Les années 2000 nous ont offert d'innombrables comédies devenues cultes. La Tour Montparnasse Infernale, Very Bad Trip, Serial Noceurs, Harold & Kumar ou encore Superbad, 40 ans toujours puceaux, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre et même Shaun of the Dead. Mais parmi tous ces films hilarants aux répliques légendaires, on peut également citer… Ali G.
Réalisé par Mark Mylod et porté par Sacha Baron Cohen qui reprenait son personnage créé pour la télé britannique, ce film nous offrait une claque d'impertinence en 2002. L'histoire suivait en effet les mésaventures d'un rappeur raté, misogyne et sexiste, qui s'attaquait au gouvernement afin de sauver le centre de loisirs dans lequel il travaillait.
24 ans plus tard, énormément de blagues ont mal vieilli, mais Ali G reste malgré tout un classique de la comédie grâce à sa générosité sans limite et à son avalanche de gags qui visent toujours juste.
Conscient que ce film est l'un des projets les plus importants de sa carrière avec Borat, Sacha Baron Cohen a donc décidé de sortir ce personnage du placard pour le ramener sur nos écrans. Résultat ? C'est désormais sur Prime Video que l'on peut découvrir la suite : Ali G : J'suis qui ?
Au programme ? Après vingt ans passés à profiter de la vie, Ali G (Sacha Baron Cohen) découvre avec stupeur que sa compagne de longue date, Julie (Morgana Robinson), est enceinte de huit mois. Contraint de trouver de l’argent pour subvenir aux besoins de sa future famille, il part aux États-Unis pour relancer sa carrière, mais se retrouve rapidement impliqué dans des situations absurdes et des confrontations inattendues qui menacent son avenir et celui de son enfant.
Malheureusement pour les fans du premier film, ne vous attendez pas à un résultat aussi mémorable. Au contraire, on peut même parler de déception. Car, ce qui faisait la force du projet de 2002, c'était qu'il s'agissait d'un véritable film avec une histoire complète et tenue. Or, pour ce retour, Sacha Baron Cohen s'est contenté de refaire ce qu'il nous a déjà proposé un nombre incalculable de fois : un faux documentaire.
Un concept fatigant et qui s'essouffle au fil des minutes, d'autant qu'il ne profite pas du potentiel de ce personnage. À l'inverse, ce format ne fait qu'accentuer l'aspect boomer et dépassé de son interprète. On a totalement perdu la sincérité d'Ali G derrière ses bouffonneries que l'on avait dans le premier film, on se retrouve ici avec une succession de blagues lourdes sans recul ni créativité.
Un résultat navrant qui a visiblement assommé tout le monde. Sur Rotten Tomatoes, le film est doté d'une note moyenne de 42% et les commentaires qui lui sont associés sont salés et extrêmement piquants.
Ali G : Who Iz I ? de Sacha Baron Cohen représente un retour aux sources profondément déprimant pour un artiste qui fut jadis l'un des satiristes les plus incisifs de la comédie moderne. (Globe and Mail)
Il serait injuste de qualifier ce film d'occasion manquée. C'est plutôt un désastre évité de justesse. (Daily Telegraph)
Quelques moments incroyables dans le dernier acte parviennent presque à sauver le film, mais les faiblesses d'Ali G lui-même font que de longs passages ne sont tout simplement pas très drôles. (Empire Magazine)
Des retrouvailles décevantes avec un personnage qui nous avait fait pleurer de rire dans les années 2000, dont Sacha Baron Cohen ne semble pas avoir conscience. Durant la promo du film, l'acteur a estimé qu'il était encore dans le coup et que ce film était la preuve qu'Ali G continuait d'avoir des choses à raconter.
"Le fait qu’Ali G soit dépassé et problématique est précisément la raison pour laquelle je l’ai ressuscité, a-t-il écrit dans un essai publié dans le Time. Le monde dans lequel il revient est, à bien des égards, pire que celui qu'il a quitté il y a 20 ans. Tous les préjugés que mes personnages sont censés dénoncer n'ont pas seulement persisté ; ils se sont métastasés."
Plus loin, le comédien a révélé qu'il avait une véritable ambition artistique avec ce projet.
Quelle que soit la folie ambiante, la méthode reste la même : faire rire le public le plus fort et le plus longtemps possible, tout en lui tendant un miroir qui reflète des choses parfois difficiles à voir ou qui met en garde contre des tendances que nous préférerions ignorer.
Dommage qu'il n'ait pas pris le temps de soigner ce retour à l'aide d'un véritable scénario, de vraies blagues et d'une réelle passion.