Axel Aurant (Plan B) : "Je trouvais ça intéressant d'ancrer la série dans le réel" (Interview)
Axel Aurant (Plan B) : "Je trouvais ça intéressant d'ancrer la série dans le réel" (Interview)
Après son départ de Skam France, Axel Auriant est de retour dans Plan B, la nouvelle série de TF1 avec Julie de Bona, Kim Higelin et Bruno Debrandt. PRBK a eu l'occasion d'interviewer l'acteur afin d'en savoir plus sur son personnage Félix, le tournage du show fantastique, mais réel, ou encore sur sa collaboration avec les interprètes de Florence, Lou et Nicolas.

Purebreak : Le côté fantastique de Plan B c'est ce qui t'a plu dans le scénario ?

Axel Auriant : Oui, mais c'était surtout un tout. En ce moment, je trouve qu'on est dans un virage dans les fictions des chaînes. On bascule dans un truc beaucoup plus réaliste où on s'en fiche de plaire à la ménagère et où on rentre dans des séries plus d'auteurs avec des réalisateurs qui imposent leur vision et vont au bout de leur direction artistique. L'ADN fantastique est très fort dans Plan B, mais je trouvais ça intéressant de l'ancrer dans le réel. Et puis, tous les personnages ont quelque chose à jouer, c'est là où je trouve qu'une série est bien écrite. Les personnages secondaires grandissent au contact du personnage principal, c'était génial. En plus de ça, il y a plusieurs axes au fur et à mesure des épisodes. Ils n'ont pas eu peur d'aller vraiment dans l'émotion et dans des choses profondes sans basculer dans le pathos. Je suis tellement heureux du résultat et d'avoir pu faire partie de ce projet.

Felix a plein d'aspects qui me ressemblent

Le fantastique est un univers que tu affectionnes particulièrement ?

Honnêtement, ça dépend. Si on parle de Black Mirror, oui. Je trouve ça génial parce que ce fantastique est aussi ancré dans une forme de réel. Par exemple, la lecture de Plan B et la manière de jouer étaient assez déboussolantes. Parfois, avec Bruno (Debrandt, ndlr), on devait faire comme si on revivait la scène, c'était génial à jouer. J'ai eu peu l'habitude de jouer des partitions comme ça, c'était un bonheur.

Tu as été repéré pour cette série grâce à Skam France ?

Sincèrement, je ne saurai pas dire. Je sais que le réalisateur a vu Skam et que l'équipe de TF1. Avec Maxence (Danet Fauvel, ndlr), on a eu l'occasion de passer beaucoup d'essais pour des séries TF1, mais après, je ne sais pas si c'est ça qui a joué.

Comment décrirais-tu ton personnage Felix ?

Felix essaie d'arrondir les angles et de devenir l'enfant modèle pour ne pas créer d'autres problèmes. Il a un côté assez stellaire. A priori, il n'a pas de problèmes, mais il est paumé comme les autres. C'est juste qu'il ne se donne pas vraiment l'autorisation de le montrer étant donné les problèmes de sa soeur Lou.

Il te ressemble ?

Il a plein d'aspects qui me ressemblent, comme le côté blagueur pour cacher ses émotions, mais il a aussi pas mal d'aspects éloignés de moi sur lesquels on a bossé avec le réalisateur Christophe (Campos, ndlr) et le producteur Arnaud De Crémiers, qui est un vrai chef d'orchestre. C'était un bonheur de bosser avec lui, il me donnait des remarques vraiment intéressantes sur mon personnage.

Je connaissais déjà Kim Higelin, on a tourné ensemble sur Skam

Comment s'est passé ta rencontre avec Julie De Bona, Kim Higelin et Bruno Debrandt ?

Je connaissais déjà Kim. On a tourné ensemble sur Skam, elle avait un rôle d'un jour. On a grave sympathisé, du coup, j'étais heureux de la retrouver sur Plan B. C'était un bonheur et puis le fait d'être à Marseille en plein confinement, les seules personnes que je voyais c'était eux. On était pendant 3 mois tous ensemble et ça s'est super bien passé. Dès la lecture, on a senti qu'on allait vivre un vrai truc, surtout avec la liberté que nous donnait la chaîne.

As-tu des frères et soeurs ? Si oui, t'es-tu inspiré de ta vie pour ta relation avec Kim Higelin ?

Non, je n'ai pas de frères et soeurs. J'ai un chien (rires). Mais j'estime que des amis sont comme des frères et soeurs. Après, je sais que c'est différent, mais il y a quand même ce rapport de valeurs. Et puis, j'ai plus rapproché ça à des sentiments qui me sont propres dans la vie. Ce qui est bien avec Felix, c'est qu'on est pas trop dans sa tête. Il n'est pas très expressif. Du coup, tout le voyage de Félix je pouvais le faire dans ma tête et le créer de mon côté.

Je ne suis pas quelqu'un qui aimerait vraiment retourner dans le passé

Si tu pouvais retourner dans le passé, qu'est-ce que tu changerais ?

Je profiterais tellement plus des gens qui sont partis, mais après, je ne suis pas quelqu'un qui aimerait vraiment retourner dans le passé. Pour moi, tout arrive pour une raison et c'est à nous de la trouver. Mon passé m'a permis d'en être là aujourd'hui, c'est un chemin en perpétuel évolution. Je trouve qu'on a un rapport assez bizarre et compliqué avec le passé. On juge toujours les gens par leur passé, mais pour ma part, je ne suis pas le même que j'étais il y a 3 mois comme il y a 10 ans. C'est aussi un peu à cause des réseaux sociaux et Internet, mais encore heureux que les gens changent et évoluent. Et puis dans Plan B, je trouve intéressant le rapport avec les parents qui nous ramène à la vie réelle. On grandit quand on commence à pardonner nos parents des erreurs qu'ils ont pu faire. Cette série aborde le sujet du pardon qui est tellement important.

Comment s'est passé le tournage avec le coronavirus ?

Quand le deuxième confinement a été annoncé, on a eu peur de devoir stopper le tournage. Finalement, on a pu continuer tout en faisant très attention. Là où ça change beaucoup, c'est qu'il y a une distance qui s'installe. Tu ne peux pas aller boire un verre après, chacun rentre chez lui. Je ne dis pas que ça rapproche, mais il y a moins cette forme de décompression où on peut se parler et débriefer de la journée. En tout cas, la crise a été très bien gérée sur le tournage. On a tous été galvanisés par l'énergie de se dire qu'on avait la chance de pouvoir tourner et puis, pendant un mois et demi, on était dans le dernier décor avec une plage privée. On allait se baigner pendant les pauses, on avait une piscine à débordement sur la mer, il y a pire. Du coup, on a passé un confinement plutôt cool.

Quels sont tes futurs projets ?

J'ai terminé la captation d'une pièce pour France 2 qui s'appelle Times Square avec Guillaume de Tonquédec, Camille Aguilar et Marc Fayet. Là, j'enchaîne avec le moyen métrage Les mains vides, avec Paul Scarfoglio de Skam, et les répétitions pour une autre pièce que je vais jouer à Avignon en juillet et au Splendid à partir de début septembre. Une pièce écrite par Arthur Jugnot sur la vie de Saint-Exupéry. Il y a aussi Slalom qui sort le 19 mai au cinéma et je serai aussi en guest dans la série Nina sur France 2 le 26 mai.

Propos recueillis par Lola Maroni. Contenu exclusif. Ne pas reproduire sans citer PureBreak.com.