruise : c’est une véritable machine à franchises. Le public pourra-t-il de nouveau l’accepter comme un acteur capable de transformations, après qu’il s’est imposé comme une figure du film d’action ?" se questionne Jeff Bock, analyste du box-office : "Il faut un effort surhumain pour susciter un bon bouche-à-oreille sur une comédie satirique. Tom sait qu'il doit faire le maximum pour le film. Son nom seul n'est pas suffisant [pour garantir le succès]".
Ainsi, après cette tentative qui ne s'annonce pas très fructueuse, Tom Cruise retournera ensuite à ce qu'il sait faire de mieux : les franchises. Ses deux prochains projets sont Top Gun 3 et Jours de tonnerre 2. Histoire de se refaire une santé au box-office.