Des lycées bloqués à Rennes : les jeunes se rebellent contre des "expulsions inhumaines"
Des lycées bloqués à Rennes : les jeunes se rebellent contre des "expulsions inhumaines"
Dans la matinée de ce jeudi 14 novembre 2019, plusieurs lycéens ont bloqué leurs établissements à Rennes. Des blocages pour exprimer leur colère contre des "expulsions inhumaines" de familles géorgiennes non régularisées qui seraient "bien intégrées" et dont les enfants seraient scolarisés en France.

Les lycées bloqués avec des poubelles et des chariots

Après des étudiants qui ont forcé la grille du ministère de l'Enseignement supérieur pour lutter contre la précarité étudiante, ce sont maintenant des lycéens qui ont fait entendre leurs voix. Leur combat à eux, ce sont les "expulsions inhumaines" comme l'a relayé Ouest France d'Ille-et-Vilaine. Plusieurs lycées de Rennes, en Bretagne, ont ainsi été bloqués par les élèves ce jeudi 14 novembre 2019. Les jeunes manifestants avaient ainsi placé tôt ce matin des bennes à ordures et des caddies de supermarché devant les grilles des établissements. L'objectif ? Empêcher les cours de se faire.

Ces blocages se sont produits devant les lycées Coëtlogon, Descartes et Bréquigny, mais aussi Joliot-Curie ou encore Jean-Macé comme l'a rapporté France 3 Régions.

Les manifestants veulent aider "des familles bien intégrées"

Si des lycéens s'étaient mobilisés pour aider un élève critiqué et harcelé, là aussi ces ados souhaitent apporter leur aide mais à des familles non régularisées cette fois. Sur le tract qui était distribué devant les lycées bloqués, il était indiqué (comme l'ont précisé les deux mêmes médias locaux) que "la mobilisation lycéenne a débuté en 2017 quand la préfecture a décidé d'expulser la famille de Giorgi et Alex". Il s'agit d'une famille géorgienne dont les deux enfants étaient scolarisés à Rennes.

"La préfecture ne prend en compte aucun critère pour les régulariser : nombre d'années passées en France, emploi des parents, problèmes de santé, intégration de la famille, scolarisation des enfants, etc" se sont plaints les lycéens dans le même document, "Le collectif de soutien à la famille de Giorgi et Alex a déposé plusieurs demandes d'audience à la préfecture restées sans réponse : celle-ci refuse le dialogue et s'entête à vouloir réaliser des expulsions anormales, inhumaines et justifiées".

Ils ont aussi souligné que la préfecture "continue à expulser des familles bien intégrées, souvent avec des enfants scolarisés en France, nous devons nous mobiliser". C'est pour cette cause qui leur tient à coeur qu'ils ont décidé de se rebeller et de créer des blocages. Ils espèrent ainsi faire "reculer" la préfecture et qu'elle revienne sur ses décisions.

"Retour à la normale" cet après-midi ?

Le proviseur du lycée Bréquigny, qui faisait partie des établissements bloqués ce matin, a déploré dans un communiqué "le caractère illégal et antidémocratique de ce type d'action qui crée des tensions inutiles au sein de notre communauté éducative". "Quel sens donner à ce type d'action lorsqu'il s'agit pour les manifestants de ce jour de défendre le droit à l'éducation pour tous ?" a-t-il ajouté.

La colère aura grondé plusieurs heures mais finalement, "après le blocage de plusieurs lycées ce matin, un retour à la normale se profile pour cet après-midi, avec la reprise des cours" a affirmé le compte Twitter de Ouest France. Il a aussi tweeté qu'il n'y aurait "pas de manifestation en centre-ville" prévue dans la journée contrairement à ce que des médias pouvaient penser.

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