Précarité étudiante : des jeunes en colère ont forcé les grilles du ministère de l'Enseignement supérieur et se sont incrustés à l'intérieur
Précarité étudiante : des jeunes en colère ont forcé les grilles du ministère de l'Enseignement supérieur et se sont incrustés à l'intérieur
Suite à l'immolation par le feu d'un étudiant devant le CROUS à Lyon, des étudiants ont manifesté contre la précarité étudiante un peu partout en France. A Paris, plusieurs d'entre eux ont forcé les grilles du ministère de l'Enseignement supérieur, avant de s'introduire rapidement à l'intérieur. La ministre Frédérique Vidal a condamné "les violences et les dégradations" de la soirée de ce mardi 12 novembre 2019.

Des étudiants ont forcé le ministère de l'Enseignement supérieur pour crier leur désespoir

Pour lutter contre la précarité étudiante, Anas K. (22 ans) s'était immolé par le feu vendredi dernier devant le CROUS (centre régional des oeuvres universitaires et scolaires) de Lyon. Brûlé à 90%, il serait toujours "entre la vie et la mort", comme l'a relayé Le Progrès.

Les chiffres alarmants de la précarité étudiante

Il faut dire que les chiffres sur les étudiants français touchés par la pauvreté font froid dans le dos. Interrogée par France Info, Orlane François, présidente de la Fédération des associations générales étudiante (Fage), a indiqué que "20% des étudiants en France vivent sous le seuil de pauvreté". Cela représente donc 1 étudiant sur 5, ce qui est énorme.

D'après une enquête de L'Observatoire de la vie étudiante, seuls "45% des étudiants ont déclaré avoir assez d'argent pour couvrir leurs besoins mensuels" et 30% des étudiants ont avoué avoir été "au moins une fois à découvert sur leur compte en banque". "On est nombreux à se sentir en situation de précarité avec des aides qui ne sont pas accessibles à tous ceux qui en ont besoin" a de son côté affirmé à l'AFP Bérangère Poncet, présidente de l'association des étudiants de Paris.

Suite à l'immolation par le feu de l'étudiant à Lyon et suite à cette précarité à laquelle ils sont confrontés tous les jours, des étudiants ont donc manifesté leur solidarité devant le CROUS de Paris ce mardi 12 novembre 2019.

Puis, la manifestation sans "cortège déclaré" s'est dirigée vers le ministère de l'Enseignement supérieur, où plusieurs manifestants ont forcé les grilles de l'établissement. Dans les vidéos postées sur Twitter par des journalistes présents sur place, on peut entendre les étudiants scander "Vidal, démission" ou encore "le Crous assassine, la précarité tue".

Dans un communiqué de presse notamment rapporté par Le Figaro, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a confirmé que "l'une des portes d'entrée a été enfoncée, donnant ainsi lieu à une brève intrusion".

"Les appels à la violence et les menaces de mort sont inadmissibles"

Dans ce même document, Frédérique Vidal a également assuré qu'elle "condamne fermement les violences et les dégradations ayant eu lieu en marge des rassemblements" d'hier. "Le geste tragique commis par un jeune homme vendredi dernier suscite une émotion légitime, mais la violence ne peut pas avoir de place à l'université" a-t-elle déclaré, ajoutant que "les appels à la violence et les menaces de mort adressés aux responsables des CROUS qui se sont multipliés tout au long de la journée sont inadmissibles".

Il en est de même concernant "l'intrusion de manifestants dans un amphithéâtre de l'Université Lille II" qui a "entraîné l'annulation de la conférence que devait y tenir François Hollande". La femme politique a rappelé que "l'université doit rester un lieu d'ouverture, de débat et de tolérance". Par conséquent, "il est inconcevable que la venue d'un ancien Président de la République puisse être empêchée au sein de l'espace universitaire, par l'action violente de quelques-uns".

La ministre de l'Enseignement supérieur a aussi souligné qu'en "parallèle de l'enquête ouverte par le procureur de la République", elle a "saisi l'Inspection Générale de l'Education, du Sport et de la Recherche pour que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame". Le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez a également condamné "des faits qui sont totalement inacceptables" même s'il comprend "l'émotion légitime".