Elle a démarré les années 2020 en marquant les esprits et en brisant les coeurs. Tous ceux qui ont vu Normal People ne se sont jamais remis de cette histoire d'amour non avouée entre deux jeunes irlandais. Une mini-série qui a fait exploser la popularité de ses deux acteurs principaux, Paul Mescal (Gladiator 2, Les Beatles) et Daisy Edgar-Jones (Twisters, Raisons et sentiments), mais aussi de Sally Rooney, l'auteure dont le roman a été transposé à l'écran.
Et depuis, l'écrivaine irlandaise est devenue la nouvelle icône littéraire de la Gen Z. De Conversations entre amis à Intermezzo, chaque nouveau livre est un événement et s'arrache à plusieurs millions d'exemplaires.
Sauf que la popularité de Sally Rooney est actuellement entachée par une grosse polémique. En effet, l'écrivaine voit ses livres être boycottés au Royaume-Uni. La raison ? Très engagée dans la lutte palestinienne, elle soutient Palestine Action, un groupe propalestinien qualifié d'organisation terroriste par les autorités britanniques. Elle indiquait même vouloir leur reverser les revenus des ventes de ses livres.
En conséquence, ses romans ont été retirés de la vente au Royaume-Uni car il est estimé qu'ils peuvent "représenter une infection pénale grave". De ce fait, ce boycott empêche son éditeur Faber de lui reverser ses royalties.
Ce boycott a suscité une levée de boucliers au Royaume-Uni et dans le milieu culturel. 160 personnes ont signé une tribune pour soutenir Sally Rooney au milieu de la tourmente. "Sally Rooney est une écrivaine, pas une terroriste. Ses livres doivent être accessibles au public" peut-on lire dans cette lettre ouverte publiée sur le site britannique The New Statesman.
Parmi les signataires, on retrouve la Prix Nobel de littérature Annie Ernaux, les actrices Tilda Swinton et Susan Sarandon, le réalisateur Jonathan Glazer (La Zone d'intérêt) ou encore les groupes Kneecap et Massive Attack.
Mais aussi et surtout Paul Mescal et Daisy Edgar-Jones, les acteurs de la série Normal People, qui ajoutent leurs voix et leurs noms pour soutenir celle qui les a fait connaître mondialement. Une façon pour eux pour de mettre leur célébrité au profit d'une noble cause.
Leur retrait de la vente, fondé sur une législation antiterroriste mal conçue et draconienne, constitue une atteinte aux principes fondamentaux de la liberté de parole et d’expression, tenus jusqu’ici pour acquis dans ce pays.
Les 160 signataires rejettent "catégoriquement toute forme de censure" et réclament ainsi une modification de la législation antiterroriste britannique "qui nous a conduits à une telle absurdité répressive".