Depuis quelques années, les biopics musicaux sont la nouvelle tendance au cinéma. Après Robbie Williams (Better Man), Freddy Mercury (Bohemian Rhapsody) ou encore Elton John (Rocket Man), ce sont Les Beatles et Michael Jackson qui se retrouveront bientôt au centre de tels projets. Et du côté de la France, nos artistes (francophones) ne sont pas en reste.
Après Edith Piaf (La Môme) et en attendant le film sur Johnny Hallyday (qui se fera finalement sans Raphaël Quenard), c'est Charles Aznavour qui a eu le droit à cet honneur. Dans Monsieur Aznavour écrit et réalisé par Mehdi Idir et Grand Corps Malade en 2024, c'était Tahar Rahim qui se glissait dans la peau du célèbre chanteur.
Un choix étonnant au premier abord, mais payant. Tandis que le film a réuni 2 054 791 spectateurs en salles et été nommé 5 fois aux César 2025, le voilà qui cartonne aujourd'hui sur Netflix. Depuis sa mise en ligne sur la plateforme, Monsieur Aznavour est classé n°1 des films les plus regardés du moment. Une surprise ? Pas du tout.
Pour incarner avec brio cet artiste légendaire, Tahar Rahim - nommé au César du meilleur acteur pour sa performance, a tout donné en coulisses afin de nous offrir le meilleur résultat possible à l'écran. Que ce soit le chant ou la danse, c'est bien lui qui performe devant la caméra. C'est ce qu'il confiait à l'époque dans le dossier de presse.
J’ai pris des cours de danse pour les séquences qui en nécessitaient. Mais c’est surtout le chant qui m’a pris le plus de temps : entre six et huit heures par semaine pendant six mois, puis, pendant le tournage, je continuais à prendre des cours le soir. Même chose pour le piano, il m’a fallu répéter à outrance pour parvenir à être crédible. Car il n’était pas question que je sois doublé dans les séquences musicales ! Ce sont donc mes mains que l’on voit jouer. Pour pouvoir tourner ces plans, et toutes les séquences de chant et de spectacles, je me suis retrouvé à travailler d’arrache-pied…
Un investissement impressionnant, d'autant plus qu'il ne se limitait pas à ça. Sur son temps libre, le comédien avait également étudié l'attitude du chanteur, son maniérisme et son élocution pour être au plus proche de lui.
À force d’écouter Aznavour parler, je me suis mis à adopter son phrasé. C’est ce qui m’est venu le plus rapidement. Pareil pour les postures : j’observais chaque détail, dans les films, dans les interviews. Sur scène, dans ses concerts, c’était encore autre chose. Sa gestuelle le caractérisait.
Or, si ce travail était nécessaire pour (re)donner vie à Aznavour et continue aujourd'hui de bluffer tout le monde, il n'aurait pas été sans conséquences. Alors même que l'acteur a joué de nombreux rôles nettement plus intenses ou physique que celui-ci, c'est bien cette interprétation du chanteur qui l'a profondément épuisé.
Je suis ressorti lessivé, mais heureux. J’ai appris que j’étais capable de surpasser des angoisses et de relever des défis d’ampleur. C’est le rôle de composition le plus complexe que j’aie eu à jouer. J’étais habité par un mélange de soulagement et de nostalgie quand le tournage s’est achevé. C’est la plus belle aventure humaine que j’aie vécue sur un plateau.
Une performance inoubliable qui aurait certainement fait le bonheur du principal intéressé.
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